J.T.
de Sébastien BOUSSOIS
ISBN : 978-2-84924-108-0
14 x 21 cm
100 pages
13,00 €
France, ici où ailleurs, 2018... Beau, jeune, intelligent, Charles a tout pour réussir. Il aurait dû représenter l’avenir de son pays. Seulement, face au monde superficiel et matérialiste qui l’afflige, il n’arrive à rien. Alors, il se rend chaque jour avec peine au service des archives d’un Ministère quelconque où il travaille dans un bureau poussiéreux et passe ses journées à classer ses ambitions.
Face à lui, l’image et la télévision inondent le monde des idées. Et notamment le premier d’entre eux : Jean-Yves Lemarchant, le présentateur vedette du journal télévisé. Récit express sur une journée top-chrono d’une confrontation psychologique violente entre deux êtres que tout devrait opposer, l’un qui rêve d’une image de succès, l’autre pour qui le succès passe au quotidien par l’image. Leur rencontre se nouera dans les derniers mètres de « J.T. » pour s’achever, comme dit la télévision, sur un « drame ordinaire ». Et si leurs mondes aussi opposés à tous les deux étaient devenus les nôtres ?
http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-JT.html
Sébastien Boussois est docteur en sciences politiques, conseiller scientifique et policy advisor chez ForMENA (Bruxelles), chercheur associé au CJB(Rabat/ Maroc) et au REPI (Université Libre de Bruxelles), enseignant en relations internationales, et consultant Moyen-Orient.Il est par ailleurs président du CCMO, le Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient, écrivain, auteur de nombreux ouvrages, et éditeur. Analyses et services Contact: boussois@yahoo.fr ou 0032 (0) 476 580 677
vendredi 5 décembre 2008
vendredi 14 novembre 2008
2ème SALON DES EDITEURS INDEPENDANTS DU QUARTIER LATIN
Chers Amis,
Venez nous rendre visite lors du Salon. Les éditions du Cygne et Rivenevue éditions avec qui je travaille seront présents.
Par ailleurs, j'y signerai mon livre "Maxime Rodinson, un intellectuel du XXè siècle" le 29 dans l'après-midi.
Au plaisir de vous y voir.
INVITATION VERNISSAGE SALON
Jean-Pierre LECOQ
Conseiller de Paris
Maire du 6e arrondissement
Olivier PASSELECQ
Adjoint au Maire
Chargé de la Culture
sont heureux de vous convier à l’inauguration du
2e
Salon
des Éditeurs Indépendants
du Quartier Latin
avec la participation des Éditeurs de Bretagne
le vendredi 28 novembre 2008 à 19 heures
dans les salons de la Mairie du 6e arrondissement
78 rue Bonaparte
Ouverture au public du vendredi 28 au dimanche 30 novembre 2008
Nombreuses animations : vendredi de 11h à 19h, samedi de 11h à 18h
et dimanche de 14h à 18h.
Jean-Pierre LECOQ
Conseiller de Paris
Maire du 6e arrondissement
Olivier PASSELECQ
Adjoint au Maire
Chargé de la Culture
sont heureux de vous convier à l’inauguration du 2e salon des Editeurs Indépendants
Contact presse
Brigitte PELTIERPIPPAPeltier International Publishing and Production AgencyEditions : 161 rue Saint-JacquesLibrairie : 25 rue du Sommerard75005 PARIS01 46 33 95 8106 70 52 69 64
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Jean-Pierre LECOQ
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Olivier PASSELECQ
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vendredi 24 octobre 2008
A PARAITRE "JT" NOUVEAU ROMAN SUR LE MONDE DE DEMAIN MAIS SURTOUT CELUI D'AUJOURD'HUI
Synopsis:
France, ici où ailleurs, 2013... Beau, jeune, intelligent, Charles a tout pour réussir. Il aurait
dû représenter l’avenir de son pays. Seulement, face au monde superficiel et matérialiste qui
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Ministère quelconque où il travaille dans un bureau poussiéreux et passe ses journées à classer
ses ambitions.
Face à lui, l’image et la télévision inondent le monde des idées. Et notamment le premier
d’entre eux: Jean-Yves Lemarchant, le présentateur vedette du journal télévisé. Récit express
sur une journée top-chrono d’une confrontation psychologique violente entre deux êtres que
tout devrait opposer, l’un qui rêve d’une image de succès, l’autre pour qui le succès passe au
quotidien par l’image. Leur rencontre se nouera dans les derniers mètres de « J.T » pour
s’achever, comme dit la télévision, sur un « drame ordinaire ». Et si leur monde aussi opposé à
tous les deux était devenu le nôtre ?
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EN SOUSCRIPTION CHEZ L’EDITEUR
Je commande ........ exemplaire(s) de « J.T. »
(Prix public TTC : 13,00 €; port et emballage forfaitaire : 2,00 €pour la France et 5,00 €pour l’UE et la Suisse)
Veuillez trouver ci-joint mon règlement par chèque encaissable sur banque française
(à l’ordre des éditions du Cygne) de ............... €
Nom :
Adresse :
(à renvoyer aux Éditions du Cygne - 4, rue Vulpian - 75013 Paris)
Éditions du Cygne
4, rue Vulpian
75013 Paris
t/f : 01 55 43 83 92
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
EN SOUSCRIPTION
J.T.
roman
de Sébastien BOUSSOIS
100 pages au format 14 x 21 broché - 13 euros
France, ici où ailleurs, 2013... Beau, jeune, intelligent, Charles a tout pour réussir. Il aurait
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vendredi 17 octobre 2008
Une autre approche des concepts de sionisme et post-sionisme « Le sionisme est mort. Vive le post-sionisme! »
Le sionisme et la création de l'Etat d'Israël
Et si le sionisme était mort le 14 mai 1948. A la proclamation de l'indépendance de l'Etat d'Israël à 16h au Musée de Tel Aviv, David Ben Gourion sait qu'il parachève une longue entreprise de reconquête de la Palestine. Le sionisme, dernier mouvement nationaliste du XXème siècle a gagné. Légitimée, accélérée, inévitablement incontournable après le terrible drame humain vécu par les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale, la naissance de l'Etat « juif et démocratique » est le fruit de la foi et de l'action de milliers d'acteurs décidés à faire de la terre d'Israël, le foyer d'accueil de tous les Juifs désireux de vivre enfin en paix.
Chaque anniversaire est l'occasion, prétexte à bon escient ou pas d'ailleurs, de revenir sur l'histoire. Le courant des nouveaux historiens travaille depuis près de 30 ans sur la réalité de 1948[1]
Les soixante ans de l'Etat d'Israël ont permis de remettre au premier plan l'histoire de la Nakba, la catastrophe vécue par les Palestiniens après la mort-née de leur Etat et la non-application de la résolution du Plan de partage des Nations-Unies[2], ayant défini le 29 novembre 1947 les conditions de deux Etats, juif et arabe, et d'une zone internationalisée pour Jérusalem et les Lieux saints.
Mais les historiens comme Benny Morris, Ilan Pappé, Avi Shlaïm, Tom Segev, Idith Zertal, Shlomo Sand et de nouvelles générations d'autres encore en formation, ne sont certainement que la face émergée d'un iceberg. Faut-il rappeler que les nouveaux historiens ne sont qu'une facette de cette évolution scientifique, sociologique et culturelle qu'Israël traverse. La « nouvelle histoire » n'est qu'un « tiroir » du post-sionisme. Qu'entend-on par « post-sionisme »? Communément, ce qui suit le sionisme ou ce qui doit le suivre. Tenons nous en là pour commencer.
Deux questions naissent de ce début de réflexion afin de tenter de mesurer tout l'enjeu du débat qui agite universitaires et Israéliens lambdas. Tout d'abord, pourquoi les nouveaux historiens ont-ils une place en or à jouer au service de l'action citoyenne en Israël et à terme directement dans le processus de paix? Ensuite - et c'est bien là le coeur du sujet - en quoi le travail d'écriture et de réécriture du passé se révèle-t-il un outil majeur d'information dans la compréhension d'une société israélienne d'une part, palestinienne de l'autre, et des rapports mutuels entre les deux.
Il y aurait encore tant de questions à poser qui amèneraient tant de réponses mais qui aboutiraient certainement à une conclusion commune: la vérité historique est un viatique à la paix au Proche Orient, et le courant de « normalisation » historique et politique que vit Israël depuis vingt ans est sans précédent.
Cela pose inévitablement la question politique de l'avenir du sionisme, de la place du post-sionisme dans la société et sur un plan socio-culturel de la transition/ ou non d'un Etat « judéo-centré » à un Etat « de tous ses citoyens ».
Au sein du courant des « nouveaux historiens », l'adhésion au sionisme originel n'est pas identique d'un personnage à l'autre. Tous sont sionistes, et ce à commencer par Benny Morris, Avi Shlaïm et Simha Flapan. Un seul se trouve en être un virulent opposant: Ilan Pappé. Que pensent-ils du concept de post-sionisme? Ils ne sont pas très clairs à l'exception de Benny Morris, qui le rejette violemment. « Le sionisme était destiné à permettre l'édification d'un Etat juif, mais c'est aussi se donner tous les moyens de le garder. C'est toujours bien du sionisme et rien d'autre», nous affirmait-il en 2007[3]. Ce n'est pas aisé de trouver une définition qui fasse l'unanimité même si la plupart considèrent qu'Israël a résolument basculé dans l'ère du post-sionisme. On sait surtout tout ce que ca n'est pas.
Devant les difficultés croissantes que l'idéal sioniste a traversé depuis 1948 avec la perte de ses principaux mythes fondateurs, de l'homme nouveau au kibboutz, en passant par le mythe de l'IDF[4] toute puissante, mais aussi de l'intégration de tous les Juifs dans un pays aujourd'hui où ils risquent à tout moment de devenir minoritaires, eux Juifs dans un « Etat Juif » avec des minorités de plus en plus actives, dés-intégrées et discriminées, la « nouvelle histoire » peut être appréhendée sous un angle commun à d'autres disciplines voire d'autres arts. Celui de la découverte de l'existence de l' « Autre », avec un grand A. Celui de l'apprentissage de l'histoire de l'Autre, mais aussi de son présent. Donc des moyens intellectuels et scientifiques mis en oeuvre pour la tentative de compréhension des Israéliens à l'égard des Palestiniens mais aussi des Israéliens à l'égard d'eux mêmes.
Un rapport à l'Autre en accordéon
En une petite vingtaine d'années, plusieurs facteurs conjoncturels et structurels ont contribué à accélérer cette « révolution » normalisatrice en Israël. L'existence de relations normales entre Israéliens et Palestiniens est pourtant loin d'être parachevée. Ce phénomène permet de dire aujourd'hui pourtant qu'Israël est devenu un Etat comme les autres: puissant mais fragile à la fois, démocratique avec les limites de la démocratie, sionisto-socialiste mais avec d'énormes disparités de traitement entre les différentes strates sociales.
L'ouverture des archives liées à la guerre d'indépendance a été l'élément déclencheur et moteur de la révision historique, du mandat britannique de 1920 aux accords de paix israélo-arabe en 1949. On ne fait pas d'histoire sans compulser les traces officielles laissées par les acteurs de celle ci. Aujourd'hui, certains groupes pacifistes tentent de rattraper un peu le temps, en multipliant les enregistrements de témoignages de Palestiniens déracinés depuis soixante ans.
Sur un plan conjoncturel, la facilité pour Israël « après avoir gagné toutes les guerres mais jamais la paix » - pour reprendre un célèbre adage - de maintenir sa supériorité écrasante n'est plus aussi évidente. En 1973, la victoire face à la Syrie et l'Egypte n'avaient plus été aussi facile qu'après le succès incontesté de 1967. L'invasion du Liban en 1982 avec l'opération « Paix en Galilée » ne trouve plus guère près de trente ans après, que les sionisto-sionistes tout à fait inconditionnels pour parler d'une guerre légitime et réussie.
Puis ce sera l'intifada déclenchée en décembre 1987, marquée par l'écrasement de la révolte des pierres qui effritera un peu plus le consensus total autour d'une politique israélienne, en marche vers la colonisation accélérée des territoires. Pour autant, l'aspect positif fort est qu'Israël fait face, au delà de ses dirigeants à tout un peuple: on peut parler de « conscientisation » de la société palestinienne.
L'acalmie provoquée par d'encourageants accords d'Oslo signés en 1993 entre Yasser Arafat et Ithzak Rabin et la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP, devenue Autorité Palestinienne, renforce l'idée et la réalité de deux entités politiques, organiques, sociales et sociétales tentant de se parler et de parvenir à une issue favorable pour la paix. En 1993, les deux sociétés seraient-elles au maximum de leur propension à la compréhension mutuelle, au maximum de leur reconnaissance vitale?
Malheureusement, l'enfoncement progressif post-opératoire des accords d'Oslo, avec l'accélération de la construction des implantations dans les Territoires occupés, la multiplication des check-points conduiront au processus destructif de l'image du partenaire de paix. Jusqu'à l'échec des négociations de Camp David, qu'Ehud Barak attribuera directement à Yasser Arafat. « Il n y a plus de partenaire de paix » deviendra le leitmotiv de plusieurs années de blackout total autour des Palestiniens redevenus infréquentables. Ariel Sharon, arrivé au pouvoir sur le terreau d'une gauche travailliste à bout de souffle, finira d'isoler le seul représentant légitime du futur Etat palestinien, jusqu'à attenter à sa vie en bombardant la Muquata à Ramallah où il est condamné au silence. Mahmoud Abbas n'a jamais eu le pouvoir d'un Arafat d'avant, car Ariel Sharon, général de l'indépendance et premier Ministre, a décidé d'évincer le Fatah des affaires. Côté israélien, c'est le trou noir le temps de la seconde Intifada. Le camp de la paix disparaît. Les écrivains les plus enclins au dialogue inter-communautaire, que sont Amos Oz, Avraham B. Yehoschua et David Grossmann, se retrouvent acculés par leurs positions anti-palestiniennes au pied du mur... et soutiennent son édification en 2002. On accuse tout la gauche travailliste d'avoir soutenu des Palestiniens dont on décrête « qu'ils n'ont jamais voulu la paix » dès l'instant qu'ils ne sont même pas capables d'accepter « l'offre généreuse » d'Ehud Barak, qui ne l'était, on le sait aujourd'hui, pas vraiment.
Lorsqu'il n' y a plus de représentant légitime aux yeux de l'adversaire, on en choisit un autre. Arrive sans surprise au pouvoir le Hamas en 2006, celui là-même qui prendra le contrôle de Gaza en juin 2007, Ismaïl Hanyheh l'ancien premier Ministre à sa tête. Quand Israël fait ses choix contre un gouvernement élu démocratiquement, sous contrôle d'observateurs internationaux des Nations-Unies, il est soutenu par les Etats-Unis et l'Europe pour achever le boycott du pouvoir palestinien en place et renforcer la radicalité des Palestiniens serrés à la gorge dans les territoires. L'idée d'un Etat palestinien, voulu par Georges W. Bush à l'horizon 2009, ne fait rapidement plus rêver personne: accélération de la colonisation, cycle sans fin d'attaques-représailles (attentats suicides condamnables, réprimande avec surenchère, droitisation de la société israélienne, édification accélérée du Mur de séparation, et relents de transfert des Arabes animent certaines franges de la société juive ashkénaze laïque.
Une seule alternative: le post-sionisme ou le néo-sionisme?
Même si le dialogue semble bien enterré pour un temps, le post-sionisme a travaillé par lames de fond et provoqué, si ce n'est des bouleversements idéologiques, à tout le moins de profonds tiraillements, dans l'image non fissurée jusqu'aux années 1980 de l'idéal sioniste. La société israélienne a démontré, à l'image du monde qui l'entoure, avoir un tropisme à la radicalisation en période de crise. Le retour du Likoud - et son credo nationaliste et religieux - est un des éléments en 2001, preuve qu'il ne serait plus question de rien céder à l'Autre de cette terre ancestrale, alibi religieux en main. Qu'était la visite d'Ariel Sharon sur l'Esplanade du Mont, le Haram-el Cherif, le 28 septembre 2000 si ce n'est un moyen de provocation pour réaffirmer l'appartenance juive du site du Temple sur lequel repose la Mosquée d'Omar.
Le retrait de la bande de Gaza, dans un acte politique d'ouverture - ou de faiblesse? - a démontré, s'il n'était besoin de le prouver, la puissance morale des colons, Torah à la main dans la légitimation du Grand Israël, Judée et Samarie avant tout mais Gaza en plus.
Et pourtant, acte fort après acte fort, les gouvernements israéliens qui se succèdent, ne peuvent plus nier le passé comme le présent. Des vigies sont là pour leur rappeler, soit ce qui a pu se passer en 1948, soit plus récemment, mais surtout pour leur montrer l'utilité de trouver une issue politique au conflit et resceller les liens des deux sociétés autour d'un destin commun.. Mais depuis les années 1990, l'Université, point de départ d'une recherche sur 1948, qui a pu se passer en dehors aussi de ses murs, a évolué.
Il y a eu un renouveau « académique » avec la transformation de la sociologie critique, la création (enfin) de départements spécifiques d'histoire de l'Etat d'Israël[5], ce qui est récent, et une spécialisation croissante d'historiens sur le sujet. La connaissance s'effectue par la transmission et l'école en est un vecteur majeur. Il y a eu des progrès substantiels depuis les années 1990: le Ministère israélien avait sous le gouvernement d'Ehud Barak introduit des manuels plus « ouverts » à l'égard de la cause arabe, plus critique sur la « guerre d'indépendance » en parlant également de la Nakba, la catastrophe pour les Palestiniens et en nommant tout simplement les Palestiniens les Palestiniens, alors qu'avant ils n'étaient encore que des...Arabes. Le manuel d'Eyal Nave a malheureusement été retiré sitôt l'arrivée d'Ariel Sharon au gouvernement en 2001. Il y a bien eu les journalistes du Haaretz (Amira Hass, la première correspondante israélienne dans les Territoires et à Gaza, ou les éditorialistes Akiva Eldar, Gideon Levy, Meron Benvenisti) que certains qualifient de post-sionistes, pour relayer l'information de ce qui se passait en Palestine mais aussi de ce qui s'était passé là-bas en 1948, notamment à l'occasion de l'anniversaire du demi-siècle d'Israël. Comme quoi les anniversaires marquent à chaque fois une étape supplémentaire dans la connaissance qu'un société a de l'autre.
Même si le nouvel historien Benny Morris nous affirme lui même[6] considérer « l'action des mouvements pacifistes comme inutile car ils ne saisissent aucun des enjeux politiques complexes de la situation et si peu pacifistes car violents », il faut bien reconnaître à ces derniers le mérite d'avoir éveillé les consciences à la cause palestinienne. Le travail de Shalom Archav -la Paix Maintenant - a certes facilité les accords d'Oslo et la reconnaissance mutuelle des deux peuples. Mais la mouvance pacifiste a fléchi après 1993 puis évolué en profondeur: d'un mouvement global, elle a glissé vers un éclatement, une radicalisation et une localisation de l'action « pacifiste » qui ne l'est plus tout à fait pour certains. C'est le cas des Anarchistes contre le Mur plus extrémistes par exemple, ou d'autres plus informatifs et commémoratifs comme Zochrot ou Taayush qui oeuvrent pour la mémoire commune des Israéliens et des Palestiniens. Ils entretiennent par exemple le souvenir des villages palestiniens vidés et détruits en 1948 et luttent contre le Mur, plus haut symbole politique d'une rupture de dialogue entre les deux sociétés et ce depuis 2002.
L'homme communique et transmet également son souvenir par la voie artistique. Le cinéma, la photographie et la peinture se développent sous un angle nouveau: on représente les Arabes, on les montre et l'on n'hésite plus à critiquer ouvertement Israël. Et ce même du côté juif. L'artiste Arnon Ben David et son oeuvre représentant la célébre arme Uzi encadrée sous verre en est un exemple. Mais c'est aussi le cas du photographe Mickaël Kratzmann qui exposait pour les « 40 ans » de l'Occupation des Territoires l'année dernière dans un quartier résidentiel de Tel Aviv.
Au plan cinématographique, le documentaire militant a de beaux jours devant lui malgré l'explosion d'un cinéma de fiction de plus en plus enclin a montrer les méfaits de soixante ans de politique du pire d'un côté comme de l'autre des esprits israélien et palestinien[7]
Le post-sionisme serait-il une « secte »?
Il en a tous les attributs selon Anita Shapira, professeur d'histoire à l'Université de Tel Aviv: « Le post-sionisme vit sa vie ici, en Israël. Il publie ses propres collections d’ouvrages, organise ses colloques. Il ressemble beaucoup à une secte, vous savez. Et pourtant, à la lecture du quotidien Haaretz, vous pourriez croire que la moitié du pays est post-sioniste ». Pour Elhanan Yakira, professeur de philosophie à l'Université hébraïque à Jérusalem, « le post-sionisme a facilité la montée des positions antisionistes. Je suis étonné de la traduction systématique des écrits de ce genre. Alors que, personnellement, j’ai du faire cinq éditeurs avant que Am Oved – l’un des plus grands en Israël,– accepte de publier mon livre, dans lequel je montre l’aspect pervers d’un certain nombre de penseurs [post sionistes]comme Adi Ophir, Idith Zertal, Azmi Bishara, ou encore Tom Segev ».
Il y aurait un vice de forme pour tous les Européens qui pensent que le post-sionisme est partout en Israël. Leur image serait biaisée par les choix politiques, éditoriaux et journalistiques des médias et maisons d'éditions européennes.
Pourtant, le simple fait de critiquer aussi violemment le « phénomène post-sioniste » ne signifie-t-il pas par essence qu'il a une place plus que de choix dans le débat israélo-israélien pour commencer? Pour les critiques comme Anita Shapira et Elhanan Yakira, qui représentent encore assez bien le dogme sioniste, pris dans ce débat entre sionisme, antisionisme, néo-sionisme et post-sionisme, l’influence qu’ont acquise, depuis près de vingt ans, les thèses post-modernistes et critiques du sionisme dans bien des sphères de la société israélienne, est dangereuse pour Israël. Et il n'y a souvent bien qu'un pas pour que l'intellectuel européen pour le plus souvent[8], critique à l'égard d'Israël comme de sa politique, devienne un vilain antisémite qui ne comprendrait plus rien à la « pureté des armes » ni à la bitakhon[9].
Il serait bien sûr faux de penser comme on l'a vu qu'il est encore facile pour les chercheurs, pour les artistes, de mener leur barque sans difficulté. Nous ne pouvons non plus exagérer leur importance mais souligner leur place croissante. Il faut bien dire que même si l'avancée a été spectaculaire jusque là (1988-2000), elle a depuis largement été bloquée par la situation politique. Mais le jour, où les négociations reprendront, on retrouvera tous les bénéfices du travail effectué par ces couches « résistantes » de la société israélienne. Il est temps de finir sur trois exemples qui montrent qu'Israël a basculé dans une remise en cause profonde de ses fondements, c'est tout à son honneur, et ce parce qu'à l'avenir, il lui faudra achever cette normalisation qui fera de lui, un Etat comme les autres. Comme le travail fait en France, en Allemagne, en Autriche, en Argentine, au Maroc, etc...
A l'époque déjà, même certains grands dirigeants sionistes n'étaient pas tout à fait convaincus qu'un jour l'injustice ne provoquerait pas le rétablissement forcé de la réalité. Et parmi eux, le premier des premiers Ministres de l'Etat d'Israël en la personne de David Ben Gourion lui même. Dans les archives en effet, on a retrouvé certains de ses propos qui ne font plus aucun doute sur la question: « Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal: nous avons pris leur pays. Il y a eu l'antisémtisme, les Nazis, Hitler, Auschiwtz, mais était-ce leur faute? Ils ne voient qu'une seule chose: nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela? »[10]
Soixante ans après, Israël est face à lui-même aujourd'hui pour discuter d'à peu près tout terrain sensible, du judéocide comme de l'identité juive notamment. Ainsi, le livre de l'historien et professeur à l'Université de Tel Aviv Shlomo Sand, nouvel historien s'il en est aujourd'hui, est la preuve qu'Israël avance sur la bonne voie. Quand et comment le peuple juif fut inventé? [11] est 3ème des ventes dans le pays et selon l'auteur lui même, peu de critiques violentes ont surgi. Celles qui auraient pu l'accuser d'être « antisémite », ou de vouloir « remettre en cause l'existence d'Israël ». Et les ouvrages des nouveaux historiens[12] comme des personnalités critiques du sionisme se multiplient. Les traductions en hébreu, en anglais et en français s'accélèrent et les délais de l'une à l'autre se raccourcissent. Il ne suffira que de citer Avraham Burg et son désormais incontournable « Vaincre Hitler » paru en 2007 en Israël, en 2008 en France, où le fils de rabbin, ancien président de la Knesset, ancien directeur de l'Agence juive et du Foyer Mondial du sionisme affirme ne plus croire en son pays et en sa politique. Reconverti aux affaires, il dénonce l'emprise du culte de la mort et de la Shoah sur les esprits et dénonce ouvertement la politique israélienne brutale à l'encontre des Arabes. Pire encore, dans un entretien au Figaro le 20 mai dernier, Ephraim Halevy, ancien chef des renseignements israéliens, le Mossad, affirmait: « Il serait temps pour Israël de reconnaître le droit des Palestiniens à vivre ».
Tout ceci prouve qu'Israël est sur la bonne voie mais que la reconnaissance de ce qui s'est passé en 1948, à l'égard des Palestiniens, est encore loin d'être acceptée. Elle devra l'être symboliquement, pour qu'au cela d'un quelconque accord politique, ce soient les gens, les Israéliens eux mêmes, les Palestiniens eux mêmes qui acceptent de faire la paix. S'ils restent de part et d'autre favorables à celle-ci, la paix ne n'impose pas. Et cela prendra beaucoup de temps pour que les deux peuples se reparlent. Le post-sionisme travaille en amont pour les rapprocher. Souvenons nous pour terminer du titre du film qui fut réalisé sur le chef d'orchestre et grand militant de la paix Daniel Barenboïm qui a obtenu la nationnalité palestinienne en 2007: Knowledge is the beginning », que l'on peut traduire par: la connaissance est le point de départ.
[1] Avant de revenir au fil du temps et de l'ouverture des archives, sur les grandes étapes clés de l'Etat contemporain d'Israël en dehors de toute considération religieuse ou politique. Cela continue avec les premiers travaux sur la guerre des Six Jours en 1967 et le récent livre de Tom Segev 1967, Israel second genesis ( Keter, Tel- Aviv, 2005), grâce aux documents officiels accessibles aux historiens depuis 1997. Puis viendront d'autres travaux sur les guerres de 1973, 1982, etc, et peut être d'autres livres sur les périodes intermédiaires encore largement méconnues.
[2] Résolution 181 A.G du Conseil de Sécurité des Nations-unies.
[3] Entretien privé réalisé à Jérusalem en juin 2007 dans le cadre de la postface du livre de Dominique Vidal, Comment Israël expulsa les Palestiniens?, op. Cit.
[4] Israel Defense Forces ou « Tsahal », son acronyme en hébreu.
[5] En Israël jusqu'à il y a peu, les universités ne possédaient pas de départements spécifiques. Ainsi, des professeurs d'histoire juive notamment ou spécialistes du Moyen-âge enseignaient aussi la création contemporaine d'Israël.
[6] Entretien privé, juin 2007.
[7] Pour plus d'informations, voir plus en détail le chapitre p.182 consacré aux formes artistiques que l'on peut qualifier de post-sionistes, dans le livre Israël confronté à son passé, essai sur l'influence de la nouvelle histoire, l'Harmattan, 2008
[8] L'intellectuel européen, au nom du continent tout entier, ne ferait pas le deuil de sa responsabilité dans le judéocide et n'oserait donc prendre position contre Israël aujourd'hui.
[9] Au nom de la sacro-sainte sécurité d'Etat, tout devient possible et notamment l'occupation des Territoires.
[10] Propos tenus le 18 juillet 1948. Cité dans Courrier International, 30 avril au 6 mai 2008.
[11] Paru en septembre 2008 chez Fayard.
[12] Les ouvrages d'Ilan Pappé (Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, 2007) et d'Avi Shlaïm (Le Mur de Fer, Buchet Chastel, 2008) connaissent un franc succès depuis leur publication en français. Ce dernier est régulièrement invité en Israêl pour donner des conférences. Il se déplace en Europe, en France comme en Italie notamment. Il était le 17 mai dernier invité à la journée « Paix comme Palestine » à Paris et se rendait deux jours après à un autre événement à Venise.
mercredi 15 octobre 2008
LA COLLECTION "REPORTAGES" S'AGRANDIT
Viennent de paraître:
Brésil Le réveil du géant latino-américain , d'Annie Gasnier, correspondante du Monde et de RFI au Brésil. Le livre est préfacé par l'auteur-compositeur Pierre Barouh.
Le Vatican et ses papes Cinquante ans de tribulations dans le sanctuaire de l'Eglise , de Bruno Bartoloni, le plus ancien "vaticaniste", ancien correspondant de l'AFP. Le livre est préfacé par le directeur du Monde des Livres, Robert Solé.
Tous les titres de la collection "Reportages" présentés à droite de cette colonne sont directement commandables auprès des Editions du Cygne, (www.editionsducygne.com), sur www.fnac.com, sur www.chapitre.com, ou encore auprès de votre libraire.
Pour tout contact éditorial ou proposition, vous pouvez me joindre à l'adresse boussois@yahoo.fr
Brésil Le réveil du géant latino-américain , d'Annie Gasnier, correspondante du Monde et de RFI au Brésil. Le livre est préfacé par l'auteur-compositeur Pierre Barouh.
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VIENT DE PARAITRE DANS LE NUMERO D'AFRIQUE ASIE DU MOIS D'OCTOBRE
« Docteur Benny, Mister Morris, acte II »
A PARAITRE DANS TEMOIGNAGE CHRETIEN LE 24 OCTOBRE 2008
Israël, les derniers combattants de la paix : Reportages auprès desnouveaux mouvements pacifiques, reflets d'une société israélienne enmutation
EN COUVERTURE DE L'HEBDOMADAIRE
EN COUVERTURE DE L'HEBDOMADAIRE
mardi 9 septembre 2008
"Docteur Benny, Mister Morris, acte II". Article à paraître prochainement, disponible en ligne
« Docteur Benny, Mister Morris, acte II »1
« 1948, a history of the First Arab-Israeli war, est son meilleur livre » selon Avi Shlaïm2
Benny Morris publie en 1988 son ouvrage pionnier, The Birth of the Palestinian Refugee Problem3, 1947-1949. Par cet acte, il pose la pierre fondatrice du courant qu’on appelle bientôt les « nouveaux historiens »4. Ce livre se fonde – pour la première fois s’agissant de la fin des années 1940 – sur l’exploitation des archives. Il apporte enfin la preuve écrite de ce qui s'est passé lors de la guerre d'indépendance d'Israël en 1948 et du premier conflit israélo-arabe, à commencer par l'expulsion massive de 700 000 à 800 000 Palestiniens par les milices juives. Grâce à un accès direct aux « traces » laissées par les acteurs de ce drame dans les dossiers du gouvernement, de l’armée et autres institutions du Yichouv comme de l’État d’Israël, il poursuit son travail même à l'aide de documents personnels de leurs dirigeants : « Morris est par exemple le premier à se concentrer sur le journal de David Ben Gourion », note Shlomo Sand, historien à l'Université de Tel Aviv5. « J’ai fait la connaissance de Benny Morris au service des archives d’État, lorsqu’il préparait son premier livre, et moi le mien, en 1982 », nous confiera Avi Shlaïm, l’autre « grand » nouvel historien.
1948 The First Arab-Israeli War6 relate la genèse de la construction d'Israël en reprenant une large partie des dernières découvertes de l'historien et de ses collègues depuis une vingtaine d'années. Dans ce livre de plus de 500 pages, dont et c'est une spécialité de Benny Morris près de 80 pages de notes de bas de pages, l'historien revient avec quelques nouveautés sur le contexte général qui a favorisé l'émergence de l'État hébreu dans une problématique locale mais aussi régionale et mondiale. Sur un plan régional, le rapport entre les grandes puissances en présence, à commencer par le Royaume-Uni qui ne sait plus comment gérer les révoltes palestiniennes successives, les attaques des extrémistes juifs et les luttes internes pour le leadership sur la terre de Palestine: « Sans aucun doute, les Britanniques ont ignoré les souhaits des habitants arabes de Palestine »7. Morris écrit longuement sur l'importance de l'URSS et des USA dans l'embrasement du conflit, généré par des soutiens ambigus ou des revirements réguliers. L'humiliation du monde arabe demeure un facteur clé de compréhension de l'antagonisme culturel, social, économique et politique permanent entre l'Etat sioniste libéral, démocratique, et occidentalisé et un monde arabe vivant dans la nostalgie de la Nahda8, la belle époque du Nassérisme: grandeur économique, politique, nationaliste et culturelle. Concernant les Palestiniens, la situation qui vire au tragique est déjà plus complexe qu'une simple nostalgie de la « belle époque ». En effet, la société palestinienne est très vite fragmentée et ce dès le début du XXe siècle. L'historien explique: « La société palestinienne était déjà divisée et les règles du mandat britannique n'ont fait qu'aggraver cette division ». Les tensions entre Juifs et Arabes s'aggravent dès les années 1910 même si ces derniers font preuve d'une mobilisation peu organisée donc peu efficace: « Les sionistes rencontrèrent bien quelques actes de violence du côté arabe dans les vingt-cinq premières années de leur installation mais les Arabes manquaient de conscience nationale et politique ».
Très vite le dialogue entre les deux sociétés se brise, les tensions s'accroissent et les « violences de 1920, 1921 ne furent qu'un prélude à la grande éruption de violence bien plus étendue de 1936-1939, la grande révolte palestinienne .» Progressivement, les milices de défense des citoyens voient le jour mais, et Morris s'attarde à juste titre dessus, jamais les milices palestiniennes ne résisteront et ne tiendront la longueur face au groupe Stern, au Lehi à l'Irgoun et au Palmah, les milices de défense juive qui soutiennent l'action de l'armée régulière, la Hagana; D'ailleurs, « durant sa brève existence, le mouvements national palestinien échoua totalement dans l'établissement de ses milices même si ce n'était pas faute d'avoir essayé »9 selon Morris. Et ils ne purent certainement pas compter sur leur armée pour compenser puisque « aucune n'avait jamais mené une guerre, à l'exception de la Légion arabe, qui avait assisté l'armée britannique dans sa conquête de l'Irak et de la Syrie en mai-juin 1944. »10 Le Lehi avait de toute façon un atout supplémentaire – et surprenant – face aux Arabes et au grand Mufti de Jérusalem qui avait été accusé de se rapprocher d'Hitler, c'est son audace. Car lui aussi, et l'historien nous l'explique de manière surprenante, n'avait pas hésité à « tenter d'établir une alliance avec l'Allemagne nazie au nom de la lutte commune contre le Royaume-Uni »11 Morris poursuit son récit jusqu'au plan de partage de 1947 et analyse brillamment la position de chacun des membres de l'UNSCOP12 avant le vote.
Puis Morris revient sur le plan D, le Plan Dalet qui vaut controverse au sein même des historiens. Ainsi pour Ilan Pappé, autre nouvel historien, il y a eu un plan clair d'expulsion et il était délibéré13. Pour Morris, l'expulsion des Palestiniens fait partie de ce que l'on a coutume d'appeler des dommages collatéraux. C'était la guerre et cela était inévitable: « L'opération Nahshon14marque un revirement d'une phase défensive à une phase offensive et le début de la mise en place du plan Dalet15, sans que même Ben Gourion ni la Hagana y prennent part directement »16 De toute façon, et Morris persiste, « le Plan D n'a jamais été lancé officiellement par la décision d'un quelconque responsable ». En réalité, la question du plan demeure parfois confuse même chez Morris puisqu'un peu plus loin, il explique que « le Plan donnait carte blanche aux milices pour conquérir les villages arabes et décider du sort de chacun d'entre eux (...), appelait explicitement à la destruction de la résistance de [ces derniers] et à l'expulsion de ses habitants »17. Pire encore: côté Hagana et Palmah18, l'ordre était donné de « tuer les plus d'hommes possibles »19.
En ce qui concerne la question qui fait aussi débat au sein des nouveaux historiens sur un prétendu appel ou non des dirigeants arabes à la résistance armée des Palestiniens, Morris n'est pas toujours clair même si, sur ce point, il confirme parfois ce qu'il écrivait auparavant: « Le Mufti [Al-Husseini, le grand Mufti de Jérusalem] et le Haut-comité arabe n'ont jamais émis d'appel à prendre les armes pour attaquer le Yichouv (...) La plupart des attaques arabes de novembre 1947 à janvier 1948 ont été spontanées et mêmes contraires aux vœux du Mufti (...) » Quant à la question de l'appel du Mufti à fuir le pays, Morris nous éclaire: « A la fin janvier 1948, les service de renseignements britanniques rapportaient que le Mufti avait même donné l'ordre aux déportés de revenir chez eux. » Cette faiblesse arabe s'est accrue avec le fameux accord secret de non-agression qui avait été passé entre Golda Meir et le roi Abdallah de Transjordanie en 1948. Révélé par Avi Shlaim20, Morris reprend l'idée et la conforte puisque selon lui, « L'Agence juive voulait un État palestinien dirigé par un Husseini comme son voisin et tous deux [Israël et la Transjordanie] firent le choix commun d'une alternative au plan de partition. »
« 1948, a history of the First Arab-Israeli war, est son meilleur livre » selon Avi Shlaïm2
Benny Morris publie en 1988 son ouvrage pionnier, The Birth of the Palestinian Refugee Problem3, 1947-1949. Par cet acte, il pose la pierre fondatrice du courant qu’on appelle bientôt les « nouveaux historiens »4. Ce livre se fonde – pour la première fois s’agissant de la fin des années 1940 – sur l’exploitation des archives. Il apporte enfin la preuve écrite de ce qui s'est passé lors de la guerre d'indépendance d'Israël en 1948 et du premier conflit israélo-arabe, à commencer par l'expulsion massive de 700 000 à 800 000 Palestiniens par les milices juives. Grâce à un accès direct aux « traces » laissées par les acteurs de ce drame dans les dossiers du gouvernement, de l’armée et autres institutions du Yichouv comme de l’État d’Israël, il poursuit son travail même à l'aide de documents personnels de leurs dirigeants : « Morris est par exemple le premier à se concentrer sur le journal de David Ben Gourion », note Shlomo Sand, historien à l'Université de Tel Aviv5. « J’ai fait la connaissance de Benny Morris au service des archives d’État, lorsqu’il préparait son premier livre, et moi le mien, en 1982 », nous confiera Avi Shlaïm, l’autre « grand » nouvel historien.
1948 The First Arab-Israeli War6 relate la genèse de la construction d'Israël en reprenant une large partie des dernières découvertes de l'historien et de ses collègues depuis une vingtaine d'années. Dans ce livre de plus de 500 pages, dont et c'est une spécialité de Benny Morris près de 80 pages de notes de bas de pages, l'historien revient avec quelques nouveautés sur le contexte général qui a favorisé l'émergence de l'État hébreu dans une problématique locale mais aussi régionale et mondiale. Sur un plan régional, le rapport entre les grandes puissances en présence, à commencer par le Royaume-Uni qui ne sait plus comment gérer les révoltes palestiniennes successives, les attaques des extrémistes juifs et les luttes internes pour le leadership sur la terre de Palestine: « Sans aucun doute, les Britanniques ont ignoré les souhaits des habitants arabes de Palestine »7. Morris écrit longuement sur l'importance de l'URSS et des USA dans l'embrasement du conflit, généré par des soutiens ambigus ou des revirements réguliers. L'humiliation du monde arabe demeure un facteur clé de compréhension de l'antagonisme culturel, social, économique et politique permanent entre l'Etat sioniste libéral, démocratique, et occidentalisé et un monde arabe vivant dans la nostalgie de la Nahda8, la belle époque du Nassérisme: grandeur économique, politique, nationaliste et culturelle. Concernant les Palestiniens, la situation qui vire au tragique est déjà plus complexe qu'une simple nostalgie de la « belle époque ». En effet, la société palestinienne est très vite fragmentée et ce dès le début du XXe siècle. L'historien explique: « La société palestinienne était déjà divisée et les règles du mandat britannique n'ont fait qu'aggraver cette division ». Les tensions entre Juifs et Arabes s'aggravent dès les années 1910 même si ces derniers font preuve d'une mobilisation peu organisée donc peu efficace: « Les sionistes rencontrèrent bien quelques actes de violence du côté arabe dans les vingt-cinq premières années de leur installation mais les Arabes manquaient de conscience nationale et politique ».
Très vite le dialogue entre les deux sociétés se brise, les tensions s'accroissent et les « violences de 1920, 1921 ne furent qu'un prélude à la grande éruption de violence bien plus étendue de 1936-1939, la grande révolte palestinienne .» Progressivement, les milices de défense des citoyens voient le jour mais, et Morris s'attarde à juste titre dessus, jamais les milices palestiniennes ne résisteront et ne tiendront la longueur face au groupe Stern, au Lehi à l'Irgoun et au Palmah, les milices de défense juive qui soutiennent l'action de l'armée régulière, la Hagana; D'ailleurs, « durant sa brève existence, le mouvements national palestinien échoua totalement dans l'établissement de ses milices même si ce n'était pas faute d'avoir essayé »9 selon Morris. Et ils ne purent certainement pas compter sur leur armée pour compenser puisque « aucune n'avait jamais mené une guerre, à l'exception de la Légion arabe, qui avait assisté l'armée britannique dans sa conquête de l'Irak et de la Syrie en mai-juin 1944. »10 Le Lehi avait de toute façon un atout supplémentaire – et surprenant – face aux Arabes et au grand Mufti de Jérusalem qui avait été accusé de se rapprocher d'Hitler, c'est son audace. Car lui aussi, et l'historien nous l'explique de manière surprenante, n'avait pas hésité à « tenter d'établir une alliance avec l'Allemagne nazie au nom de la lutte commune contre le Royaume-Uni »11 Morris poursuit son récit jusqu'au plan de partage de 1947 et analyse brillamment la position de chacun des membres de l'UNSCOP12 avant le vote.
Puis Morris revient sur le plan D, le Plan Dalet qui vaut controverse au sein même des historiens. Ainsi pour Ilan Pappé, autre nouvel historien, il y a eu un plan clair d'expulsion et il était délibéré13. Pour Morris, l'expulsion des Palestiniens fait partie de ce que l'on a coutume d'appeler des dommages collatéraux. C'était la guerre et cela était inévitable: « L'opération Nahshon14marque un revirement d'une phase défensive à une phase offensive et le début de la mise en place du plan Dalet15, sans que même Ben Gourion ni la Hagana y prennent part directement »16 De toute façon, et Morris persiste, « le Plan D n'a jamais été lancé officiellement par la décision d'un quelconque responsable ». En réalité, la question du plan demeure parfois confuse même chez Morris puisqu'un peu plus loin, il explique que « le Plan donnait carte blanche aux milices pour conquérir les villages arabes et décider du sort de chacun d'entre eux (...), appelait explicitement à la destruction de la résistance de [ces derniers] et à l'expulsion de ses habitants »17. Pire encore: côté Hagana et Palmah18, l'ordre était donné de « tuer les plus d'hommes possibles »19.
En ce qui concerne la question qui fait aussi débat au sein des nouveaux historiens sur un prétendu appel ou non des dirigeants arabes à la résistance armée des Palestiniens, Morris n'est pas toujours clair même si, sur ce point, il confirme parfois ce qu'il écrivait auparavant: « Le Mufti [Al-Husseini, le grand Mufti de Jérusalem] et le Haut-comité arabe n'ont jamais émis d'appel à prendre les armes pour attaquer le Yichouv (...) La plupart des attaques arabes de novembre 1947 à janvier 1948 ont été spontanées et mêmes contraires aux vœux du Mufti (...) » Quant à la question de l'appel du Mufti à fuir le pays, Morris nous éclaire: « A la fin janvier 1948, les service de renseignements britanniques rapportaient que le Mufti avait même donné l'ordre aux déportés de revenir chez eux. » Cette faiblesse arabe s'est accrue avec le fameux accord secret de non-agression qui avait été passé entre Golda Meir et le roi Abdallah de Transjordanie en 1948. Révélé par Avi Shlaim20, Morris reprend l'idée et la conforte puisque selon lui, « L'Agence juive voulait un État palestinien dirigé par un Husseini comme son voisin et tous deux [Israël et la Transjordanie] firent le choix commun d'une alternative au plan de partition. »
Au delà de cette description forcément sommaire de ce dernier ouvrage, l'on voit bien que Morris reste un historien avant tout. Soucieux du détail et de la preuve par l'archive, il en ressort toutefois un certain nombre d'éléments bien plus à charge pour les Palestiniens que précédemment: la guerre de 1948 est pour lui côté arabe davantage une guerre de religion qu'un conflit nationaliste; les Palestiniens étaient de toute façon extrêmement mal encadrés; il y a bien eu quelques massacres côté arabe quand même à l'égard des Juifs mais ils sont mineurs. Une nouvelle fois, Morris conclue avec empathie : « 1948 a hanté et hante toujours le monde arabe au plus profond de sa conscience collective, de son égo et de sa fierté »21. Pourquoi tenir alors de tels propos sur les Arabes dès l'instant qu'il lève la tête de l'histoire et affronte le présent? C'est là tout le paradoxe de Docteur Benny et Mister Morris.
« Le second holocauste ne ressemblera pas au premier » Benny Morris.
Pour la promotion de son dernier ouvrage, Benny Morris a récidivé à l'égard du monde musulman. En 2007, sur son attitude ambiguë, il nous déclarait « Il est vrai que je me suis beaucoup radicalisé depuis l'échec des négociations de Camp David en 2000. Mais je sais, contrairement à ce que l'on m'a reproché à ce propos, toujours séparer mon travail d'historien et mes propres positions. Je pense faire un travail honnête d'historien mais là, l'actualité nous a tous rattrapé. » Ou bien encore: « Je suis un juif sioniste et je ne suis pas des leurs. Pourquoi des Juifs devraient-ils avoir des amis arabes? (rires) »22
1948 était son premier livre depuis ses déclarations fracassantes récurrentes depuis 2004. Dans deux articles, l'un de juillet 2007 au quotidien allemand Die Welt23, l'autre dans le New York Times du 18 juillet 200824, l'historien envisage clairement et rapidement un nouveau conflit dans les mois à venir25. Dans le premier paru l'année dernière, Morris annonçait la destruction prochaine potentielle d'Israël par l'Iran. Nous étions alors dans la théorie et la projection. Cette année, Morris revient encore plus fort.
Persuadé que l'Iran ira jusqu'au bout de ses déclarations, à travers la parole et l'action de son Président Ahmadinajed, Morris croit savoir – et il joue ici davantage au journaliste renseigné qu'il a été avant d'entrer dans les cercles universitaires – qu'Israël prendra les devants d'un potentiel conflit militaire provoqué par Téhéran: « Israël attaquera presque certainement l'Iran (...) » et ce sera dans les 4 ou 7 mois à venir. Probablement « entre le 5 novembre et le 19 janvier ». Si l'Etat hébreu ne le fait pas, « Ils [les Iraniens] utiliseront n'importe laquelle des bombes qu'ils ont fabriqué ». Et pour Morris il ne fait aucun doute que « 4 ou 5 tirs suffiront pour qu'il n'y ait plus d'Israël ». Nous ne sommes plus dans la simple idée que « Israël, croit que son existence est en péril et c'est un sentiment partagé par la majorité des Israéliens ».
L'état d'esprit apocalyptique et les visées messianiques de l'historien, devenu homme, ne sont pas nouvelles. Mais il va toujours plus loin à chaque déclaration. En annonçant de manière de plus en plus régulière la destruction prochaine d'Israël, il sort de son cadre de scientifique. Bien entendu, la réalité peut parfois rejoindre la fiction mais de là à dire que « un million ou plus d' Israéliens mourront immédiatement dans le grand Tel-Aviv, Haïfa et la région de Jérusalem », nous sommes dans le scénario catastrophe. Nous ne pouvons que souhaiter pour le Proche-Orient et pour le monde, que Morris ne dispose pas des mêmes talents pour prédire l'avenir que pour retracer le passé. Espérons-le.
Notes
« Le second holocauste ne ressemblera pas au premier » Benny Morris.
Pour la promotion de son dernier ouvrage, Benny Morris a récidivé à l'égard du monde musulman. En 2007, sur son attitude ambiguë, il nous déclarait « Il est vrai que je me suis beaucoup radicalisé depuis l'échec des négociations de Camp David en 2000. Mais je sais, contrairement à ce que l'on m'a reproché à ce propos, toujours séparer mon travail d'historien et mes propres positions. Je pense faire un travail honnête d'historien mais là, l'actualité nous a tous rattrapé. » Ou bien encore: « Je suis un juif sioniste et je ne suis pas des leurs. Pourquoi des Juifs devraient-ils avoir des amis arabes? (rires) »22
1948 était son premier livre depuis ses déclarations fracassantes récurrentes depuis 2004. Dans deux articles, l'un de juillet 2007 au quotidien allemand Die Welt23, l'autre dans le New York Times du 18 juillet 200824, l'historien envisage clairement et rapidement un nouveau conflit dans les mois à venir25. Dans le premier paru l'année dernière, Morris annonçait la destruction prochaine potentielle d'Israël par l'Iran. Nous étions alors dans la théorie et la projection. Cette année, Morris revient encore plus fort.
Persuadé que l'Iran ira jusqu'au bout de ses déclarations, à travers la parole et l'action de son Président Ahmadinajed, Morris croit savoir – et il joue ici davantage au journaliste renseigné qu'il a été avant d'entrer dans les cercles universitaires – qu'Israël prendra les devants d'un potentiel conflit militaire provoqué par Téhéran: « Israël attaquera presque certainement l'Iran (...) » et ce sera dans les 4 ou 7 mois à venir. Probablement « entre le 5 novembre et le 19 janvier ». Si l'Etat hébreu ne le fait pas, « Ils [les Iraniens] utiliseront n'importe laquelle des bombes qu'ils ont fabriqué ». Et pour Morris il ne fait aucun doute que « 4 ou 5 tirs suffiront pour qu'il n'y ait plus d'Israël ». Nous ne sommes plus dans la simple idée que « Israël, croit que son existence est en péril et c'est un sentiment partagé par la majorité des Israéliens ».
L'état d'esprit apocalyptique et les visées messianiques de l'historien, devenu homme, ne sont pas nouvelles. Mais il va toujours plus loin à chaque déclaration. En annonçant de manière de plus en plus régulière la destruction prochaine d'Israël, il sort de son cadre de scientifique. Bien entendu, la réalité peut parfois rejoindre la fiction mais de là à dire que « un million ou plus d' Israéliens mourront immédiatement dans le grand Tel-Aviv, Haïfa et la région de Jérusalem », nous sommes dans le scénario catastrophe. Nous ne pouvons que souhaiter pour le Proche-Orient et pour le monde, que Morris ne dispose pas des mêmes talents pour prédire l'avenir que pour retracer le passé. Espérons-le.
Notes
1Après la parution par l'auteur de l'article « Docteur Benny Mister Morris » dans « Israël l'enfermement », Confluences Méditerranée n°54, Paris, été 2005.
2Auteur de « Le Mur de fer », Buchet-Chastel, Paris, 2008. Entretien privé.
3Cambridge University Press, Cambridge, 1987.
4 Les principaux ouvrages des nouveaux historiens sont ceux de Benny Morris: The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949, Cambridge University Press, Cambridge, 1987; 1948 and After. Israël and the Palestinians, Clarendon Press, Oxford, 1990 ; Victimes, histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Complexe, Bruxelles, 2003; 1948 A History of the First Arab-Israli Conflict, Yale University, Press, New Haven and London, 2008 ; Tom Seguev : 1949, The First Israelis, Free Press Mac Millan, New York Londres, 1986 ; The Seventh Million, Liana Levi, Paris, 1992 ; Simha Flapan : The Birth of Israel, Myths and Realities, Croom Helm, Londres et Sydney, 1987 ; Avi Shlaïm : Collusion Across the Jordan. King Abdullah, the Zionist Movement and the Partition of Palestine, Clarendon Press, Oxford, 1988 ; Ilan Pappé : Britain and the Arab-Israeli Conflict, 1948-1951, Mac Millan, New York, 1988 ; The Making of the Arab-Israeli Conflict, 1947-1951, I. B. Tauris, Londres et New York, 1992.
5Auteur de « Comment le peuple juif fut inventé? », Fayard, Paris, 2008. Entretien privé.
6Yale University Press, New Haven and London, 2008.
7Toutes les citations qui suivent sont extraites du livre de Morris. Cit. p.10
8En lien avec la renaissance politique et culturelle qui a animé l'Egypte à partir du XIXe siècle avec l'arrivée de Mohamed Ali.
9op.cit p.88
10op.cit. p.183
11op. cit. p.29
12« United Nations Special Committee on Palestine ». C'est la Commission des Nations-Unies chargée d'évaluer l'installation d'un Etat juif en Palestine.
13Lire Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, Paris, 2008.
14Menée du 2 au 30 avril 1948 en pleine guerre, elle permet la levée du blocus auquel est soumis la communauté juive de Jérusalem.
15De la lettre « D » en hébreu.
16op.cit. p.116-121, 133
17op.cit. p.120
18Unité de combat de la Hagana. Palmah en hébreu est une abréviation de l'expression « troupes de choc ».
19op.cit. p.87
20Collusion across the Jordan, King Abdullah, the Zionist Movement and the Partition of Palestine, op. cit.
21op.cit. p.419
22Entretien privé.
23« The Second holocaust will not be like the first », Die Welt, 6 janvier 2007. Consultable à l'adresse http://www.welt.de/data/2007/01/06/1165992.html
24« Using bomb to stave off war », New York Times, 18 juillet 2008. Consultable à l'adresse http://www.nytimes.com/2008/07/18/opinion/18morris.html
25Même si les tensions et les provocations n'ont jamais été aussi fortes entre les deux pays.
Plan d'une intervention donnée sur "60 ans d'histoire en Israël" à l'Ecole nationale de Magistrature le 4 septembre dernier
Séminaire de Sébastien Boussois
Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949)
Ou l’histoire du 1er conflit israélo-arabe
Paris, 4 septembre 2008
Ecole nationale de Magistrature
Plan d’intervention
Introduction : 60 ans de politique et d’histoire
Première partie : Présentation d’un courant
A. Les « nouveaux historiens », qui sont-ils ?
B. Les précurseurs aux nouveaux historiens israéliens
C. Les raisons de la naissance d’un tel courant
Seconde partie : Les thèses en présence et la remise en cause des « mythes fondateurs »
A. Première remise en cause : Une menace mortelle sur Israël en 1948 ?
B. Seconde remise en cause : La volonté de paix d’Israël au lendemain de la guerre ?
C. Troisième remise en cause : l’exode des Palestiniens ? Planification ou pas ?
D. Les résolutions de l’ONU, un vœu pieu ?
Troisième partie : Le débat actuel en Israël autour de la nouvelle histoire et de l’extension du post-sionisme
A. Camp David II et la radicalisation de la société israélienne
B. La place du post-sionisme, une influence « en accordéon »
Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949)
Ou l’histoire du 1er conflit israélo-arabe
Paris, 4 septembre 2008
Ecole nationale de Magistrature
Plan d’intervention
Introduction : 60 ans de politique et d’histoire
Première partie : Présentation d’un courant
A. Les « nouveaux historiens », qui sont-ils ?
B. Les précurseurs aux nouveaux historiens israéliens
C. Les raisons de la naissance d’un tel courant
Seconde partie : Les thèses en présence et la remise en cause des « mythes fondateurs »
A. Première remise en cause : Une menace mortelle sur Israël en 1948 ?
B. Seconde remise en cause : La volonté de paix d’Israël au lendemain de la guerre ?
C. Troisième remise en cause : l’exode des Palestiniens ? Planification ou pas ?
D. Les résolutions de l’ONU, un vœu pieu ?
Troisième partie : Le débat actuel en Israël autour de la nouvelle histoire et de l’extension du post-sionisme
A. Camp David II et la radicalisation de la société israélienne
B. La place du post-sionisme, une influence « en accordéon »
PARUTION "MAXIME RODINSON, UN INTELLECTUEL DU XX EME SIECLE"
Livre disponible en librairie depuis le 4 septembre.
http://www.amazon.fr/Maxime-Rodinson-S%C3%A9bastien-Boussois/dp/2914214421/ref=sr_1_3?ie=UTF8&s=books&qid=1220959900&sr=8-3
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