vendredi 29 mars 2013

Interview sur la radio marocaine Medi 1 le 28 mars 2013


Invité du 6/9
Sébastien Boussois
Politologue, collaborateur à l'Institut d'Etudes Européennes de Bruxelles et au Centre Jacques Berque de Rabat.
La visite de Barack Obama au Proche-Orient

On n'attendait pas forcément d'avancées de cette visite de Barack Obama en Israël mais finalement, quelques petites avancées diplomatiques ont eu lieu: le réchauffement entre Akara et l'état hébreu et la reprise des versements des taxes par Israël à l'Autorité palestinienne notamment.

http://www.medi1.com/player/player.php?i=5457801

jeudi 28 mars 2013

Conférence le 19 avril à 18h au Cercle des Voyageurs: L'affaire Habib Kazdaghli, ou la Tunisie post-révolutionnaire face aux difficultés du jeu démocratique




L'affaire Habib Kazdaghli, ou la Tunisie post-révolutionnaire face aux difficultés du jeu démocratique

Rencontre avec le Doyen de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités
de l’Université de la Manouba


Vendredi 19 avril, de 18h à 19h30 au Cercle des Voyageurs (Bibliothèque)


La rencontre organisée par l’Institut MEDEA, et l’ACM (Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée) sera animée par Sébastien Boussois (Chercheur en sciences politiques associé à l’ULB et à l’Institut MEDEA)


Habib Kazdaghli, Doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l'Université de la Manouba (Tunisie) est devenu en l’espace de quelques mois un symbole de résistance politique dans la société tunisienne face à la montée des Salafistes. Il est l'objet d'un procès, reporté au 4 avril par Le tribunal de première instance de La Manouba, qui lui fait encourir une peine de cinq ans de prison, pour avoir selon la victime, giflé une jeune étudiante portant le niqab.  

En recevant Habib Kazdaghli, l'institut MEDEA reviendra sur cette affaire complexe, sur les débats qui agitent la société civile dans la Tunisie post-révolutionnaire, en pleine tentative de trouver enfin une nouvelle Constitution ; sur la question de la religion et le rôle des islamistes et des laïcs dans la reconstruction politique et sociale en Tunisie ; et sur la nécessaire préservation de l'espace académique de toute récupération politique dans un contexte plus que tendu. Pour que l'université perdure dans ses valeurs fondamentales de diffusion de la connaissance et de liberté.

http://www.lecercledesvoyageurs.com/conferences/icalrepeat.detail/2013/04/19/4827/28/laffaire-kazdaghli-ou-la-tunisie-post-revolutionnaire-face-aux-difficultes-du-jeu-democratique/



Quand ?
Vendredi 19 avril 2013, de 18h à 19h30
Où ? Cercle des Voyageurs, 18 rue des Grands-Carmes, 1000 Bruxelles.
Langue : français ; Q/A en français et anglais


Veuillez confirmer votre participation avant le vendredi 16 avril  auprès du secrétariat de l’Institut MEDEA à l’adresse medea@medea.be

Paru sur le site de l'Institut MEDEA le 28 mars 2013


28 mars 2013

LE DÉSENGAGEMENT AMÉRICAIN DE LA QUESTION ISRAÉLO-PALESTINIENNE, UNE CHANCE POUR LA RÉGION ET POUR L’EUROPE

Il y a trop peu d’occasions d’être optimiste lorsque l’on s’intéresse au Moyen-Orient. Tentons de voir la visite du Président américain au Moyen-Orient de la semaine dernière un tout petit peu différemment.
Une semaine après la première visite d’Etat, cordiale et amicale, du président américain Barack Obama, en Israël, en Palestine, et en Jordanie, le constat peut paraître de prime abord bien amer. Depuis 64 ans, nous attendons tous que la question israélo-palestinienne trouve une issue favorable avec la coexistence pacifique de deux Etats dans la région grâce à une médiation de la première puissance mondiale. Obama a apporté la semaine dernière un bien curieux message avouant son impuissance aujourd’hui à trouver une issue satisfaisante pour tous : pour certains un message de paix en renvoyant chacune des parties face à ses responsabilités, pour d’autres un message éternel de soutien inaltéré à Israël et donc à sa politique. Mais en rien, Obama n’a apporté de pierre nouvelle à l’édifice : on ne pourra guère le lui reprocher puisqu’il avait annoncé dès le début venir dans la région pour discuter et observer.
Il y avait toutefois un programme établi des urgences. La priorité fut avant tout, et ce malgré les humiliations historiques des USA face à l’intransigeance israélienne sur la colonisation des Territoires, la réconciliation avec le nouveau premier ministre Benjamin Netanyahou, chaudement propulsé à la tête de son 3ème gouvernement en 15 ans quelques jours seulement avant l’arrivée d’Obama. Les Palestiniens, avec à leur tête Mahmoud Abbas, et une partie de la communauté internationale avaient espéré un rééquilibrage des relations américaines avec les Arabes suite aux déceptions nombreuses quatre ans après le discours du Caire et surtout face aux nouvelles sanctions imposées à Ramallah après la reconnaissance de la Palestine par l’ONU en novembre 2012. Les relations entre USA et Israël avaient été détestables pendant le premier mandat d’Obama et beaucoup d’analyses pensaient, que désengagé des enjeux de sa réélection en 2012, il forcerait cette fois-ci les Israéliens à revenir à la table des négociations et à enfin arrêter la colonisation. Que nenni. Les résultats des élections israéliennes en janvier dernier donnaient largement vainqueurs une majorité de défenseurs de la poursuite de la construction des implantations et à la continuité du travail de déstructuration de ce qui devait être un Etat palestinien viable. Comme si les colons avaient gagné dans ce pays. La visite d’Obama annoncée peu après ne laissait donc pas beaucoup d’espoir. Et les priorités initiales restèrent les priorités finales : réchauffement des relations, question de l’Iran et de la Syrie. Rien de neuf sur le dossier israélo-palestinien.
Pourtant, à peine Obama parti, on apprenait l’annonce officielle des excuses d’Israël à la Turquie, demande d’Ankara restée lettre morte depuis trois ans suite à l’affaire tragique de la flottille à Gaza et à l’arraisonnement du Navi Marmara. Depuis 2010, les relations s’étaient largement dégradées entre les deux anciens alliés stratégiques de la région mais la crise syrienne, néfaste pour les deux pays, semble les avoir finalement rapproché. On a appris aussi cette semaine qu’Israël reprenait le transfert intégral du reversement des taxes à l’Autorité palestinienne qu’il avait bloqué en novembre dernier pour « punir » Mahmoud Abbas. C’est bien là la preuve qu’Israël qui gère la « situation » avec les Palestiniens depuis des années, préfère le statu quo aux avancées. Surtout dans le contexte régional mouvant actuel. L’impasse n’est finalement pas si mal.
Il se pourrait donc qu’Obama ait provoqué un léger mouvement de rééquilibrage entre les deux parties lors de sa venue. Cela s’apparente un peu à un lot de consolation pour les parties, car le Président américain sait bien qu’il ne pourra aller plus loin et faire plier le gouvernement israélien sur l’Etat palestinien. La réconciliation israélo-turque surprise peut remettre le curseur sur le régional et favoriser l’émergence d’un nouveau médiateur en local. C’est a priori une chance unique pour les deux poids lourds régionaux que sont l’Egypte de Mohamed Morsi, déjà coresponsable avec l’ancienne Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton de la trêve de décembre dernier avec le Hamas, et la Turquie de nouveau « en paix » avec Israël afin de faire bouger les lignes : seuls deux pays musulmans en paix avec Israël peuvent être des moteurs dans la région d’une résolution de la question israélo-palestinienne. Il reste bien l’Union européenne pour tenter de profiter du vide provoqué par la quasi démission des Américains. Mais une fois encore, la seule solution n’est-elle pas une résolution locale, en local, avec les acteurs régionaux concernés sans intervention extérieure ? Et si pour une fois la première puissance mondiale avait tiré les leçons de ses échecs passés depuis dix ans au Moyen-Orient, et surtout pris conscience des dangers de l’ingérence et des interventions extérieures ? C’est en tout cas l’occasion pour la région de tenter de redevenir maître de son destin, au moins sur ce dossier.

dimanche 24 mars 2013

Suite de l'émission "Géopolitique" sur rfi


 
SAMEDI 23 MARS 2013
2 - L'or bleu au Proche-Orient
Getty/Oleksiy Maksymenko
Par Marie-France Chatin
A l’occasion de la Journée internationale de l’eau… Regard sur la question de l’or bleu au Proche-Orient, une région parmi les plus arides de la planète. Comment la situation de la géopolitique de l’eau évolue-t-elle au Proche-Orient ? Comment est-elle impactée par les révolutions dans la région ?
Invités :
Sébastien Boussois, chercheur en Sciences politiques associé à l’ULB et à l’Institut Médéa de Bruxelles. « Sauver la Mer Morte » éd. Armand Colin
Pierre Berthelot, membre de l’Académie de l’Eau et chercheur associé à l’Institut Prospective et Sécurité en Europe. « Le Jourdain entre guerre et paix » Presses Universitaires de Bordeaux.
Pierre Blanc, enseignant chercheur au Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes. Rédacteur en Chef de la revue Confluences Méditerranée. «Proche-Orient : le Pouvoir, la Terre et l’Eau », Presses de Sciences Po.

Sur RFI le 24 mars 2013 "L'or bleu au Proche-Orient"


 
SAMEDI 23 MARS 2013
1 - L'or bleu au Proche-Orient
Par Marie-France Chatin
A l’occasion de la Journée internationale de l’eau… Regard sur la question de l’or bleu au Proche-Orient, une région parmi les plus arides de la planète. Comment la situation de la géopolitique de l’eau évolue-t-elle au Proche-Orient ? Comment est-elle impactée par les révolutions dans la région ?
Invités :
Sébastien Boussois, chercheur en Sciences politiques associé à l’ULB et à l’Institut Médéa de Bruxelles. « Sauver la Mer Morte » éd. Armand Colin
Pierre Berthelot, membre de l’Académie de l’Eau et chercheur associé à l’Institut Prospective et Sécurité en Europe. « Le Jourdain entre guerre et paix » Presses Universitaires de Bordeaux.
- Pierre Blanc, enseignant chercheur au Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes. Rédacteur en Chef de la revue Confluences Méditerranée. «Proche-Orient : le Pouvoir, la Terre et l’Eau », Presses de Sciences Po.

mercredi 20 mars 2013

Paru sur Atlantico le 20 mars 2013 "Le président américain Barack Obama effectue sa première visite de chef d''État en Israël"


Le président américain Barack Obama effectue sa première visite de chef d''État en Israël. Un déplacement inédit qui ne déchaîne pourtant pas les passions, et qui laisse de nombreuses questions en suspens.
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 Crédit Reuters

Atlantico : Barack Obama effectue son premier voyage en Israël depuis son accession à la présidence américaine. Comment interpréter ce déplacement de celui que les Israéliens accusaient d'être trop "pro-arabe" ?

Sébastien Boussois : A plus de 60%, les Israéliens ont toujours une opinion très négative de Barack Hussein Obama, prix Nobel de la paix 2009 et la majorité ne lui fait donc pas confiance. En réalité, il y a plusieurs raisons à cela, et pas seulement le discours du Caire en 2009 qui se révélait prometteur pour les pays arabes et pour le rapprochement entre le Moyen-Orient et la vieille Amérique. Malheureusement, le contexte régional tout comme l’indéfectible appui américain à Israël en définitive n’y a rien changé. Il y a depuis quatre ans, et ce à différentes phases du mandat d’Obama, eu des pics de tension et une incompréhension entre Netanyahou et  Obama qui ne s’apprécient pas plus que Sarkozy et le premier ministre israélien d’ailleurs. Faut il rappeler l’humiliation d’Obama qui se vit recevoir une fin de non recevoir au moratoire sur le gel de la colonisation dans les territoires et à Jérusalem-est en 2010 par Bibi et la honte infligée à Joe Biden, le vice président américain qui s’était vu recevoir des promesses vaines puisque le lendemain de son départ, le gouvernement donnait son accord pour la construction de nouvelles implantations en 2010. Nous savions tous que Obama ne pourrait rien faire lors de son premier mandat, et nous avons tous espéré un rééquilibrage des rapports de forces entre les deux personnalités, maintenant que le Président américain est dégagé d’une potentielle nouvelle réélection.
Il n’en est rien à l’heure actuelle et comme avait dit Georges Bush junior "J’ai des millions d’électeurs juifs, en ai je autant d’arabes ?". Tout est dit sur les choix stratégiques américains. Obama après la méthode forte va tenter la méthode douce, mais il a affirmé depuis un mois venir pour une "visite officielle de courtoisie" et ce sans plan de relance des négociations. Symbole de son parcours : il ira à Jérusalem, Ramallah et Amman. Rien de spécial n’est prévu à Tel Aviv mais peut être aurait il pu réaffirmer un minimum de ses convictions, et notamment celle qui veut que comme toute la communauté internationale quasiment qui la soutient, la capitale de l’État d’Israël soit là et non pas à Jérusalem où il profitera pourtant de toutes les institutions nationales. Ce qui est contesté depuis des décennies bien entendu par les Palestiniens. Cela aurait pu être un geste fort.Au lieu de cela, Obama va être baladé comme dans un voyage organisé. Par ailleurs, après le départ de la charismatique secrétaire d’Etat Hillary Clinton, qui a parcouru la région pendant quatre ans et le plus flegmatique et discret John Kerry à sa succession, et face à l'Égypte des Frères musulmans, Obama a la possibilité de reprendre la main sur les grands dossiers qui l’interpellent comme Bibi : l’Iran, la Syrie, et en dernier lieu la question palestinienne. La question est cella là : dans la transformation régionale unique que connaît le Moyen-Orient, le meilleur médiateur des grandes crises sera-t-il encore international ou redeviendra-t-il régional ? Et à ce sujet, les appétits sont aiguisés : l’Égypte et la Turquie notamment.  

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Première

Publié le 20 mars 2013
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Le conflit israélo-palestinien n'occupe plus une place centrale dans la politique étrangère américaine, Obama se rend d'ailleurs en Israël sans plan de paix. Qui ce conflit intéresse-t-il encore ?

Sébastien Boussois : Avec une note d’humour, je dirai moi. Je dirai surtout beaucoup d’intellectuels, analyses, chercheurs qui sont persuadés que la résolution de cette question signifiera peut être enfin la compréhension de deux mondes : l’Orient et l’Occident, le Nord et le Sud, et en aval les Juifs et les Musulmans. On est aujourd’hui dans l’impasse car les tendances politiques en action sont aux extrêmes dans un contexte régional instable et totalement transformé : le gouvernement d’Israël nouvelle mouture est celui des colons, nationalistes, et religieux, fervents défenseurs du grand Israël et prêt à en finir avec la moindre concession avec les Arabes ; côté palestinien, le Fatah mortifère reste confronté à la véhémence et la popularité encore certaine du Hamas depuis la guerre de Gaza en 2012 ; tout cela dans un contexte islamisant dans la région où il vaut mieux du coup, comme le prônent les Israéliens, préférer le statu quo et la gestion de la "situation" en bon père de famille, plutôt que de tout faire exploser et ce forcément en défaveur d’Israël qui tient à son intégrité, à sa sécurité et à ses acquis territoriaux. Ils s’en satisfont très bien aujourd’hui : mur, blocus, non relance des négociations, et sécurité maximale.

Quelles conséquences cela peut-il avoir sur l'attitude d'Israël dans la région et sur la politique menée ?

Une politique cohérente et radicale : éliminer tout risque pour la sécurité d’Israël. La visite d’Obama se focalisera sur deux points majeurs : l’Iran, éternel marronnier, et la Syrie en pleine guerre civile. Deux pays sont en paix avec Israël : l’Égypte et la Jordanie et le "risque" islamiste gronde. Netanyahou a donc les coudées franches pour renforcer son cabinet à la défense, augmenter le budget à la défense, couper la Palestine en deux avec le projet à Male Adoumim à proximité de Jérusalem afin de mettre un terme à toute velléité palestinienne d’avoir enfin un vrai État considéré comme un nouveau danger pour Tel Aviv, renforcer le dôme d’acier qu’Obama va découvrir à sa descente d’avion demain, monté à l’aéroport Ben Gourion pour l’occasion. Je finirai sur les propos du président Perès il y’a un mois qui invitait tout le pays, à commencer par le gouvernement, à réfléchir et peut être réinventer sa politique étrangère, en soulignant le fait que face à un milliard et demi de musulmans, la force et l’intransigeance n’étaient peut être pas les outils les plus adaptés pour la dialogue auquel tient tant Obama.


http://www.atlantico.fr/decryptage/obama-en-israel-quelqu-interesse-t-encore-au-conflit-israelo-palestinien-sebastien-boussois-thomas-snegaroff-674592.html#sG8BwmRGctUy6m1B.99