vendredi 7 août 2015

mercredi 1 juillet 2015

Dernier article paru "Guerre des crimes, le Hamas en ligne de mire", Le Courrier du Maghreb et de L'Orient

http://lecourrierdumaghrebetdelorient.info/palestinian-territories/palestine-guerre-des-crimes-le-hamas-en-ligne-de-mire/

lundi 18 mai 2015

Une année de production et d'interventions



OUVRAGES 2014 

-  Sébastien BOUSSOIS, Gaza l’impasse historique, éditions du Cygne,  Paris, 2014. 60 PAGES
- Sébastien BOUSSOIS, Israël entre quatre murs le complexe de sécurité face aux Printemps arabes, éditions du GRIP, Bruxelles, 2014. 100 PAGES
- Sébastien BOUSSOIS (sous la dir.), Bilan géopolitique institut MEDEA 2014, éditions du Cygne, Paris, 2014. 




TEXTES DE CONFERENCES, ARTICLES RECENTS 2014 ET INTERVIEWS


- Conferences et interventions

- « Intégration méditerranéenne et désintégration de la question israélo-palestinienne, vingt ans après le processus de Barcelone », Assemblée des Citoyens de la Méditerranée, Villa Méditerranée, novembre 2014.
- "Les relations euroméditerranéennes et la question israélo-palestinienne, Ligue des Etats arabes, rapport de Tunis, 2014
- "L'UPM, l'impossible union institutionnelle des peuples méditerranéens", Ligue des Etats arabes, rapport de Tunis, 2014.
-« Israël  et sa politique sécuritaire face aux bouleversements régionaux », colloque annuel OMAN, février 2015.

-« La politique sécuritaire d’Israël dans l’impasse et l’impossibilité de l’Etat palestinien », CNRS CJB Rabat, et ACM Oran, avril 2015.


- Articles

- « Netanyahou 4, l’enfer du décor », Le Courrier du Maghreb et de l’Orient, mars 2015
-« Israeli elections dominated by Defence and security,” 9 mars 2015 sur le site www.formena.org
-“ A Pharaonic project around the Suez canal for 2015, a chance for Egyptian economic crisis”, 6 février 2015 sur le site www.formena.org
- « Theocratisation du conflit israelo-palestinien, une prophétie auto-réalisée avec le sionisme religieux », Institut MEDEA, novembre 2014.
- « Le Hamas surfe sur son succès d'image de mouvement de résistance », Institut MEDEA, octobre 2014.
- « Bataille perdue de l'Orient et de l'Occident, guerre perdue pour l'homme ? », Institut MEDEA, septembre 2014.
-« Gush Etzion, symbole historique de la colonisation », Institut MEDEA, juillet 2014.
- « Ceuta et Melilla, porte d’entrée de l’Europe », Institut MEDEA, juin 2014.
- « L’intégration politique, stratégique et régionale de la mer Morte: l’enjeu du Canal mer Rouge mer Morte pour la paix au Proche-Orient », Journal européen d’hydrologie, mai 2014.
- « Israéliens et Palestiniens dans un statu quo idéal pour Israël », Institut MEDEA, mai 2014
- 09/09/2014
« Pourquoi le Hamas ne veut pas rendre les clés de Gaza à Mahmoud Abbas »
-19/11/2014
« Cinquième rencontre de l’ACM à Marseille : Pour la construction d’une communauté des peuples méditerranéens »
-27/10/2014
« Un grand colloque sur les villes arabes à la Mairie de Paris »
-11 /09/2014
« Rien, sinon une défaite, n’est aussi mélancolique qu’une victoire 1 ; leçons de 50 jours de guerre à Gaza »
-17/01/2014
« Le chant du Cygne du « Bulldozer » israélien : portée et symbole de la mort d’Ariel Sharon »


-Interviews


-Sébastien Boussois a été interviewé hier par Le Vif : « Israël ne gagne plus une guerre ». Auteur de Israël entre quatre murs, Sébastien Boussois décrypte l’opération Bordure protectrice de l’été 2014 à Gaza. Le conflit israélo-palestinien « est dans une impasse historique ».

– Sébastien Boussois a présenté son ouvrage « Israël entre quatre murs. La politique sécuritaire dans l’impasse » (ed. GRIP) lors d’un entretien avec l’Institut IRIS.

–  Concernant le conflit israélo-palestinien « il faut remettre au cœur du débat la question du droit internationale ». Sébastien Boussois est intervenu dans l’édition de 9h de mercredi 19 novembre sur Radio Arabel.

-  Après sept décennies de conflit, quelle marge de manoeuvre reste-t-il pour apporter la paix entre Israéliens et Palestiniens ? Le  14 octobre JOL Press a interviewé Sébastien Boussois sur les pourparlers entre les deux peuples et sur la conférence du Caire pour la reconstruction de Gaza.

- Le 13 octobre Sébastien Boussois a analysé la politique sécuritaire israélienne sur Affaires Stratégiques. D’après lui, au-delà des pertes considérables du côté palestinien, mais également symbolique du côté israélien, chacun a tenté un temps de s’approprier la victoire d’une guerre de 50 jours qui n’a mené à presque rien.

– Entretien avec Sébastien Boussois du 9 septembre, par JOL Press, sur les tensions politiques entre Mahmoud Abbas et le Hamas. D’après lui, « le clivage entre le Hamas et le Fatah, malgré une réconciliation de façade, est en train de se creuser ».

– Le 1er septembre Sébastien Boussois a été interviewé par RFI sur la politique de colonisation israélienne en Cisjordanie et sur ses conséquences sur les instables négociations entre israéliens et palestiniens.


– Sébastien Boussois a analysé le cessez-le- feu conclu le 26 août entre l’armée israélienne et le Hamas pour Le Point le 28 août 2014. Selon lui, le mouvement islamiste sort totalement vainqueur de ce conflit.

– Sébastien Boussois a été interviewé par l’Humanité, le 25 août 2014, sur le conflit à Gaza et sur le néologisme, « jeunocide » qu’il a inventé, signifiant que les enfants sont les principales victimes de cette guerre.

– Le 26 juillet 2014, JOL Press s’est entretenu avec Sébastien Boussois. Il a été question de la possible contagion à la Cisjordanie du conflit actuel entre Israël et Gaza.

– Sébastien Boussois a donné une interview à TSF Jazz, diffusée les 21 et 22 juillet, sur la crédibilité des médiateurs dans le conflit israélo-palestinien: partie 1 partie 2

– Sébastien Boussois a commenté les débordements lors des manifestions pour Gaza en France, sur Le Monde, le 22 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a décrypté les récentes manifestations pro-Gaza qui ont secoué la France ces derniers jours, pour FranceTvInfo, le 21 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a commenté la possible intervention terrestre de l’armée israélienne à Gaza, pour Medi1 Radio, le 13 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a donné une interview sur les frappes israéliennes sur Gaza, au journal La Libre Belgique, le 08 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a commenté l’élection du nouveau président israélien, Réouven Rivlin, sur Europe 1, le 10 juin 2014.

– Sébastien Boussois est intervenu sur la situation des réfugiés syriens en Jordanie, dans le cadre du voyage du Pape en « Terre Sainte », sur Radio Vatican, le 21 mai 2014.

– Sébastien Boussois analyse l’enjeu du canal mer Rouge-mer Morte pour la paix au Proche-Orient. La version papier de l’article sortira en juin et sera disponible sur le site.

– Sébastien Boussois est intervenu sur « les étendues d’eau en voie de disparition : la mer Morte » dans l’émission « Culturesmonde » de France Culture, le 29 avril 2014.
-« Israel  ne gagne plus une guerre », Interview dans le Vif l’Express, 2 janvier 2015.
-Interview dans « L’acteur en direct », RTBF, 18 mars 2015 sur les élections israéliennes et le résultat du scrutin du 17 mars

-Interview Phenix TV, télévision privée chinoise, 20 mars 2015 sur les élections israéliennes

-Interview Radio Vatican, 17 mars 2015 sur les élections israéliennes


-Interview dans Métro Canada, 17 mars 2015

mercredi 1 avril 2015

PROGRAMME DE CONFERENCES MOYEN-ORIENT SUR DEMANDE

INFORMATIONS

Tarifs : sur demande selon le format (1h, 2 h)
Prise en charge des déplacements par l’organisateur
Accessible à tout public à destination des organisations privées, associations, Ecoles, clubs et cercles divers.
Contact: boussois@yahoo.fr

Moyen-Orient


Questions politiques
-La question israélo-palestinienne dans l’impasse ?
-La place des Etats-Unis dans le Moyen-Orient
-Les nouveaux pôles de leadership dans la région : grands et petits acteurs
-Israël au milieu des bouleversements géopolitiques régionaux
-Les intellectuels en France et la question israélo-palestinienne
-L’histoire en Israël et l’impact sur la société israélienne
-Rôle des groupes d’influence pro-israélien et arabe à l’Union européenne
-Le rôle et les connections locales et régionales des organisations de défense des intérêts israélien et arabe
-Le Qatar, modèle de diversification des pays à économie de rente ?
-le GCC, un acteur mondial

            Sociétés
-Les croisades vues par les historiens arabes
-La Nakba vue par les historiens palestiniens
-L'histoire et la réécriture de l'histoire en Israël et l'impact sur la société israélienne

Sociétés
-Le rôle des diasporas dans la région
-Radicalisation du politique et retour du religieux
-Un point sur l’évolution sunnisme/chiisme et des points de tension
-Les grands piliers du monde arabe dans la tourmente


Investissement et sécurité
-Stabilité ou instabilité de la Palestine pour l’investissement ?
-Leviathan au cœur des défis énergétiques libano-israélien
-Systèmes de protection anti-missiles dans la région
-Quel équilibre nucléaire régional ?
-Perspectives des sociétés d’armement françaises dans la région
-Les enjeux énergétiques dans le bassin du Levant
-Liban : risque-pays de déstabilisation pour la région
-Prospective politique en Egypte : situation pour le tourisme et l’investissement étranger
-L’investissement du Qatar dans le monde
-La véritable présence américaine à l’heure des bouleversements régionaux

Démocraties et transitions politiques
-Trois ans de révoltes arabes : succès et échecs
-Du Maroc à la Jordanie, état des lieux d’une région en effervescence
-Maroc et Jordanie, des cas socio-politiques à part
-Leaderships en perte de vitesse et en hausse dans la région

L’eau au Moyen-Orient
-L’eau au Moyen-Orient, un viatique vers la paix
-Les maîtres du Château d’eau régional
-Sauver la mer Morte un enjeu pour la paix au Proche-Orient ?



jeudi 26 mars 2015

Diffusé sur Phenix TV, télévision privée chinoise

http://v.ifeng.com/news/world/201503/019445aa-3060-4663-ba43-d56555aabc59.shtml


Paru dans le Courrier du Maghreb et de l'Orient


ISRAËL – Netanyahou IV : l’enfer du décor !

L’enfer du décor d’une victoire prévisible et cohérente de la part des Israéliens. Les élections israéliennes du 17 mars dernier ne devaient pas être des élections surprise. Sondages et spécialistes confirmaient la fin de Netanyahou depuis plusieurs jours. L’issue du scrutin devait en réalité selon les derniers sondages -et après une campagne particulièrement violente et agitée- conforter la liste de centre gauche du camp sioniste, le tandem Herzog-Livni, à la succession de l’inoxydable Benjamin Netanyahou. Intellectuels, politiques de tous bords à l’étranger, chercheurs mêmes, se prenaient à envisager un renouvellement politique à la tête de l’État hébreu. Ils croyaient à un retour de la « gauche ». En réalité, un certain nombre de spécialistes résista à l’appel d’air médiatique. Nous en étions. Et les israéliens furent près de 72% à se déplacer pour ce scrutin, un record historique. La vraie surprise.
C’était bien mal connaître l’histoire récente d’Israël, bien mal connaître l’électorat israélien, bien mal connaître le champ politique de l’État hébreu, et méconnaître encore plus Netanyahou que tout le monde pensait à terre, que de croire au retour de la gauche et du centre-gauche.
Depuis quinze ans, la droite et l’extrême droite s’enracinent, la colonisation des territoires et l’obsession sécuritaire également, dans un contexte régional incertain favorable à la droite, au nationalisme et au sionisme religieux. C’est légitime puisque la région est inquiétante. Même si Sharon avait évolué sur la fin de sa carrière politique, restant l’homme de combats et de guerre qu’il avait pourtant été depuis la guerre d’indépendance, peut-on en attendre de même de « Bibi » [ndlr : Benjamin Netanyahou] ? Est-ce seulement possible si l’on croit encore à l’adage que pour préparer la paix il faut préparer la guerre ? C’est bien évidement peu probable qu’il se mette à faire des concessions. La seule fois où il l’a fait, en 1999, il a perdu son poste.
La gauche israélienne historique est responsable de la fin programmée de l’État palestinien depuis le 29 novembre 1947 et de l’expulsion des Palestiniens entre 1947 et 1949, même si l’Irgoun et le Stern y ont largement contribué sur le terrain, nœud gordien de l’affaire ; mais également de la guerre des Six jours et de l’enracinement idéologique de la colonisation des territoires palestiniens au nom de la sécurité jusqu’à l’arrivée de la droite en 1977 et au-delà.
Faut-il rappeler que la colonisation n’a jamais cessé depuis quarante-huit ans ? Et de manière intensive y compris du temps d’Ehud Barak succédant à Netanyahou en 1999 avant de le rallier en ministre de la Défense de 2007 à 2013 et artisan des guerres à Gaza depuis 2008.
La fuite en avant de la politique israélienne jusqu’au-boutiste de Netanyahou isole un peu plus Israël du reste du monde et rend impossible toute chance de réalisation effective d’un État palestinien, probablement pourtant première source de sécurité pour l’État hébreu.

Le Likoud, symbole de l’unité du pays contre Amalek
Il y’a des degrés de radicalité dans les différents partis politiques de droite, nationaliste, sioniste religieux et messianiques en Israël. Mais celui qui, à droite aujourd’hui, -et de longue date- fédère le plus les Israéliens « de droite » et reste le plus grand parti de gouvernement, c’est bien le Likoud.
Contrairement à d’autres comme Kadima, parti de droite, qui finit par rallier la gauche en 2006, le Likoud reste le meilleur garant de l’unité de l’électorat de droite décomplexé. À part en 1999 (19) et en 2006 (12), le parti actuel de Netanyahou, depuis 1973, est rarement descendu en dessous de la vingtaine ou trentaine de sièges à la Knesset. La fourchette varie : 39 en 1973, 48 en 1981, 32 en 1996 (Netanyahou devient chef de file du parti puis premier ministre), 38 en 2003, 27 en 2009, 20 en 2013 (il reste pourtant premier ministre), et 30 en 2015. Cela signifie bien que la cohérence du Likoud dans sa politique est un repère fondamental pour les Israéliens. La ligne est la même : sécurité, sécurité et… sécurité.
Cette dernière passe par la colonisation des territoires, le refus d’un État palestinien, le déclenchement de guerres préventives dévastatrices pour l’ennemi et pour l’économie du pays, la gestion économique et sociale du pays passant au second plan. Le Likoud n’a de cesse de vouloir défendre le pays contre de nombreux ennemis qui ne changent pas, quelle que soit la conjoncture : l’Iran qui pourtant revient dans le concert des nations, le Hezbollah, le Hamas, et récemment Daesh à l’arrière-plan alors qu’il est la menace numéro un pour toute la communauté internationale. Depuis son arrivée au pouvoir, Netanyahou a très rarement changé de position sur les dossiers clés qui touchent en priorité les Israéliens : pas plus d’ailleurs dans la résolution de la crise économique et sociale, que sur les questions de défense, de lutte radicale contre les ennemis, qu’en ce qui concerne l’État palestinien.
Les actes diffèrent pourtant des mots sur ce dernier dossier : dans son discours de Bar Ilan en 2009, Netanyahou soutenait la solution à deux États. Aujourd’hui, il n’y croit plus et en a fait un argument imparable de fin de campagne législative. Au fond de lui, il n’a jamais été pour. C’est cela la cohérence d’un homme, d’un parti, qui finit toujours par rassurer les Israéliens.
« S’il est réélu, Benjamin Netanyahou poursuivra la réalisation de son grand projet. Transformer ce qui est l’essence de l’esprit d’Israël. Ce n’est pas tout. Dans ses dernières déclarations, le premier ministre sortant répète qu’il ne fera plus de concessions aux Palestiniens, et que, pour lui, la solution à deux États n’est plus possible. », expliquait Charles Enderlin sur son blog, dans « L’enjeu : l’avenir d’Israël ».

Une « opposition » incohérente, déstructurée, et jetable
La liste du camp sioniste d’Isaac Herzog, fils de l’ancien président israélien Chaïm Herzog, et de Tsipi Livni, transfuge régulier de droite à gauche, a pourtant fait un score plus qu’honorable, mais pas suffisant pour remporter la victoire. Avec 24 sièges, l’Union sioniste, parti nouvellement créé, relève de ces constructions politiques propres à Israël pour tenter de gagner un scrutin.
Yech Atid, parti de centre gauche de l’ancien journaliste et ministre de l’Économie et des Finances Yair Lapid, débarqué en 2014 comme Tsipi Livni, et responsable des élections anticipées pour reconstituer une coalition forte, avait émergé en 2013 de nulle part. Il se maintient à l’issue du scrutin de 2015 à 11 sièges mais refuse de joindre la future coalition emmenée par Netanyahou.
Au-delà de la surprise de la liste arabe unie sur laquelle nous reviendrons, l’opposition de centre gauche n’est plus crédible depuis longtemps en Israël. Elle l’est encore moins depuis que la droite israélienne l’a rendue responsable d’avoir cru en Oslo, d’avoir cru en une paix possible avec les Palestiniens à l’issue de l’échec des négociations de Camp David II. Lorsque l’on regarde l’histoire des travaillistes depuis dix ans, on voit bien que le parti est éclaté et en déshérence, que ses anciens dirigeants comme Barak se sont radicalisés vers la droite et ont fondé leur propre parti aujourd’hui disparu Hatzmaout, que l’idéologie dominante des travaillistes fondateurs de l’État n’est plus en vogue, que la gauche a disparu dans le trou noir. En 2013, le parti travailliste n’obtenait que 15 sièges, alors que Yech Atid, de centre gauche, décrochait 19 sièges et s’empressait de faire alliance avec Maison Juive avant de rejoindre le gouvernement de Netanyahou ; le parti travailliste obtenait 13 sièges en 2009 et Kadima, alors devenu de centre gauche, décrochait 29 sièges, se positionnant largement devant le Likoud ; puis les travaillistes obtinrent 19 sièges en 2006, face à leur principal adversaire… qui était devenu entre temps Kadima, qui, lui, décrochait 29 sièges, laissant le Likoud loin derrière, avec 12 sièges.
C’est à n’y rien comprendre de la « gauche ».
Quant aux Arabes d’Israël, sous la bannière de la Liste arabe unifiée, ils ont obtenu cette année un score historique, puisqu’avec 14 sièges à la Knesset, ils se hissent en haut du podium, faisant de ce parti la troisième force politique, faiseur de roi avec Kulanu, le parti du transfuge du Likoud, Moshe Kahlon. Ayman Odeh, le leader de la Liste arabe unifiée, avait promis pendant la campagne, qu’il ne ferait alliance ni avec Netanyahou ni avec Herzog, mais qu’il comptait bien se présenter plutôt comme la première puissance d’opposition. Affaire à suivre.

La seule politique cohérente et continue vient de droite
On demanderait donc à la gauche israélienne qui a perdu son identité -et qui porte un passé noir à l’égard des Palestiniens pour avoir été au pouvoir pendant toute la construction de l’État d’Israël, de 1948 à 1977, et pour avoir contribué directement ou indirectement à l’effondrement de certains beaux principes humanistes du sionisme (homme neuf, pays neuf, kibboutzim, société égalitaire, etc.)- de résoudre la crise numéro un en Israël depuis sa naissance.
La gauche porte ce péché originel comme une tache indélébile dans son histoire. C’est pour cela qu’espérant échapper aux critiques et à son impuissance du temps de sa gestion des affaires, elle a tenté cette année de se présenter comme une union « sioniste ». Or, le sionisme a évolué depuis sa création. Censé être « laïc », le sionisme est devenu, en l’espace d’un siècle, nationaliste et religieux.
On peut assister à une large « théocratisation » en Israël, que ce soit dans le champ politique, dans l’armée ou dans la population. Cette invasion du religieux joue bien sûr en faveur de la droite de Netanyahou et surtout de ses alliés « traditionnels » : Shas, Judaïsme unifié de la Torah, Israel Beitenou, Maison juive. Parce que l’émergence du Bloc de la foi, avec l’arrivée de la droite israélienne au pouvoir dès 1977, a permis progressivement d’unifier défense de la sécurité et messianisme religieux dans les territoires palestiniens. L’État palestinien à ce jour, reste encore pour de larges franges de radicaux israéliens soutenant ces partis satellites d’extrême droite, la « Judée-Samarie ».
Là où l’incohérence pêche encore plus du côté de la « gauche » israélienne, c’est dans son programme des élections de 2015 : Jérusalem capitale une et indivisible d’Israël (quid de la capitale palestinienne ?) ; soutien au démantèlement des colonies sauf les gros blocs d’implantations (tel Male Adoumim, notamment, qui compromet l’État palestinien), reconnaissance d’un État palestinien mais pas sur les frontières du 5 juin 1967 et de la Ligne verte.
Il devient alors facile de comprendre que même en Israël lorsque l’on est de gauche sur ce dossier, on peut finir par voter à droite avec cohérence. La gauche mortifère dans ses idéaux originels devient schizophrène…
Il resterait un terrain sur lequel elle pourrait récupérer une partie de son électorat : le champ économique et social en crise. En effet, les Israéliens, depuis 2011, n’ont eu de cesse de dénoncer la politique de Netanyahou en la matière. Suite aux plus grosses manifestations de l’histoire du pays, le premier ministre a nommé une commission spéciale, appelée Träjtenberg, qui n’est jamais parvenue à résoudre la situation. Parce qu’il n’y a pas assez d’argent et pour la sécurité et pour l’économique et social.
Le centre gauche a bien tenté une campagne dans ce domaine, mais en dernier ressort, les Israéliens préfèrent espérer en des candidats qui leur promettent et la sécurité et la résolution de la crise. Comme il existe des candidats, aujourd’hui faiseurs de roi, comme Moshe Kahlon, avec son parti Kunalou obtenant 10 sièges à la Knesset, et ayant promis pendant toute la campagne qu’il soutiendrait, tout en restant à droite, le candidat qui mettrait en avant l’économique et le social.
Il est encore possible pour Netanyahou de faire un petit effort un temps pour concilier défense du pays et défense du niveau de vie de ses concitoyens. On peut donc à nouveau être plutôt « à droite », tout en étant adroit et avoir des candidats qui défendront des mesures dites « de gauche ». Mais à la prochaine crise interne, crise externe ou menace extérieure sérieuse, l’union nationale fera bloc derrière lui et en oubliera tout le reste.
Pour que tout change, rien ne doit changer. Netanyahou a les mains libres pour construire une coalition solide de près de 67 sièges, renvoyant travaillistes et arabes dans l’opposition, et s’allier à nouveau avec les plus radicaux des partis de droite dans le pays : ceux qui veulent comme Lieberman déclencher de nouvelles guerres contre Gaza, contre le Hezbollah ; ceux qui veulent comme Naftali Bennett sauver Israël du péril gauchiste et qui défendent la position ferme à l’égard de tous les ennemis du pays et sans repentance aucune pour quoi que ce soit tout en poursuivant la recolonisation naturelle de la Judée et de la Samarie, ceux qui veulent comme le Judaïsme unifié de la Torah reprendre le Mont du Temple aux Musulmans et revenir sur la loi de conscription désormais obligatoire pour les ultra-orthodoxes à partir de 2017.
En attendant, Israël continuera de se « bunkériser » dans l’espoir de l’avènement du Messie, de se protéger face à l’Iran, son ennemi numéro un, de progressivement s’ingérer dans certains fronts des printemps arabes comme c’est le cas du côté syrien, risquant d’embraser la situation déjà explosive, et de soutenir le statu quo sur des dossiers bien moins brûlants et qui ne sont plus l’urgence, la question palestinienne notamment.
Ce qui est une menace pour le monde l’est avant tout pour Israël. Netanyahou le confirmait récemment en précisant qu’il n’avait pas changé sa politique, mais que c’était la réalité qui changeait. Netanyahou IV ressemblera de toute évidence aux précédents.
Pour le bien du pays et son propre bien ? Le coût international de la réélection de Netanyahou est déjà lourd : l’isolement d’Israël est historique, la communauté internationale sceptique, la Grande-Bretagne prête à reconnaître la Palestine, l’Union européenne lassée, Barack Obama au bout du rouleau.
Mais les États-Unis restent encore dans leur ensemble un puissant soutien. Le dernier ?

Jusqu'à quand ?

mercredi 18 mars 2015

Reecouter Matin Première sur la RTBF suite aux élections israéliennes avec Elie barnavi et votre serviteur

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_l-acteur-en-direct-elie-barnavi-et-sebastien-boussois?id=8934023


Sur la RTBF dans Matin Première le 18 mars 2015

Israël: "Il y aura des crises dès la constitution de la coalition"



Au lendemain des élections, la situation politique d’Israël paraît plus confuse que jamais. Les sondages ont été démentis et si le centre gauche n’a pas réellement perdu, c’est clairement le Likoud qui a remporté la victoire. Mais cette victoire ne résout rien, comme l’expliquent Elie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, et Sébastien Boussois, politologue et collaborateur scientifique à l’ULB.
Pour l’ancien ambassadeur, le scrutin ne fait que confirmer le virage à droite déjà ancien de la population israélienne: «Les électeurs continuent à voter davantage pour la sécurité que pour des questions socio-économiques. Cette double tendance a été confirmée et on peut donc s’attendre à la poursuite de la politique israélienne actuelle avec, peut-être, un accent plus droitier.» L’éventuelle entrée de l’extrême droite au gouvernement plutôt que de celle des partis du centre accentuerait obligatoirement la politique de sécurité.

"Chaque élection en Israël fait réapparaître des partis cleanex"
Le politologue Sébastien Boussois tient un langage identique: «Je n’ai pas cru un quart de seconde au retour du centre- gauche. On y avait cru en 2013, mais chaque élection en Israël fait réapparaître des’ partis cleanex ‘qui disparaissent aussitôt. »
Pour Sébastien Boussois, Benjamin Netanyahu a durablement marqué la politique israélienne de son emprise et le pays se dirige vers une radicalisation. «Ce centre gauche qui a essayé d’émerger sur des questions économico-sociales a échoué alors qu’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.»

La nouvelle liste arabe unique et les petits partis de droite
L’une des surprises du scrutin de mardi est le très bon score obtenu par la liste unique créée par les partis arabes et qui a profité d’un fort taux de participation. Mais Elie Barnavi estime qu’il est trop tôt pour déterminer si cette surprise aura un impact sur la majorité à constituer. «La nouvelle coalition sera difficile car le Likoud a cannibalisé les autres partis de droite et les partis religieux. La surprise vient de là: le centre gauche a moins perdu que le Likoud n'a gagné.» Elie Barnavi ne parie pas pour autant sur le choix d’un gouvernement d’union nationale: «Il faut s’attendre à des crises de gouvernement dès la constitution de la coalition »

Les enjeux internationaux
Ce qui se déroule en Israël a toujours un impact sur les relations internationales, mais l’interprétation des enjeux diffère fondamentalement selon que l’on soit occidental ou Israélien. Pour Sébastien Boussois, la radicalisation d’Israël est claire tant en politique intérieure qu’internationale. La coalition sera plus durable avec les partis de droite et d’extrême droite. «Le fait de promettre qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien n’est une surprise pour personne. Pas plus que l’économico-social, la question palestinienne n’était pas au centre des élections.» D’où la menace de créer un Israël ‘ entre quatre murs’, entouré d’un front d’instabilité régionale, avec une forme d’ingérence comme c’est le cas en Syrie: «En politique étrangère, on assistera à une union nationale contre l’ennemi commun, l’Iran. Pour l’occident, le danger c’est Daesh, alors que pour Israël, c’est l’Iran. On assiste à une évolution schizophrénique des enjeux internationaux."
Jean-Claude Verset

mardi 17 mars 2015

Sur radio vatican le 17 mars 2015

http://fr.radiovaticana.va/news/2015/03/16/elections_isra%C3%A9liennes__netanyahou_peut-il_perdre_pour_mieux_gagner_/1129801


Paru dans Métro Canada le 17 mars 2015


Élections en Israël: «L’impossible retour à la beauté du sionisme»



Associated Press Un panneau électoral montre Isaac Herzog (gauche), co-dirigeant de l’Union sioniste, et Benyamin Netanyahou, chef du Likoud
Le Likoud de Benyamin Netanyahou, que rien ne semblait pouvoir dévier de la victoire au jour un de la campagne électorale israélienne, est aujourd’hui au coude à coude avec l’Union sioniste de centre-gauche mené par Isaac Herzog et Tzipi Livni. Sébastien Boussois, chercheur associé à l’Université libre de Bruxelles et spécialiste du Proche-Orient, a décrypté les enjeux du scrutin avec Métro.
Quels ont été les enjeux de cette élection?
Le scrutin ne s’est pas joué sur la question palestinienne, pas plus qu’il ne s’est joué sur la détérioration économique et sociale d’Israël. Les plus grandes manifestations de l’histoire du pays ont éclaté en 2011 pour protester contre la hausse du coût de la vie – un tiers des Israéliens vit sous le seuil de pauvreté –, mais Benyamin Netanyahou n’a rien fait pour changer les choses. Même si l’économie israélienne est florissante, le niveau de vie de l’Israélien moyen se détériore. Ces enjeux n’ont pas été abordés, étant étouffés par la question sécuritaire.
Le pivot central qui rend cette élection intéressante, c’est que le vote des Arabes israéliens [NDLR : qui composent 20 % de la population israélienne] va en déterminer l’issue. Leurs représentants se sont unis sous une même bannière : ils pourraient faire basculer les choses.
Seulement sept mois après la guerre de Gaza, la question palestinienne n’a sûrement pas été escamotée au cours de la campagne?
La seule frontière relativement stable à l’heure actuelle pour Israël, c’est la frontière palestinienne. Il n’y a pas eu de négociations depuis des mois, plus rien ne bouge, et Israël n’a aucun intérêt à bouleverser ce statu quo, alors que la région est plongée dans le chaos. Je ne vois pas pourquoi Israël voudrait faire des concessions en vue de créer un État palestinien: il est en position de force dans ce dossier.

Croyez-vous que les Israéliens refuseront, aujourd’hui, un troisième mandat consécutif à Netanyahou?
J’y crois moyennement. Depuis 15 ans, Israël s’enlise dans une politique d’extrême droite, discriminant tous ceux qui ne sont pas juifs ashkénazes [NDLR : les juifs d’Europe, principaux fondateurs de l’État israélien], adoptant des lois qui feraient sauter au plafond en Europe. Un grand intellectuel israélien, Zeev Sternhell, a même dit que le gouvernement israélien actuel est pire que le Front national de Marine Le Pen en France.
C’est donc impossible de revenir à ce dont beaucoup d’Israéliens rêvent, c’est-à-dire au retour à la beauté du sionisme, à l’État-providence égalitaire qui faisait fantasmer les juifs au début du XIXe siècle. Maintenant, il n’y a que les aspects les plus négatifs du projet qui subsistent, soit l’enfermement d’Israël dans une forteresse sécuritaire.

Quelle sera l’issue du scrutin, selon vous?
Le véritable combat électoral n’est pas entre les partis majoritaires que sont, en gros, la droite et le centre-gauche, mais entre les partis minoritaires – ce que j’appelle les partis Kleenex –, c’est-à-dire des formations politiques qui émergent d’une élection à l’autre, mais qui disparaissent dès que la coalition dans laquelle ils prennent part explose, comme ç’a été le cas avec le parti Yesh Atid – qui a fait un score hallucinant, inattendu en 2013 –, mais qui, à long terme, n’avait aucune affinité avec un gouvernement de coalition composé de Benyamin Netanyahou, d’Avigdor Liberman [dirigeant du parti d’extrême-droite Israel Beytanou] et de Naftali Bennett [dirigeant du parti d’extrême-droite Maison juive].
Ce scrutin pourrait déboucher sur une nouvelle coalition de droite et d’extrême-droite, mais cette fois-ci Netanyahou ressortirait affaibli par un scrutin qui aurait failli lui échapper. Liberman répète à l’envi qu’il veut exterminer les Palestiniens [NDLR: début mars, Avidgor Liberman disait, en parlant des Arabes israéliens opposés au projet sioniste: «Il n’y a rien à faire avec eux – sinon prendre une hache et leur couper la tête»), tandis que Naftali Bennett se vante sans aucun complexe qu’il a déjà tué des Arabes…

La gauche, selon vous, n’a aucune chance de reprendre le pouvoir, après près de 20 ans d’absence?
Les personnalités politiques de gauche n’ont plus une grande cohérence en Israël, sauf celles qui sont radicales. Netanyahou, au contraire, n’a jamais dévié de sa ligne: et il passe même pour un modéré par rapport aux éléments les plus radicaux de son ancienne coalition. Liberman tient des propos scandaleux de manière récurrente; Naftali Bennett aussi: ils sont cohérents. La droite et l’extrême-droite sont contre l’État palestinien, contre le démantèlement des colonies, contre l’idée que Jérusalem puisse être la capitale des Israéliens et des Palestiniens : leur programme est clair et net.
Tandis qu’au centre du spectre politique, il y a des gens qui naviguent à vue, en fonction du vent et de la configuration régionale, comme Tzipi Livni ou Isaac Herzog de l’Union sioniste.
De plus, la gauche a toujours été schizophrène dans son idéologie et dans ses actions. Qui a été responsable de l’expulsion des 800 000 Palestiniens, sorte de péché originel qui suit Israël depuis sa création? C’est la gauche israélienne. Qui a déclenché la guerre de Six jours en 1967 et qui a enclenché la colonisation de ce que la droite appelle la Judée et la Samarie? C’est la gauche. L’électorat ne comprend plus rien à la gauche et au centre-gauche aujourd’hui. La gauche est malade de son passé.

jeudi 12 mars 2015

VIENT DE PARAITRE LE DERNIER OPUS DU CCMO "VILLES ARABES CITES REBELLES"


 Théâtres des soulèvements populaires depuis 2011, les villes du monde arabe concentrent aujourd'hui tous les regards, chacun y guettant le signe d'un prochain bouleversement. Ce livre se propose de restituer l'importance d'espaces urbains plus ou moins périphériques – Suez et Tanta en Égypte, Constantine en Algérie, Nabatiyeh au Liban, Homs et Lattaquié en Syrie, Douz en Tunisie, Kiffa en Mauritanie, etc. –, où peuvent se lire les indices du monde arabe de demain.
De même, les capitales sont saisies d'abord dans l'intimité de leurs habitants – espaces de loisirs à Ramallah à l'ombre de l'occupation, compounds politisés de la banlieue du Caire, lieux de rencontres clandestines et interdites à Rabat et à Tunis, etc. – en hommage à la manière dont la ville s'invente au quotidien, dans les milieux les plus insolites.
Plutôt qu'aux destructions des guerres, l'ouvrage s'intéresse donc aux constructions – politiques, sociales, culturelles et identitaires – qui font l'urbanité dans cette région du monde, une urbanité en mouvement, une urbanité rebelle.




http://editionsducygne.com/editions-du-cygne-villes-arabes-cit%C3%A9s-rebelles.html

lundi 9 mars 2015

"Israeli Elections Dominated by Defence and Security", published on formena.org




The Israeli elections next March are filled with uncertainty, regarding both the turnout and the outcome. Current Prime Minister Benjamin Netanyahu can take nothing for granted as he runs against Yitzhak Herzog, the son of former President Chaim Herzog and candidate for the Zionist Union party, the main force of centre-left opposition.
However, games are already in play in the halls of governmental and party power, proceeding as if the make-up of the future coalition and identity of the next Prime Minister are irrelevant details. And in many ways, they are. Across the board, defence and security dominate the elections. This not only pushes pressing social and economic issues far down the agenda, but may have unforeseen long-term negative consequences for Israel’s international standing.

Defence: priority number 1
Under the Netanyahu-Lieberman double-act, Israel has become isolated and widely detested internationally. The Prime Minister has brought relations with the United States to a historic low, appearing constantly at odds with President Obama. As Minister of Foreign Affairs, Lieberman has been globally condemned for his arrogant and suicidal policies, most notably his incendiary language and brutal actions against Arabs in Palestine and beyond.
Nonetheless, Lieberman (Yisrael Beiteinu) is already manoeuvring for the much coveted post of Minister of Defence, limbering up for a head-to-head with Naftali Bennet (Jewish Home). With the incumbent, Moshe Yaalon, seemingly already out of the race, it seems that the field is open for the two most extreme members of the current government to duke it out between themselves. Whoever ends up controlling the ministry will control the defence budget and thus wield enormous power within the country.
This jostling, begun well in advance of the election, extends to senior positions within the military. On 16th February, the high-profile General Gadi Eizenkot replaced Benny Gatz as Commander in Chief of the Israeli Defence Force (IDF). Israel’s new top officer is known for his ruthless application of the “Dahiya doctrine”. Authorising the use of overwhelmingly disproportionate force and discarding possible civilian casualties, this military tactic has been used extensively by the general in both Lebanon and Palestine. Its most recent application was in the 2014 Gaza war, as Israel’s “Operation Protective Edge” left nearly 2,500 civilians dead, with Hamas combatants making up at most 20% of total casualties. Israel, of course, accused Hamas of using civilians as human shields.
The degree to which such events have overshadowed the election illustrates the growing importance of the Ministry of Defence in recent years - a consequence, largely, of the current government’s rhetoric. Playing on the historic trope of the “Amalek” (the Biblical enemy of the Jews who attacked them during their flight from Egypt), Netanyahu has used the regional turmoil over the last four years to justify huge military and political overreactions to the slightest concerns in neighbouring Lebanon, Syria, Egypt and the Palestinian Occupied Territories. This has distracted from his failure to solve serious economic and social crises, against which Israelis demonstrated in record numbers in 2011, as 400,000 people came out onto the streets.
While Netanyahu’s continued emphasis on security and war may placate people for a while, it comes at an economic – a perhaps, eventually, a political - cost. For now, however, the current administration has succeeded in defining the ground over which the election will be fought. As such, the centre-left – meaning the Zionist Union party of Livni and Herzog – will struggle to win power on any other programme.
In the current atmosphere, even a minor incident from inside or outside Israel before the March 17th election would result in any emphasis on social justice and economic reform being swept away. In the face of cuts elsewhere, the defence budget – 20% of state expenditure – remains immune, making it almost impossible to address socio-economic issues. Bellicose rhetoric may be able to justify the state’s lopsided spending priorities, but only so far and for so long.

Security or self-imprisonment?
While Israel’s physical separation from bordering countries is a long historical process, it has been accelerated over the last ten years by the right and extreme-right governments that have come to power under Ariel Sharon and Benjamin Netanyahu. Starting with the infamous “Security Wall” in the West Bank, this policy has since continued with three other reinforced walls at Israel’s external borders. Indeed, from North to South, East to West, in addition to “preventative wars”, Israel has long developed its defensive fortifications.
The cost of this to Israel itself is increasing isolation from its neighbours. Denis Bauchard, a lecturer at Sciences Po University in Paris, described the Israeli state as undergoing self-imposed “bunkerisation” [1]. Netanyahu’s own language mirrors this, with the Prime Minister claiming that “the country must be surrounded by a fence” [2]. To justify such policies, the government relies on two claims: first, the need for security; and secondly, the need to preserve the Jewish character of the state. Israel is thereby presented as a “villa in the jungle”, an isolated shtetl or Yiddish neighbourhood of a central European city, like the Prague ghetto.
First conceived as a “security fence” protecting Israel from terrorist attacks and suicide bombings, the Wall swiftly became a separation barrier. Between 2002 and 2005, its route was altered many times, evidently with the aim of eating up more Palestinian territory. For such reasons, while it has been effective in reducing suicide bombings, the Wall remains highly problematic under international law and was in fact declared illegal by the International Court of Justice in 2004. The Court’s request that the Wall be dismantled has, of course, been ignored.
Indeed, while further construction had been temporarily suspended due to economic reasons following the demonstrations of 2011 (only 400 of the planned 760km have thus far been built), the government has recently announced its resumption[3]. However, beyond the illegal nature of the construction, Palestine’s acceptance to UNESCO in October 2011 has disturbed the plans of major Israeli strategists. For instance, in June 2014, the village of Battir, which lies south of Jerusalem and dates from the Roman period[4], was included in the "World Heritage in Danger" list following tough negotiations and exchanges within the assembly. The UNESCO vote aims to protect the architecture, hills and olive groves of Palestine and work towards political recognition of the country, while preventing the completion of the Wall.
This intervention is merely the most high-profile of an ever increasing number of complaints, which each year delay construction. Most, in fact, are heard in the Israeli Supreme Court, which is responsible for considering appeals seeking to alter the route of the Wall. A current dispute centres on the Christian Cremisan Valley, which would be permanently split in two in the Wall is built as planned[5].
However, it is not only in the West Bank that such “security” measures are underway. In addition to the blockade imposed on Gaza since 2007, other preventative measures against terrorists include a triple-barrier, seven-metre-high fence encircling the Strip, meant to deter those tempted to cross the border into Israel. Created after the 1993 Oslo Accords to delineate sovereign Palestinian territory, the barrier was severely damaged during the Second Intifada and rebuilt in 2001. Today, it runs for 60km, with the two main entry and exit points in Rafah (controlled by Egypt) and Erez (controlled by Israel).
The construction of a wall of almost 250 km along the border with Egypt is also officially underway to stop the trafficking of all drugs, weapons, goods and illegal immigrants. The Sinai side of border control has become less effective in recent times, resulting in increases in criminal and terrorist activity (including armed infiltrations and attacks) in this sensitive area. Moreover, Netanyahu declared in 2010 that illegal immigration was a mortal threat to the country, seemingly on a par with terrorism[6]. At a press conference in August 2012, the Prime Minister stressed: "The phenomenon of illegal infiltration from Africa is extremely serious and threatens the foundations of Israeli society, national security and national identity”.
A much shorter wall, on the Lebanese border, is proposed to run along the Blue Line[7] for 1 km. Political developments in Lebanon could indeed pose a threat to Israeli security as a result of the Syrian crisis and the possible strengthening of Hezbollah's arsenal. The new wall will be supervised by UNIFIL[8] and will run between the Israeli town of Metula and its neighbour, Killeh, on the Lebanese side. Of course, it will not prevent rockets falling into northern Israel.
Finally, the 120km-long metal fence on the Golan side was strengthened in the second half of 2013 in order to prevent further infiltration of people and cargo. Yigal Palmor, former spokesman of the Israeli Ministry of Foreign Affairs, laid out the tactical purpose of the fence in the summer of 2014 while he was still in office, saying that there was not much else to do except observe the evolution of the Syrian conflict: "In the Golan, there is no need to look beyond the status quo until the situation in Syria is permanently stabilized”.[9]
Yet, however justifiable these walls may or may not be in security terms, each metre constructed contributes further to Israel’s physical and diplomatic isolation.

Short-term gains for long-term pain?
While the excessive focus on defence and security makes sense in immediate terms, it could bring serious consequences for Israel further down the line. By employing sensationalist rhetoric, Netanyahu and future Prime Ministers may distract from socio-economic issues for a while, but in ploughing precious resources into the military, successive governments hamstring their own ability to tackle these problems. As last summer’s demonstrations show, such an approach is only likely to work for so long.
The “security walls” – as well as the settlements – similarly make a certain sense from an Israeli point of view in the short-term. However, the duplicitous and cynical manner in which such fortifications have been constructed, appropriating yet more Palestinian land, has been disastrous for Israel’s international image and have all but cut it off from the wider region.
For now, whatever quarrels exist between Israel and the United States, no actual reduction in American support has occurred. As Obama emphasised in a recent interview with the Israeli newspaper Haaretz:
As I have said repeatedly, neither my commitment - nor that of the US - to the security of Israel and the Israeli people, will ever falter and supporting peace will always be the cornerstone of this commitmentbudgets are tight in Washington, but our commitment to Israel's security remains undimmed. The United States pledges to provide more than $3 billion each year to help fund the security of Israel until 2018
Whether such unyielding support will continue indefinitely, however, remains to be seen. Israel’s tactical emphasis on defence and security lacks strategic vision. While this raises serious problems for the country’s long-term future, it appears that nobody in the upcoming election is willing or capable of addressing them.


[1] Denis Bauchard, Le Nouveau monde arabe, enjeux et instabilités (The New Arab World: Issues and Instabilities) Bruxelles, André Versaille éditeur, 2012.
[2] Ibidem.
[3] « Israël va relancer la construction du mur de séparation en Cisjordanie » (Israel will revive the construction of the separation wall in the West Bank), rfi.fr, 5 juillet 2012.
[4] « Palestine : Un paysage de Cisjordanie menacé par le mur israélien, déclaré "patrimoine mondial en péril" » (Palestine: A West Bank landscape threatened by the Israeli wall, declared" World Heritage in Danger),  HuffPost Maghreb/AFP, 21 juin 2006.
[5] « Israël : où en est la construction du mur de séparation ? » (Israel, which is the construction of the separation wall?), rfi.fr, 29 janvier 2014.
[6] « Netanyahou: Illegal immigration threat to Israel », jta.org, 21 janvier 2010.
[7] Line drawn in June 2000 by the UN after the Israeli withdrawal from Lebanon on May 25 ending the occupation that began in June 1982.
[8] United Nations Interim Force in Lebanon.
[9] « La décision d'une attaque d'Israël contre l'Iran n'a pas encore été prise » (The decision of an Israeli attack against Iran has not yet been taken), interview d'Yigal Palmor, la.vie.fr, 29 août 2012.

vendredi 6 février 2015

A Pharaonic project around the Suez canal for 2015, a chance for Egyptian economic crisis


BY : Sebastien Boussois -  Policy Advicer at ForMENA

Water is a crucial element for the survival of man in the world and particularly in the Middle East and an unavoidable aspect of development. Circulation of men, goods and boats also need the water cross countries.​

The Suez Canal was one of the most impressive human hydraulic proejcts of the nineteenth century. Inaugurated in 1868, about 180 km long, for the first time in History it allowed boats to reach Europe and Asia as fast as possible at the rate of about 50 boats a day, that is about 18,000 a year. The canal, more than 150 years after its digging, remains a unequalled technical feat: the longest ship canal in the world (the Panama canal between the Atlantic and Pacific Ocean is only 80 km), the rate of accidents is almost nothing compared with the other big canals, permanent day and night movement, and a VTMS guidance system.

It become a major political and geopolitical tool of Pan-Arabist rebirth under Nasser, was disputed by the Europeans and Americans in 1956 against the Raïs who challenged western companies by nationalizing the canal. Today, it is the first economic and financial source of the country.

58 years after the effective nationalization of the Canal, Egyptian president Sisi launched the construction of the doubling of the canal last summer. From next August the 6th, not less than 100 boats will join Europe or Asia via the Suez Canal. The construction, thrown in last August, of a second 72 km convey, will allow the reduction of the
duration of the passage of each ship. The construction site exceeds widely the doubling of the Suez Canal, because it will see the transformation of the whole region in a " World Center of Complementary Works”, as Egypt calls it. It is thus a major economic construction work for the country because it would aim at the indirect creation of a million jobs, and would largely solve the economic crisis which has affected the country for years. The region of the canal would see the setting-up of ship repair companies, companies of towing and assistance to ships, diverse but also tourist industrial complexes of Port Said in Rafah region.

The financial fallout will be enormous for the country: 10 billion dollars for the only canal and in projection about 100 billion dollars a year for the whole regional construction site. It is true that for almost 20 years, the tourist industry has been down since the attacks of Deir El Bahari in 1997. Moreover, the country has to boost its economic growth since the 2011 revolution, Hosni Moubarak's departure and the concerns of the democratization for the investors. Egypt remains the biggest Arab Country, and tries to reposition in the region and in the world. It was the heart of the Arabic revival in the 1950s, the headquarters of the Arab League left the country after the signature of the peace with Israel in 1978 but returned to Egypt later. It could again become a major political and economic pole in the face of the rise of Turkey over the last ten years.

Egyptian society is already very present and an example of dynamic civil society for the whole Arab world which followed its revolution. Finally, the financing of the canal remains purely Egyptian, the government had issued an appeal to the donations at the level of 6 billion Euros. Within one week, the people had completely contributed to the cost of the project to 6.4 billion Euros. 80 % of the shares were bought by individuals, 20 % by companies. Freedom begins with independence. The economic success to come from the country will be due only to itself.

Hope for Peace? Israeli, Palestinian and Jordanian cooperation over water and the Dead Sea.




By Sébastien Boussois, author of “Saving the Dead Sea” - ForMENA Brussels 

In the Middle East in particular, over recent years water has become an additional factor of destabilization and tension, as thirsty countries try through every means to monopolize control of springs. As Jan Selby, Professor of International Relations at the University of Sussex, explains in his bookWater, Power and Politics in the Middle East: the other Israeli-Palestinian Conflict”:

“From a political point of view, the crises of water are finally the product of the disparities, the differences and the conflicts [of the region]”

As such, while the eighteenth-century traditional Korean philosopher and poet, Yun Son Do, asserted that “only water in eternal”, we know today that the question is politicized and thus inspires different analyses.


“Hydrodiplomacy”: the war for water between Israel, Palestine and Jordan

Numerous observers have pointed to the potential of water as a catalyst for conflict. Such figures include former UN Secretary General Boutros Boutros-Ghali, who predicted in 1986 that “the next war in the Middle East will be fought over water, not politics”. With time, such fears have only grown. However, another analysis is possible: rather than a source of war, the scarcity of water may alternatively lead to peace.

It is true that in the past twenty years the question of the water has become the archetypal political question, maybe even more so than those directly concerning peace, territories, borders and populations. This is so due to water’s position at the heart of the modus vivendi of all countries in the region.  

In contrast to this conflict-driven analysis, thinkers, politicians, hydrographs and hydrologists have gradually enriched the lexical field of water with new terms. In so doing, they have undermined the concept of the “war for water”, hitherto so prevalent. Speaking about hydric-stress, which refers to the obvious imbalance between the resources and water-needs of the region, “hydrodiplomacy” has been proposed as an alternative paradigm to the eternal “crisis of water”. Scientists connected to this field have been supported by politicians, who have shifted to a cooperative stance over water-issues in recent years.

As such, it is possible that, rather than lead to war because of irresponsibility, good governance and management of water by states can become a factor in rebalancing relations between these regional actors. Even if this possibility currently seems distant, it is possible to imagine that cooperation between Israelis, Jordanians and Palestinians over water-related issues can contribute to a re-configuration of opposing powers and the forces between them.

In a space so reduced as the geostrategic triangle of Israel, Palestine and Jordan, any minor political action of one of the authorities can have a major political impact on the entire region. For example, the political consequences of Israeli irrigation and the diversion of the Jordan River for sixty years now are the reasons for Palestinian and Jordanian thirst. About 70 % of the water consumed by Israel comes from outside its initial borders of 1948 and the question of resolving water-related problems is one of the key issue in peace negotiations.

Diplomacy is the only positive option in regard to water-regulation. Former Israeli Prime Minister Yitzhak Rabin, assassinated in 1995, clearly recognised this when he stated: “if we solve all the problems in the Middle East, but not that of the sharing of the water, our region will explode”.

We need to keep in mind that Jordan is one of the 10 driest countries in the world and that Palestine has been dispossessed by Israel for 40 years, denied the slightest direct control over their water supply - despite the fact that they have the largest reserves of groundwater in the region. The icing on the cake for the Palestinians in this theatre of the absurd is that these countries are surrounded by water: the Mediterranean Sea and the Red Sea.

What is to be done when we predict an imminent drying out of the Jordan, while 98 % of its water is already directly hijacked by Israel and Jordan for their elementary agricultural needs for the next 60 years? The construction of a canal of water-supply connecting the Red Sea to the Dead Sea, or a canal connecting the Mediterranean Sea to the Dead Sea could perhaps provide a solution.
A canal to save the Dead Sea and increase regional water-supplies

Before the most recent project, the Red Sea-Dead Sea Canal (RSDSC), a number of proposals for canals had been made to join the Mediterranean with the Dead Sea.

During the 20th century, there was a proposal for a conveyance system under the Mediterranean Sea from Turkey towards Israel to meet the needs of the latter. No integration of the Dead Sea in the project was possible at the time. A “Canal of Peace” was also proposed in the 1990s, running from Egypt via the Nile to Israel, between the Dead Sea and the Red Sea.

This common project represented a turning-point in regional perception of ways to resolve the question of the water and the Dead Sea. For the first time, three entities “agreed” to find collective solutions for a common project.

Symbolically, the planned RSDSC would run along the 180 km road on the shore of the biblical Sea of Reeds. While simple on paper, the ambition to transport water from the Red Sea towards the Dead Sea, with all the necessary desalination plants, would entail a major construction project – perhaps taking as long as a decade – in order to succeed. Estimated at 15 billion dollars, the project - conducted by the World Bank since 2008 - should bear fruit in 2020.

There are three major projects connected to the RSDSC which greatly exceed the question of saving the Dead Sea: a major hydroelectric station; the world’s biggest desalination plant; and the canal itself. It is estimated that 2 billion cubic metres of water will be transported every year – 5 million cubic metres a day – from the Red Sea to the Dead Sea. The water is intended for the use of Israel, Palestine and Jordan. For security reasons, the infrastructure will be built on the Jordanian side of the border.

In order to present the project as a truly regional initiative, Tel Aviv should accept the proposal that the canal crosses neither Israel itself, nor the occupied Palestinian territories. It was Israeli intransigence and Jordanian concern over these points which scuppered the “Med-Dead” canal proposal in the 1990s. Intended for three countries, including the most water-poor nation in the world, the current project appears to have more potential to gain the support of the international community.
Admittedly, the political, technical and environmental problems remain numerous. These include the expulsion of Bedouins, the economic profitability of the project and proposed construction of hotel and seaside complexes damaging to the natural environment, the uncertainties as to the result of mixing “red” with “dead” water, the destruction of the ecosystem through the transformation of the banks of the Dead Sea and the major financial cost of the project. There is also opposition from Palestinians, who desire an alternative solution and dispute Israel’s occupation of the banks of the Dead Sea, which began in 1967 and continues to this day. If built, the canal would arguably further entrench this “fact on the ground”.

Nevertheless, in December 2013 Israelis, Palestinians and Jordanians found themselves in Washington to agree a new stage in the project and launch the 15-billion-dollar fund-raising campaign to cover some of the proposed canal’s colossal costs. In the words of Sylvan Shalom, the Israeli Minister of Water and Energy, the meeting offered “a glimmer of hope on the possibility of overcoming other obstacles in the future”. His Palestinian counterpart at the time, Shaddad Attili, similarly stated that “we showed that we could work together in spite of our political problems”.

It remains to be seen, however, whether the latest canal proposal will ever see the light of day.

Cinquième rencontre de l’ACM à Marseille : Pour la construction d’une communauté des peuples méditerranéens


Par Sébastien Boussois
Depuis sa création en 2008, l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACM) vise à favoriser la consolidation de la parole et de l’action citoyennes à travers l’organisation d’activités et de rencontres et la création d’espaces de dialogue. Ses membres participent activement aux requis pour l’émergence d’une citoyenneté et d’une communauté méditerranéennes des peuples. L’ACM s’est aussi dotée d’une Charte constitutive fondée sur les valeurs de démocratie, de liberté, de paix, ainsi que sur le respect de la diversité culturelle et de la responsabilité environnementale.
©Julio Frangen, Cercle ACM  Zagreb | La villa Méditerranée
©Julio Frangen, Cercle ACM Zagreb | La villa Méditerranée
L’ACM a organisé cette année à Marseille (France) à la Villa Méditerranée, sa cinquième rencontre, du 13 au 16 novembre dernier. Dans l’esprit des quatre Assemblées précédentes, celle-ci a mis l’accent à nouveau sur le besoin qu’il y a de favoriser l’émergence d’une communauté méditerranéenne des peuples qui puisse être ancrée dans un espace politique méditerranéen commun. Les événements de ces dernières années ont en effet démontré que les peuples de la Méditerranée étaient en train d’écrire leur destin à travers leur aspiration à la liberté, la consolidation des revendications portées par les jeunes générations et le développement d’actions renforçant la société civile (Tunis, 2011). Les Cercles locaux de citoyens, groupements de citoyens soutenus par l’ACM, sont l’un des éléments permettant de renforcer ces perspectives par leur établissement régulier d’un diagnostic des crises en cours et leur formulation de propositions d’actions communes (Volos, 2012). Les divers conflits qui courent en Méditerranée ont certes un impact sur les modalités d’organisation des sociétés civiles méditerranéennes mais ce n’est pas pour autant qu’ils font barrage à l’action citoyenne (Istanbul, 2013).
Avec le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la rencontre était placée sous le thème : «Citoyenneté et construction d’une communauté méditerranéenne des peuples». La Méditerranée n’est pas seulement une mer. C’est aussi une histoire partagée, et un avenir en commun qui reste à construire. Certes, bien des initiatives régionales ont été initiées dans le but de resserrer les liens prévalant entre pays méditerranéens ; mais elles n’ont pas toujours obtenu les effets escomptés.
Partant de ce constat, les participants à la cinquième rencontre de l’ACM ont oeuvré, au regard de leurs expériences passées et présentes et des obstacles qu’ils continuent à encourir, à l’établissement de propositions concrètes pour la poursuite de la construction d’une communauté méditerranéenne des peuples. Outre les membres des Cercles de citoyens et du Conseil Consultatif de l’ACM, cette rencontre a ainsi réuni des experts et des représentants d’institutions publiques concernées par la citoyenneté méditerranéenne.
©Julio Frangen, Cercle ACM  Zagreb | Les participants discutent au sein des agoras
©Julio Frangen, Cercle ACM Zagreb | Les participants discutent au sein des agoras
Les citoyens méditerranéens, réunis dans le cadre de l’Assemblée des citoyens et citoyennes de la Méditerranée (ACM), ont consacré leur première journée d’échanges à la dimension politique, économique et environnementale de la construction d’une communauté méditerranéenne. Sur le front des crises politiques, c’est un tableau sombre et sans appel qui a alimenté les échanges de la matinée, largement consacrée à la dimension politique de l’intégration méditerranéenne bloquée par le conflit israélo-palestinien et la guerre en Syrie. Ces deux conflits ont suscité des débats d’autant plus sensibles que les membres de l’agora ne voient pas de possibles clés de sortie. Puis Le cercle ACM de Tirana a présenté les résultats d’une enquête intitulée : “La Méditerranée, situation actuelle et perspective d’avenir”, à laquelle ont participé 73 personnes de 18 pays méditerranéens. 76 % ont estimé que l’ACM répondait partiellement à ces défis. Dans un climat général de crise dans les pays membres de l’association, les intervenants ont tenté à la fois de poser les principaux problèmes observés, mais également de travailler sur des solutions qui pourraient être proposées par la société civile. Les intervenants ont dressé l’état des lieux déplorable de la construction méditerranéenne. Les institutions, comme les politiques ont échoué.
Lors de la seconde journée, ce furent les dimensions sociales, culturelles et religieuses de la citoyenneté méditerranéenne qui étaient au cœur des débats des rencontres ACM. Les débats ont été organisés autour d’interventions portant sur l’égalité entre hommes et femmes, les migrations, l’intégration culturelle et le rôle de la religion dans l’affirmation de la citoyenneté.
Les participants sont repartis dans leurs pays respectifs, forts de la richesse des discussions, des rencontres avec les nouveaux membres, de la réflexion autour de nouveaux projets entre les Cercles de citoyens, qui encouragent l’ACM à aller encore plus loin pour les années à venir, afin de représenter une véritable force citoyenne pour soutenir les transformations politiques, économiques et sociales, majeures que traversent le bassin méditerranéen. C’est une occasion unique pour elle de se présenter comme une véritable réserve citoyenne et pacifique.
©Julio Frangen, Cercle ACM  Zagreb | La session d'ouverture à la Villa Méditerranée

vendredi 2 janvier 2015

Paru dans le Vif L'Express cette semaine "Israël ne gagne plus une guerre"

Auteur de Israël entre quatre murs, Sébastien Boussois décrypte l’opération Bordure protectrice de l’été 2014 à Gaza. Le conflit israélo-palestinien « est dans une impasse historiqu

"Israël ne gagne plus une guerre"
/ © Reuters
Sébastien Boussois est senior advisor à l’Institut Medea de Bruxelles et président du Cercle des chercheurs sur le Moyen-Orient. Il vient de publier Israël entre quatre murs, la politique sécuritaire dans l’impasse (Grip éditions, 125 p.). Il évoque pour Le Vif/L’Express l’évolution des relations israélo-palestiniennes en 2014.

Levif.be : Dans votre livre, vous évoquez dans le chef d’Israël un principe de surenchère militaire pour dissuader l’ennemi. Comment ce principe est-il né et l’opération Bordure protectrice de l’été 2014 en est-elle une nouvelle illustration ?
Sébastien Boussois : Il faut réinscrire ce long processus de surenchère militaire dans l’histoire contemporaine. Une surréaction peut être un réflexe à une peur, une crainte et un fort moyen de continuer à se faire respecter. Je pense que l’option militaire en Israël qui vise aujourd’hui à réagir de manière totalement disproportionnée à un acte politique ou militaire, se fait non pas en fonction du degré d’importance du dit acte, mais surtout en fonction de la menace qu’il génère, de la peur qu’il suscite, et de l’émotion qui peut rapidement embraser toute l’opinion. Plus historiquement parlant, je crois surtout qu’Israël ne gagne plus une guerre et que c’est aussi un acte de défense instinctif ; la peur de disparaître n’a jamais été éliminée des mentalités et il est souvent facile, au-delà des menaces réelles, de se servir de cet argument pour tout détruire « avant d’être détruit ». Nous ne sommes même plus dans la loi du talion, oeil pour oeil, mais dans la démesure pure.
Après, je comprends tout à fait les craintes d’Israël dans un tel contexte géopolitique régional, mais je crois surtout que l’État hébreu est inquiet de ne plus gagner franchement aucune guerre, et ce depuis 1973. Le traumatisme qu’a provoqué l’attaque surprise égypto-syrienne, que personne au gouvernement n’osait envisager, a déstabilisé le pays pour des décennies. Certains Israéliens disent qu’Israël a perdu à cette époque son innocence : « On peut désormais être vaincu. » Du coup, à la moindre menace, on montre férocement les dents et l’on a renforcé le corpus de doctrines militaires pour légitimer toutes ces actions de riposte : la doctrine Dahiya en fait partie. Théorisée par le général Gadi Eizenkot, elle prône la réaction disproportionnée à la moindre menace et même la possibilité de viser des civils pour parvenir à ses fins et éradiquer le danger. On l’a bien constaté une fois encore cet été lors de l’opération Bordure protectrice : 2 500 morts, dont 800 enfants.

Vous écrivez qu’Israël opte pour la stratégie d’enfermement. Comment s’est-elle développée et quelles en sont les conséquences ? N’a-t-elle pas des vertus, par exemple l’arrêt des attentats-suicides en Israël depuis la construction du « Mur de sécurité » ?
C’est un processus historique qui remonte aux fondements mêmes du sionisme. Si la sécurité militaire en tant que telle n’était pas une priorité pour le fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl plus soucieux de la sécurité hydraulique et alimentaire par exemple pour le futur Etat juif, la droite israélienne a toujours accordé une grande importance à la première. Zeev Jabotinsky, le père du courant nationaliste et de droite en Israël, publiait en 1923 la Muraille d’acier, et théorisait déjà la nécessité d’une certaine conception d’un Etat forteresse et citadelle. Ça ne surprend personne lorsqu’on connaît le contexte régional d’une part, et historique post-Seconde Guerre mondiale d’autre part. Mais cette obsession, définie par la bitakhon en hébreu (sécurité) vire à l’extrême, et à ce que certains craignent : le risque d’une ghettoïsation du pays. Et au-delà de l’image catastrophique du pays dans le monde, au-delà de la colonisation et des guerres préventives qui ont vu l’État hébreu largement s’étendre depuis 1948, on assiste dans le même temps à un phénomène d’isolement géographique total. Au-delà du Mur en Cisjordanie défiant toute les lois du droit international, Israël se retrouve entre quatre murs : un mur côté égyptien (250 km officiellement pour bloquer l’immigration clandestine mais surtout pour éloigner la menace terroriste du Sinaï), un mur côté libanais de 1 km, et une double clôture du côté du plateau du Golan pour empêcher les intrusions d’éléments syriens comme ce fut le cas il y a deux ans. Ajoutons le dôme de fer comme un gros couvercle sur le pays pour en protéger l’espace aérien et l’on se retrouve face à un Etat sur-sécurisé, mais qui pour moi paradoxalement, conjugué à la politique hasardeuse des gouvernements successifs qui n’ont une vision qu’à court terme, n’a jamais autant fragilisé la sécurité des Israéliens.
L’idéal pour Israël côté égyptien et syrien était bien sur le maintien de régimes dictatoriaux, les meilleurs ennemis pour une stabilisation des fronts. Avec les printemps arabes, et l’insécurité pour Israël de la bande de Gaza, l’on a fait la démonstration cet été que des roquettes pouvaient même parvenir jusque Jérusalem et Tel-Aviv, avec un dôme d’acier pas aussi efficace qu’on ne veut nous le faire croire. Le Hamas se professionnalise et résiste face à la politique israélienne à l’égard des Palestiniens depuis des décennies.
Les murs peuvent-ils assurer la sécurité ? En partie oui si l’ennemi est à l’extérieur. Mais l’on sait que le mur en Cisjordanie a toujours été perméable et qu’il n’est toujours pas fini. Mais quand le danger est à l’intérieur ? Quand ce ne sont plus des roquettes mais des objets de la vie de tous les jours qui deviennent des armes par destination ? Des bulldozers dans Jérusalem ou des voitures béliers. Les Arabes israéliens mais pas seulement eux, peuvent devenir ce danger tant craint pour l’intérieur par l’intérieur.

La préoccupation sécuritaire est-elle la justification principale, pour Israël, de la colonisation ?
Le sionisme est un mouvement nationaliste dont la priorité a été la conquête de nouveaux territoires. En 1967, après la guerre des Six Jours, Israël avait augmenté d’un tiers le sien, ce n’est pas rien. Quant à la colonisation à Gaza avant ou en Cisjordanie, elle permettait ou permet encore de créer des avant-postes, des checkpoints, des routes surveillées, des implantations bunkerisées, et légitime les incursions aussi souvent que nécessaire. La zone A d’autonomie totale pour les Palestiniens est réduite à peau de chagrin, et la zone C devient aujourd’hui l’objet de débat sur une future annexion. Le débat sur l’application des lois civiles israéliennes aux Israéliens des colonies prochainement à la Knesset est un exemple parfait de la manière dont la conquête a amené la sécurité et dont la sécurité a amené de nouvelles conquêtes. Mais l’on voit aujourd’hui que les colons sont potentiellement devenus des cibles pour les Palestiniens ne supportant plus cette politique d’occupation historique. Et des colons, il y en a plus de 400 000 dans ce territoire qu’ils occupent et rêvent de transformer de nouveau en Judée-Samarie. Le bloc de la foi, le Goush Emounim est né en 1977. Aujourd’hui, les partis colons sont au pouvoir. Entre-temps, Israël a rendu Gaza, usé de l’argument du retrait pour légitimer le chaos depuis, et ceinturé davantage la Cisjordanie au nom de sa sécurité. Pourtant, l’État palestinien dégagé des colonies serait sûrement le meilleur outil de sécurité pour Israël il me semble.

Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas eu de représailles israéliennes, hors la destruction des habitations des auteurs, à l’attentat contre la synagogue de Jérusalem le 18 novembre ?
La coalition gouvernementale de Benjamin Netanyahou était déjà largement fragilisée après l’opération à Gaza : l’aile d’extrême droite nationaliste de Naftali Benett et Israel Beitenou de Liebermann lui reprochant de ne pas avoir été jusqu’au bout. Les récents débats à la Knesset sur la loi pour un Etat juif, portée par Netanyahou, critiquée même par Shimon Pérès, ont fait freiner Bibi sur toute nouvelle opération politique ou militaire qui pourrait achever de le déstabiliser. Entre-temps, la coalition a tout de même explosé puisque des élections anticipées auront lieu et la question de la tension vive à Jérusalem, second noyau du problème, n’est pas retombée. Je crois que Netanyahou a intérêt à calmer le jeu s’il ne veut pas embraser le pays.
L’attentat qui a eu lieu dans une synagogue du quartier de Jérusalem Ouest, à Har Nof, le 18 novembre, est le symbole d’un nouveau virage dans l’accélération de la violence autour de Jérusalem, citadelle convoitée de toutes parts par les Israéliens et les Palestiniens. Au-delà de l’impasse historique dans laquelle se trouvent les négociations de « paix », de l’impuissance américaine, de la colonisation sans fin, de la guerre unilatérale démesurée menée à Gaza par Israël cet été, on sent bien que le conflit ouvert se resserre sur les fondamentaux et sur des éléments de négociation non-négociables pour les deux parties en l’état actuel. C’est comme si le fait que les tensions soient arrivées au coeur de Jérusalem ont poussé tout le monde à lever le pied. L’attaque d’une synagogue, ce n’est pas anodin, à deux pas du Mont Herzl non plus. On peut y voir la volonté de la part des deux terroristes palestiniens isolés de Silwan, de s’en prendre et au sionisme et à l’enracinement du religieux dans la vie politique israélienne, tout aussi condamnable que celui progressant du côté des Palestiniens avec le Hamas.

La radicalisation de la classe politique israélienne que vous analysez dans votre livre pourrait-elle connaître un reflux à court terme, et peut-être dès les élections législatives anticipées du mois de mars ?
La gauche n’existe plus depuis plus de dix ans. Elle n’a jamais ressuscité depuis qu’on l’a accusée d’avoir porté le processus d’Oslo et d’avoir trompé les Israéliens sur la véritable volonté de paix des Palestiniens. L’échec des négociations de Camp David en 1999 a plongé le camp de la paix dans un trou noir sans fond. Le parti centriste Yech Atid a émergé en 2013, mais Netanyahou a congédié son héros, Yair Lapid lors du débat sur la loi d’un Etat juif. Netanyahou et le Likoud engrangeraient, selon les sondages, des résultats aussi décevants qu’en 2013, ce qui ferait le lit des nationalistes et des religieux. Israël se théocratise et s’enracine dans le nationalisme, la ségrégation à l’égard des Arabes, et la fuite en avant dans la colonisation. Il est donc encore possible que le gouvernement se radicalise encore un peu plus, oui : pour Charles Enderlin, le correspondant de France 2 à Jérusalem, les colons ont gagné et il n’y aura pas d’État palestinien.

La reconnaissance de l’Etat palestinien par plusieurs pays européens peut-elle être un moyen de pression pour une relance des négociations de paix ou resterait-elle un geste essentiellement symbolique ?
Il faut toujours remettre le droit international et sa défense au coeur des enjeux de la question israélo-palestinienne. Le fait que près de 140 pays reconnaissent la Palestine est un signe fort pour les chancelleries, pour les Etats-Unis et pour Israël qui « le prend mal ». La reconnaissance récente de la Palestine par la Suède et la France est un pas de plus qui prouve qu’Israël est plus isolé que jamais sur cette question. Et après ? Pour moi, l’Etat palestinien sur le terrain n’existe pas et il est compromis chaque jour un peu plus. Rony Brauman (NDLR : ancien président de Médecins sans frontières) disait récemment que l’État palestinien aurait dû être reconnu par la France il y a vingt ans. Là, les choses étaient peut-être encore réversibles. Aujourd’hui, je ne crois pas. Je ne vois pas comment l’on pourrait évacuer les 400 000 colons. Souvenez-vous du drame national en 2005 pour Gaza et ils n’étaient que 8 000. Entre-temps, la théocratisation nationale s’est accélérée, les révoltes arabes ont augmenté l’inquiétude, et finalement le front palestinien plongé dans le statu quo depuis dix ans est une meilleure gageure pour Israël que la simple idée d’ouvrir un nouveau front d’instabilité. Statu quo des négociations au point zéro, mais pas statu quo pour la colonisation malheureusement, qui reste aujourd’hui la preuve qu’Israël, en votant pour des gouvernements toujours plus nationalistes et religieux, ne veut pas la paix au prix d’un Etat palestinien viable, continu et contigu.
Côté palestinien, on peine à réunifier les deux parties, Fatah et Hamas, dont la réconciliation de facade ne trompe personne, et qui montre que l’Etat faible palestinien est aux mains d’une Autorité palestinienne faible et affaiblie depuis dix ans, et d’un Hamas qui assure à merveille son pouvoir de nuisance et de résistance contre l’Etat hébreu et est devenu le meilleur ennemi pour Netanyahou : celui qui légitime le rejet de tout compromis face à un régime politique qui chercherait encore sa destruction. Nous sommes dans une impasse historique totale.

Lire dans Le Vif/L’Express de cette semaine l’analyse de la situation au Proche-Orient, un volet de la rétrospective « 2014, l’année de toutes les provocations ».