lundi 25 août 2014

Paru dans l'Humanité, 25 août 2014

« Les enfants de la bande de Gaza sont les principales victimes d’une stratégie dévastatrice »

Entretien réalisé par Françoise Germain-Robin

Lundi, 25 Août, 2014

Crédit: 
Editions du Cygne
Palestine Chercheur associé à l’Universtié libre de Bruxelles et au Centre Jacques Berque, Sébastien Boussois préside le Cercle de chercheurs sur le Moyen-Orient. Il vient de publiser un petit livre, Gaza l’impasse historique (1), qui suscite un débat.
Votre livre rappelle en une cinquantaine de pages l’histoire de ce petit territoire enclavé entre la mer Méditerranée, l’Égypte et Israël qui fait aujourd’hui l’actualité. Vous terminez en montrant que les enfants sont les principales victimes de cette guerre, inventant même le terme de « jeunocide », ce qui vous a valu des attaques car ce terme sous-entend une volonté délibérée de tuer les enfants, ce qui est difficile à prouver et à admettre.
Sébastien Boussois Ce mot de « jeunocide » a effectivement suscité le débat. En fait, je l’ai tiré de l’idée de « politicide » qui avait été utilisé dans les années 2000 pour désigner la façon dont Israël avait traité Yasser Arafat, son enfermement à la Mouquata : son harcèlement permanent et l’étouffement par l’occupation israélienne de toute vie politique palestinienne. Ce que je fais, c’est un constat : les enfants de la bande de Gaza sont les principales victimes de la guerre faite par Israël aux habitants de ce territoire. Et je ne suis pas seul à le dire et c’était déjà vrai en 2008. Il faut lire les rapports des ONG, comme Médecins sans frontières, et ceux de l’ONU. Cette dernière estime que 373 000 enfants auront besoin d’une aide psychologique après cette guerre. Sur 2 000 morts, il y a eu près de 500 enfants, 2 800 autres ont été blessés. Ils ont vu leurs écoles (2) et leurs maisons détruites, des membres de leurs familles tués ou blessés. Ils ont vécu et vivent encore dans la peur. Ce que je dis, c’est que rien n’a été fait par Israël pour éviter cela. C’est une violation flagrante de la Convention internationale sur les droits de l’enfant. Dans un espace où la population est aussi concentrée, où 1,8 million de personnes vivent sur 360 km2, les militaires israéliens se sont conduits comme un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Ils ont tiré dans le tas. Le résultat est qu’ils ont tué plus d’enfants que de militaires du Hamas. C’est une stratégie dévastatrice inadmissible qui débouche sur un échec militaire et politique.

Pourquoi un échec ?

Sébastien Boussois. Parce qu’ils n’ont pas réussi à détruire toutes les armes et tous les tunnels du Hamas, ce qui était leur but déclaré. Parce que sur les 2 000 morts, il y a peut-être une ou deux dizaines de personnes qui étaient réellement ciblées. Parce que leur image internationale s’est encore détériorée : Israël continue d’être considéré dans le monde comme le pays le plus dangereux pour la paix. Parce que loin d’avoir affaibli le Hamas, ils lui ont donné un nouveau souffle. Netanyahou va se voir demandé des comptes : comment la quatrième ou cinquième armée du monde, avec les moyens et l’arsenal dont elle dispose, a-t-elle pu en arriver là ? Que sont ces super services de renseignement qui n’ont pas vu les tunnels qui débouchaient en Israël ? Est-ce que les Américains vont continuer de payer indéfiniment alors que la crise est toujours là ? Ce sont des questions qui se posent et que j’aborde dans mon prochain ouvrage (3).
Bruxelles (Belgique), correspondance.
Sébastien Boussois Chercheur
(1) Éditions du Cygne, 54 pages, 10 euros.
(2) 25 écoles ont été détruites et 230 endommagées, plus de 20 enseignants tués. La rentrée des classes, prévue le 24 août, ne pourra avoir lieu.
(3) Israël entre quatre murs : le complexe 
de la sécurité face aux printemps arabes, édition du Groupe de recherche 
et d’information sur la paix et la sécurité (Grip), à paraître en septembre.
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Qui suis-je?

CHARGE DE RECHERCHE COMMUNICATION POLITIQUE ET CONSULTANT RELATIONS INTERNATIONALES


12 ans d’expérience dans le secteur public et privé


Domaines d’expertise: 
Relations internationales:compréhension des grands enjeux géopolitiques contemporains, veille pays 

Risque pays: analyse stratégique et politique de certains pays cibles, conseil stratégique et développement, 

Espaces d’analyse: Monde arabo-musulman, Israël, Maghreb, pays du Golfe, étude des grandes transformations régionales,  

Coopération et développement: relations Nord-Sud, relations euro-med

Compétences: recherche, connaissance, communication, gestion et stratégie, réseaux, gestion de projets, enseignement, organisation d’évènements

Analyse et conseil politique : veille, suivi et analyses des politiques, rédaction de notes et d’argumentaires, de consultances à destination des institutionnels, universités, think tanks, ministères, politiques, organisations internationales. 

Encadrement et coordination : enseignement et formation ; médiation et négociation ; 

Animation et organisation de débats et conférences.

Langues: français, anglais.

Informatique: pack office, PC/MAC, réseaux sociaux

Contact: 0032 471 381 312

mail: boussois@yahoo.fr


jeudi 31 juillet 2014

SORTIE LE 10 AOUT 2014: "GAZA L'IMPASSE HISTORIQUE" aux éditions du Cygne

Gaza a toujours été dans l’histoire régionale un carrefour stratégique et géopolitique majeur pour les grandes puissances locales. Sa population de pêcheurs, est l’héritière d’une longue tradition pluriculturelle, et le fruit des conquêtes des Égyptiens, en passant par les Philistins, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Byzantins, et les Arabes. Napoléon Bonaparte est aussi passé par Gaza luttant contre les Mamelouks, avant de s’emparer de l’Égypte. Sa culture vivante, ses sites archéologiques et son artisanat comme sa capacité de résistance à l’envahisseur à travers les âges sont aujourd’hui le témoin majeur de l’importance de la bande de Gaza. Ses habitants, malgré les épreuves et le drame qu’ils vivent aujourd’hui, résistent encore.
Les événements de décembre 2012 à ceux tragiques de juillet 2014, dans cette minuscule bande de terre surpeuplée coincée entre Israël et l’Égypte, doivent donc être réinscrits dans l’histoire ancienne et récente. Depuis 2007, on assiste à la lente asphyxie d’un territoire qui est devenu depuis l’accession du Hamas encore plus explosif qu’auparavant. Deux millions de Gazaouis vivent sous un blocus infernal imposé par Israël et l’Égypte et symbolisent la caisse de résonnance du conflit.


Sébastien BOUSSOIS, docteur ès sciences politiques, est chercheur associé à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) et au Centre Jacques Berque (CNRS-Rabat), auteur notamment de Sauver la mer Morte, un enjeu pour la paix au Proche-Orient (Armand Colin). Il est par ailleurs président du CCMO (Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient) et conseiller scientifique à l’Institut MEDEA (Institut de Coopération méditerranéenne et euro-arabe) à Bruxelles. Son dernier ouvrage Israël entre quatre murs, le complexe de sécurité face aux Printemps arabes, est publié aux éditions du GRIP (Bruxelles).

lundi 28 juillet 2014

Paru sur JOL Press le 26 juillet 2014

CONTAGION

Israël-Gaza: le conflit menace de toucher la Cisjordanie

Entretien avec Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, chercheur associé à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste du Moyen-Orient.
Dix-huit jours après le début de l’opération israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza, le conflit menace de s’étendre à la Cisjordanie. Jeudi 24 juillet, au moins deux Palestiniens sont morts après des affrontements violents dans les territoires palestiniens.
Suite à l’escalade des tensions à Gaza, où l’offensive israélienne contre le Hamas a déjà fait plus de 800 morts, les Palestiniens de Cisjordanie ont manifesté massivement jeudi soir pour la Nuit du Destin, une date importante du ramadan. 
Près de 10 000 personnes ont déferlé dans les rues de Ramallah, à Jérusalem Est et dans plusieurs autres villes des territoires palestiniens, jetant des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de sécurité israéliennes. Vendredi, ils appelaient à de nouvelles manifestations malgré la répression policière qui a provoqué la mort d’au moins deux Palestiniens.
JOL Press : Qu’est-ce qui a provoqué les violents affrontements en Cisjordanie et à Jérusalem Est jeudi ?
Sébastien Boussois : La situation est plus tendue que jamais. Il y a encore quelques semaines, on parlait d’un risque de troisième intifada. Je pense que c’était surtout un contexte médiatique et une figure stylistique utilisée par les médias. Aujourd’hui, on ne parle plus de troisième intifada, on parle d’embrasement possible, de révoltes, de manifestations, d’attaques, d’actes antisémites, anti-arabes, anti-palestiniens.
On est arrivés aujourd’hui à un point où, comme dans l’histoire de la poule et de l’œuf, il est difficile de savoir qui a commencé, qui a provoqué qui. L’actualité tragique à Gaza, la disproportion de l’attaque israélienne (même les Israéliens qui sont à 85% pour l’intervention commencent à déchanter et à penser que cette opération risque d’être un échec militaire), le nombre de victimes civiles, dont des enfants et des jeunes... Tout cela provoque la colère globale des Palestiniens.
Car il ne s’agit pas seulement d’attaques contre le Hamas – qui n’est pas non plus soutenu par tous les Palestiniens, il y a des failles importantes dans l’apparente « unité » de l’OLP et du Hamas – maisd'attaques contre des civils. Ce qui s’est passé à Jérusalem Est est une traînée de poudre.
Kalandia [checkpoint entre la Cisjordanie et Israël], où se sont déroulés les affrontements, est un symbole absolu. C’est la porte d’entrée depuis la Cisjordanie vers la capitale revendiquée par les Palestiniens, Al Qods [Jérusalem]. Cette manifestation n’est qu’un prolongement de tous ces événements qui remontent à l’assassinat du jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem Est.
JOL Press : Qu’est-ce qui rassemble aujourd’hui les Palestiniens de Cisjordanie et ceux de Gaza ?
Sébastien Boussois : La guerre et l’ennemi commun. En temps de « paix » – ou plutôt de non-guerre – il n’y a pas vraiment d’unité entre ces deux morceaux de territoires qui sont scindés.
Il y a déjà difficilement une continuité au sein même de la Cisjordanie, à cause de la « tactique du salami », des colons et des habitants des implantations. Les territoires sont morcelés, contournés, entourés de barbelés, de tunnels etc. C’est donc déjà difficile pour les Palestiniens situés entre les zones A, B, et C de la Cisjordanie de circuler et de créer un sentiment d’unité.
Ces derniers considèrent les Palestiniens de Gaza comme leurs « frères ». Gaza n’est pas simplement le Hamas pour eux : c’est une population palestinienne décimée, devant laquelle la communauté internationale ne sait que faire et ne parvient pas à appliquer le droit international.
JOL Press : Quelle a été la position de Mahmoud Abbas depuis le début ? Est-il vraiment soutenu en Cisjordanie ?
Sébastien Boussois : Mahmoud Abbas a été beaucoup en retrait. La difficulté, pour l’Autorité palestinienne, c’est qu’elle n’a jamais autant collaboré avec Israël depuis des années. Il y a donc un mouvement de résistance palestinienne qui résiste comme il peut et commet un certain nombre d’actes atroces, y compris au sein même de Gaza, puisqu’il y avait eu en 2012 de la part du Hamas des règlements de compte contre les responsables de l’Autorité palestinienne.
Aujourd’hui, à part son succès lorsqu'il fait le jeu du droit international (adhésion de la Palestine à l’ONU, à l’UNESCO, aux accords de paix, et peut-être un jour à la Cour pénale internationale), Mahmoud Abbas est inaudible. L’Autorité palestinienne n’arrive pas à diriger ses troupes, et ne sait pas comment se sortir de cette crise. Il y a donc eu une solidarité qui me paraît contre nature entre l’Autorité palestinienne et le Hamas, puisque leurs agendas et leurs fonctionnements même sont opposés et ont des objectifs différents.
Cette réconciliation, qui n’est pour moi que de façade, ne permet pas d’avoir un dialogue véritablement uni. Il y a la possibilité d’avoir une médiation, comme celle de l’Égypte en ce moment, mais qui ne sera évidemment pas favorable aux habitants de Gaza, vu la situation égyptienne et le retour du régime militaire opposé aux islamistes depuis l’élection du maréchal al-Sissi à la tête de la présidence.
JOL Press : Risque-t-on de voir une escalade des tensions si les Palestiniens n’obtiennent pas ce qu’ils veulent ?
Sébastien Boussois : Le problème, c’est que je ne sais pas à quoi joue le gouvernement de Benjamin Netanyahou. Il avait accepté la trêve mais sans aucune des conditions que le Hamas demandait, dont certaines ne me paraissaient pas scandaleuses. J’ai du mal à comprendre la stratégie du gouvernement israélien qui agite le chiffon rouge alors qu’il se trouve dans un contexte régional qui lui est défavorable en termes de sécurité.
Aujourd’hui, il invoque le Dôme d’acier, qui selon les fabricants est capable d’arrêter 95% des obus et des roquettes ; or on arrive à 35% environ. C’était la même chose en 2012, lorsqu’Israël menaçait l’Iran alors qu’il savait qu’il manquait de masques à gaz et d’abris pour protéger la population israélienne. C’est une position que l’on pourrait qualifier de suicidaire. En face, on a été largement surpris par l’arsenal du Hamas, par le nombre de tunnels, d’armes qui circulent à Gaza, et même de drones qu’on a découverts il y a une semaine ou deux.
Israël ne gagne pas une seule guerre depuis 40 ans, et il n’y a pas une seule bataille qui ait donné un véritable sentiment de victoire. On sait que le résultat de celle-ci sera un échec militaire. Comme le disait un ancien patron du Shin Beth [service de sécurité intérieure israélien, ndlr], dans ledocumentaire « The Gatekeepers », « Israël gagne toutes les batailles mais perd systématiquement la guerre ».
Et encore une fois, quand tout cela sera dégrossi, la solution ne pourra être que politique car la solution militaire n’aura rien réglé. Il faudra retourner à la table des négociations mais il y aura eu, entre temps, 1000 ou 1500 morts palestiniens, 30 ou 40 soldats et quelques civils israéliens morts.Tout cela est du temps et de l’argent perdu, des vies humaines et des familles décimées.
Propos recueillis par Anaïs Lefébure pour JOL Press
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jeudi 17 juillet 2014

Paru sur Zaman France le 16 juillet 2014




mercredi 16 juillet 2014

PROGRAMME DE CONFERENCES SUR DEMANDE SPECIAL MOYEN ORIENT : "COMPRENDRE LES GRANDS ENJEUX CONTEMPORAINS DANS LA REGION"

INFORMATIONS

Tarifs : sur demande selon le format (1h, 2 h)
Prise en charge des déplacements par l’organisateur
Accessible à tout public à destination des organisations privées, associations, Ecoles, clubs et cercles divers.
Contact: boussois@yahoo.fr

1)      Moyen-Orient


Questions politiques
-La question israélo-palestinienne dans l’impasse ?
-La place des Etats-Unis dans le Moyen-Orient
-Les nouveaux pôles de leadership dans la région : grands et petits acteurs
-Israël au milieu des bouleversements géopolitiques régionaux
-Les intellectuels en France et la question israélo-palestinienne
-L’histoire en Israël et l’impact sur la société israélienne
-Rôle des groupes d’influence pro-israélien et arabe à l’Union européenne
-Le rôle et les connections locales et régionales des organisations de défense des intérêts israélien et arabe
-Le Qatar, modèle de diversification des pays à économie de rente ?
-le GCC, un acteur mondial

            Sociétés
-Les croisades vues par les historiens arabes
-La Nakba vue par les historiens palestiniens
-L'histoire et la réécriture de l'histoire en Israël et l'impact sur la société israélienne

Sociétés
-Le rôle des diasporas dans la région
-Radicalisation du politique et retour du religieux
-Un point sur l’évolution sunnisme/chiisme et des points de tension
-Les grands piliers du monde arabe dans la tourmente


Investissement et sécurité
-Stabilité ou instabilité de la Palestine pour l’investissement ?
-Leviathan au cœur des défis énergétiques libano-israélien
-Systèmes de protection anti-missiles dans la région
-Quel équilibre nucléaire régional ?
-Perspectives des sociétés d’armement françaises dans la région
-Les enjeux énergétiques dans le bassin du Levant
-Liban : risque-pays de déstabilisation pour la région
-Prospective politique en Egypte : situation pour le tourisme et l’investissement étranger
-L’investissement du Qatar dans le monde
-La véritable présence américaine à l’heure des bouleversements régionaux

Démocraties et transitions politiques
-Trois ans de révoltes arabes : succès et échecs
-Du Maroc à la Jordanie, état des lieux d’une région en effervescence
-Maroc et Jordanie, des cas socio-politiques à part
-Leaderships en perte de vitesse et en hausse dans la région

L’eau au Moyen-Orient
-L’eau au Moyen-Orient, un viatique vers la paix
-Les maîtres du Château d’eau régional
-Sauver la mer Morte un enjeu pour la paix au Proche-Orient ?



2)      Relations internationales

-La transformation du Monde 1914-2014
-Le nouvel ordre mondial a-t-il réellement eu lieu ? 1991-2014
-La transformation de la nature des conflits dans le monde
-Organisations internationales, interventions et non interventions dans les conflits
-Le rôle des BRICS dans le monde
-L’Europe politique dans l’impasse : du projet à la réalité





Paru dans 20min.fr le 15 juillet 2014

http://www.20minutes.fr/monde/1418559-israel-palestine-la-france-seul-pays-ou-le-conflit-s-exporte

Israël-Palestine: La France, seul pays où le conflit s’exporte?

14 contributions
Créé le 15/07/2014 à 18h24 -- Mis à jour le 15/07/2014 à 18h40
DÉCRYPTAGE - Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes à travers le monde ce week-end, dégénérant parfois en violences entre personnes, et pas seulement en France…
«Je ne veux pas qu’il y ait des conséquences possibles en France. Le conflit israélo-palestinien ne peut pas s’importer.» C’est ce qu’a exigé François Hollande lors de sa traditionnelle interview du 14 juillet, lundi. Des débordements avaient en effet eu lieu la veille à Paris à la suite d’une marche pro-palestinienne rassemblant plusieurs milliers de personnes. Des troubles graves comme en a déjà connu la France lors de précédentes aggravations du conflit entre Israéliens et Palestiniens.
«La France a toujours été une caisse de résonance au conflit israélo-palestinien», rappelle Sébastien Boussois*, docteur en sciences politiques et chercheur associé à l’Université Libre de Bruxelles. «Il y a une spécificité à ce pays des droits de l’Homme par tradition, où les réactions sont souvent épidermiques et où la population est peut-être plus prompte à l’emballement sur ces questions», explique-t-il.
«De plus, la communauté juive comme la communauté arabe y sont très représentées. Dès lors, la répercussion est très forte, tout simplement par le nombre de personnes qui peuvent se sentir concernées.» Le spécialiste explique également cette résonance par l’histoire du pays, déjà divisé lors l’affaire Dreyfusentre pro et antisémites, à laquelle s’est ajoutée la question de la collaboration avec l'Allemagne nazie.

Bagarres et slogans haineux

Pourtant, la France – où des manifestations pacifiques en faveur de la population de Gaza et contre la politique d’Israël ont aussi eu lieu à Lille, Bordeaux, et Marseille- n’est pas le seul pays où le conflit israélo-palestinien préoccupe la population. Ainsi, à Oslo, quelque 3.000 manifestants se sont rassemblés ce week-end, tout comme à Caracas, Londres, Genève, ou dans certains pays arabes, comme à Tunis, où environ 2.000 personnes ont manifesté vendredi.
En Irlande, quelque 3.000 personnes – dont des représentants politiques et syndicaux — ont manifesté samedi à Dublin à l’appel de l’association Ireland Palestine Solidarity Campaign, et des rassemblements ont également eu lieu à Cork, Limerick, Galway, et Derry. Plusieurs villes américaines ont également vu des rassemblements de soutien au peuple palestinien comme au peuple israélien.
Des rassemblements en majorité pacifiques, mais qui ont parfois dégénéré en bagarre, comme à Los Angeles, où des manifestants avaient commencé à piétiner un drapeau palestinien arraché à une voiture qui passait par là. A Francfort, en Allemagne, une manifestation rassemblant quelque 2.500 personnes contre l’opération «Protective Edge» a elle aussi dégénéré, des manifestants jetant des projectiles sur les policiers et en blessant huit.
Les médias allemands ont également relevé des graffitis et des slogans haineux à l’égard des juifs. «Il arrive que les manifestations propalestiniennes soient conspuées verbalement par des pro-israéliens et inversement, note Samir Saul, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Montréal. Mais les attaques en règle sont rares, ne serait-ce que parce que les forces de l’ordre sont aux aguets.»
*Bérénice Dubuc
     

    mercredi 11 juin 2014

    Paru sur Europe1.fr le 10 juin 2014 A propos du nouveau Président israélien Réouven Rivlin

    http://www.europe1.fr/International/Israel-Reouven-Rivlin-nouveau-president-2147781/