Gaza a toujours été dans l’histoire régionale un carrefour stratégique
et géopolitique majeur pour les grandes puissances locales. Sa population de
pêcheurs, est l’héritière d’une longue tradition pluriculturelle, et le fruit
des conquêtes des Égyptiens, en passant par les Philistins, les Babyloniens,
les Perses, les Grecs, les Romains, les Byzantins, et les Arabes. Napoléon
Bonaparte est aussi passé par Gaza luttant contre les Mamelouks, avant de
s’emparer de l’Égypte. Sa culture vivante, ses sites archéologiques et son
artisanat comme sa capacité de résistance à l’envahisseur à travers les âges
sont aujourd’hui le témoin majeur de l’importance de la bande de Gaza. Ses
habitants, malgré les épreuves et le drame qu’ils vivent aujourd’hui, résistent
encore.
Les événements de décembre 2012 à ceux tragiques de juillet 2014, dans
cette minuscule bande de terre surpeuplée coincée entre Israël et l’Égypte,
doivent donc être réinscrits dans l’histoire ancienne et récente. Depuis 2007,
on assiste à la lente asphyxie d’un territoire qui est devenu depuis
l’accession du Hamas encore plus explosif qu’auparavant. Deux millions de
Gazaouis vivent sous un blocus infernal imposé par Israël et l’Égypte et
symbolisent la caisse de résonnance du conflit.
Sébastien BOUSSOIS, docteur ès sciences politiques, est chercheur associé à
l’ULB (Université Libre de Bruxelles) et au Centre Jacques Berque (CNRS-Rabat),
auteur notamment de Sauver la mer Morte, un enjeu pour la paix au Proche-Orient (Armand
Colin). Il est par ailleurs président du CCMO (Cercle des Chercheurs sur
le Moyen-Orient) et conseiller scientifique à l’Institut MEDEA (Institut de
Coopération méditerranéenne et euro-arabe) à Bruxelles. Son dernier ouvrage Israël
entre quatre murs, le complexe de sécurité face aux Printemps arabes, est
publié aux éditions du GRIP (Bruxelles).
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