La Palestine à l’ONU : qu’est-ce qui va changer ?
PAR FOUAD BAHRI | MER, 05/12/2012 - 17:36
MOTS CLÉS : PALESTINE, ETAT, OBSERVATEUR, NON-MEMBRE, ONU, PROCCLAMATION, REFUGIÉS, CPI,REPORTAGES, MONDE ARABE

La reconnaissance officielle par l’ONU du statut d’état observateur non-membre de la Palestine, le 29 novembre, constitue une avancée légale importante pour les Palestiniens. Mais face à la détermination israélienne de poursuivre la colonisation, seul un nouveau rapport de forces politique, local et régional, pourra infléchir la fuite en avant de Tel Aviv.
Une annonce historique. Le vote, à la majorité des voix, du statut d’état observateur non-membre pour la Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU le jeudi 29 novembre constitue une étape importante pour le peuple palestinien et ses leaders. Après l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, le 31 octobre 2011, les Palestiniens semblent donc avancer inexorablement vers une reconnaissance internationale plus grande de leur existence politique. Pourtant, loin des décors officiels de la diplomatie et comme indifférente aux décrets des Nations Unies, la colonisation israélienne se poursuit en Palestine. Que peut changer pour les Palestiniens, dans ces conditions, l’obtention formelle d’un statut d’Etat face à la politique dure du Premier ministre israélien Netanyahu ?
De nouvelles armes institutionnelles pour les Palestiniens
Beaucoup de choses pour le docteur en science politique et spécialiste de la question israélo-palestinienne, Sébastien Boussois, auteur de Sauver la mer Morte : un enjeu pour la paix au Proche-Orient (Armand Colin). «La Palestine n’est plus un territoire occupé mais un Etat occupé, ce qui change des données dans les rapports entre Israéliens et Palestiniens. Cela va probablement pousser les Israéliens à relancer une partie des négociations qu’ils enterrent depuis dix ans» explique M. Boussois. Le chercheur ajoute que «cela permet à la Palestine de pouvoir négocier de grands traités, de rentrer dans des organisations comme l’OMS et donc de ré-émerger». Autrement dit, devenir un Etat officiel devrait offrir aux Palestiniens de nouveaux leviers juridiques, économiques et institutionnels susceptibles de renforcer leur position à la table des négociations. Parmi ces nouveaux atouts, l’arme suprême des dirigeants palestiniens sera sans aucun doute la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). «Ils auront cette possibilité s’ils adhèrent au statut de Rome et rejoignent la CPI», confirme Jean-Paul Roche, membre de l’association France Palestine solidarité. «Des individus coupables de crimes de guerre commis sur le territoire palestinien pourraient effectivement être déférés devant la CPI», ajoute-t-il.
Une annonce historique. Le vote, à la majorité des voix, du statut d’état observateur non-membre pour la Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU le jeudi 29 novembre constitue une étape importante pour le peuple palestinien et ses leaders. Après l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, le 31 octobre 2011, les Palestiniens semblent donc avancer inexorablement vers une reconnaissance internationale plus grande de leur existence politique. Pourtant, loin des décors officiels de la diplomatie et comme indifférente aux décrets des Nations Unies, la colonisation israélienne se poursuit en Palestine. Que peut changer pour les Palestiniens, dans ces conditions, l’obtention formelle d’un statut d’Etat face à la politique dure du Premier ministre israélien Netanyahu ?
De nouvelles armes institutionnelles pour les Palestiniens
Beaucoup de choses pour le docteur en science politique et spécialiste de la question israélo-palestinienne, Sébastien Boussois, auteur de Sauver la mer Morte : un enjeu pour la paix au Proche-Orient (Armand Colin). «La Palestine n’est plus un territoire occupé mais un Etat occupé, ce qui change des données dans les rapports entre Israéliens et Palestiniens. Cela va probablement pousser les Israéliens à relancer une partie des négociations qu’ils enterrent depuis dix ans» explique M. Boussois. Le chercheur ajoute que «cela permet à la Palestine de pouvoir négocier de grands traités, de rentrer dans des organisations comme l’OMS et donc de ré-émerger». Autrement dit, devenir un Etat officiel devrait offrir aux Palestiniens de nouveaux leviers juridiques, économiques et institutionnels susceptibles de renforcer leur position à la table des négociations. Parmi ces nouveaux atouts, l’arme suprême des dirigeants palestiniens sera sans aucun doute la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). «Ils auront cette possibilité s’ils adhèrent au statut de Rome et rejoignent la CPI», confirme Jean-Paul Roche, membre de l’association France Palestine solidarité. «Des individus coupables de crimes de guerre commis sur le territoire palestinien pourraient effectivement être déférés devant la CPI», ajoute-t-il.
La solution passera par le politique
Mais ces nouvelles dispositions suffiront-elles à infléchir sérieusement l’unilatéralisme israélien ? Pas si sûr. D’après Sébastien Boussois, il manquerait aux Palestiniens une manière de contraindre légalement l’Etat d’Israël à respecter ses engagements internationaux sur des sujets comme «la relance de la colonisation sur le terrain», à l’image de la mesure du 30 novembre décidée par Netanyahou, «annonçant 3.000 nouveaux logements pour rattacher Male Adoumim à Jérusalem-est». Cette politique du fait accompli illustre, selon lui, cette volonté de faire disparaître matériellement l’Etat palestinien. D’autres font valoir que la solution sera in fine politique et non juridique, à commencer par le rétablissement de l’unité interpalestinienne entre le Fatah et le Hamas. Jean-Paul Roche en est convaincu. S’il constate sur ce sujet, «des signes d’espoir», il reconnaît qu’il faudra aller plus loin car «si la Palestine reste divisée en deux entités, c’est un cas de faiblesse extrême». L’émergence de nouveaux acteurs politiques de poids dans la région, comme la Turquie, le Qatar et surtout l’Egypte, pourrait aussi changer la donne palestinienne. «L’Egypte est le seul pays à bien s’entendre avec les Etats-Unis et à être dans une relation de paix, économique et politique, majeure avec Israël depuis le traité de paix de Camp David en 1978. Il est le seul également à pouvoir relâcher le blocus israélien sur Gaza», déclare M. Buisson.
Quid des réfugiés palestiniens ?
Mais sur le terrain, les militants de la cause palestinienne restent plutôt pessimistes et ne se font pas d’illusions. «Cela ne changera rien. On passera juste de l’Autorité palestinienne à l’Etat palestinien. Il y a même le risque qu’on se satisfasse de cet Etat et qu’on en oublie les millions de Palestiniens réfugiés» affirme ainsi Taymour Ahmad, responsable des relations externes à la GUPS (Union générale des étudiants de Palestine) pour Paris, qui concède néanmoins qu’«un petit pas en avant diplomatique» a bien été fait.
Mais ces nouvelles dispositions suffiront-elles à infléchir sérieusement l’unilatéralisme israélien ? Pas si sûr. D’après Sébastien Boussois, il manquerait aux Palestiniens une manière de contraindre légalement l’Etat d’Israël à respecter ses engagements internationaux sur des sujets comme «la relance de la colonisation sur le terrain», à l’image de la mesure du 30 novembre décidée par Netanyahou, «annonçant 3.000 nouveaux logements pour rattacher Male Adoumim à Jérusalem-est». Cette politique du fait accompli illustre, selon lui, cette volonté de faire disparaître matériellement l’Etat palestinien. D’autres font valoir que la solution sera in fine politique et non juridique, à commencer par le rétablissement de l’unité interpalestinienne entre le Fatah et le Hamas. Jean-Paul Roche en est convaincu. S’il constate sur ce sujet, «des signes d’espoir», il reconnaît qu’il faudra aller plus loin car «si la Palestine reste divisée en deux entités, c’est un cas de faiblesse extrême». L’émergence de nouveaux acteurs politiques de poids dans la région, comme la Turquie, le Qatar et surtout l’Egypte, pourrait aussi changer la donne palestinienne. «L’Egypte est le seul pays à bien s’entendre avec les Etats-Unis et à être dans une relation de paix, économique et politique, majeure avec Israël depuis le traité de paix de Camp David en 1978. Il est le seul également à pouvoir relâcher le blocus israélien sur Gaza», déclare M. Buisson.
Quid des réfugiés palestiniens ?
Mais sur le terrain, les militants de la cause palestinienne restent plutôt pessimistes et ne se font pas d’illusions. «Cela ne changera rien. On passera juste de l’Autorité palestinienne à l’Etat palestinien. Il y a même le risque qu’on se satisfasse de cet Etat et qu’on en oublie les millions de Palestiniens réfugiés» affirme ainsi Taymour Ahmad, responsable des relations externes à la GUPS (Union générale des étudiants de Palestine) pour Paris, qui concède néanmoins qu’«un petit pas en avant diplomatique» a bien été fait.
Paris
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