mercredi 24 août 2011

http://www.grotius.fr/«-israel-l’enfer-du-decor-dix-ans-de-radicalisation-»/

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Sébastien Boussois publie aux Editions du Cygne «Israël : l’enfer du décor – Dix ans de radicalisation ». Avec l’autorisation de l’auteur et de l’éditeur, nous publions l’introduction de l’ouvrage.

Le « Printemps arabe » n’est pas qu’un printemps des peuples du Maghreb au Machrek. Il aura une incidence majeure sur l’évolution des relations internationales et notamment des rapports de force entre occident et orient pour les années à venir. Jusqu’à il y a encore quelques semaines, le Proche-Orient avait la lourde réputation de demeurer un éternel archipel d’îlots instables. Il semblerait que la réalité d’une région qui aspire à la démocratie s’éloigne progressivement de l’image véhiculée jusque là. Devrait-on rappeler pourtant que la majeure partie de ces régimes monarchiques ou dictatoriaux cautionnés par les Occidentaux, assuraient jusque là une stabilité intérieure unique, reflet de régimes sclérosés ? Faut-il être inquiet de cette phase de transition ? Le mouvement semble irréversible.

Du Maroc au Liban, de la Tunisie à l’Égypte en passant par l’Iran, les sociétés civiles arabes muselées pendant des décennies s’organisent et tendent désormais à entrer dans un processus durable de résistance et d’aspirations à la liberté et à la démocratie. Ces sociétés qui ont souffert de leurs dirigeants apparaissaient dans l’espace public mondial via les marges comme les réfugiés politiques ou les dissidents mais aussi par des classes moyennes en pleine émergence. Désormais, ils ressurgissent dans l’espace public par les mouvements de masse depuis trois mois. Intellectuels, artistes et figures d’opposition s’organisent contre le pouvoir en place dont la révolution de Jasmin et celle de la place Tahrir n’étaient que les prémisses. Désormais, le Yémen, la Libye et la Syrie s’embrasent sous les coups d’une répression sanglante.

Israël, regarde avec inquiétude le bouleversement de son environnement régional et particulièrement les deux pays avec lesquels il a signé une paix froide : l’Égypte et la Jordanie mais aussi la Syrie qui possède une grande capacité de nuisance via le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.

En Israël, le lent affaissement de la gauche et l’enracinement de la droite et de l’extrême droite dans le paysage politique reflètent un bouleversement majeur depuis l’échec des négociations de Camp David en 2000. Sébastien Boussois a commencé à étudier la société israélienne en 2000 au moment même du déclenchement de la seconde Intifada sur l’esplanade des mosquées le 29 septembre. À travers ses voyages, il a pu observer la radicalisation progressive de la société israélienne : du lent effondrement du camp de la paix jusqu’à la remise en cause de la politique sioniste en Israël. Au delà de la persistance des menaces extérieures et de la création de nouvelles, comment Israël peut il assurer sa sécurité et la pérennité d’un État à caractère juif et démocratique tout en préservant une cohésion sociale menacée?

Parce que la gauche n’a jamais apporté la paix, parce que la droite a su faire des concessions exemplaires, parce que le camp de la paix a été accusé de soutenir encore et toujours une autorité palestinienne qui n’aurait jamais voulu la réconciliation, l’auteur montre que malgré tout cela, il existe encore des raisons d’espérer un retour à la modération côté israélien, et que des franges actives de la société oeuvrent encore chaque jour malgré l’acharnement de leurs détracteurs à parvenir à une paix juste et durable avec les Palestiniens: ce sont les pacifistes, les historiens et certains intellectuels en guerre contre la droite et l’extrême-droite coalisée.

Ces deux sociétés qui ne peuvent actuellement plus se voir, cachées l’une de l’autre par un mur de huit mètres de haut auront tôt ou tard la nécessité de se reparler, de se reconsidérer à nouveau. La dernière initiative en date d’une poignée d’intellectuels, pacifistes contre leur gouvernement et pour une « Initiative de Paix Israélienne », l’IPI, reprenant notamment le plan de paix arabe proposé par la Ligue arabe en 2002 est un exemple. Israël doit se sauver de lui-même. Ce salut ne viendra que de l’intérieur de sa société.


«Le gouvernement israélien n’est prêt à aucune concession»

Le chercheur Sébastien Boussois* analyse pour Le Soir échos le projet de demande de reconnaissance d’un Etat palestinien déposé aujourd’hui auprès des Nations Unies. L’initiative vise à être discutée lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU, en septembre.

Face au blocage des négociations avec Israël, une demande d’adhésion de la Palestine va être déposée à l’ONU. Quelle est la portée politique d’une telle requête ?
La décision de l’Autorité palestinienne fait suite à plusieurs années de réorganisation du pouvoir interne et de mise en place des outils pour un futur Etat palestinien indépendant sur les lignes de 1967, par l’action de Salam Fayyad, l’actuel Premier ministre. La réconciliation avec le Hamas -sincère ou d’intérêt- était indispensable pour que la demande de Mahmoud Abbas puisse refléter le désir d’une majorité. La portée politique d’un tel acte est forte à trois égards : du président palestinien à l’égard du Hamas afin de rappeler qu’il reste le chef ; des Palestiniens à l’égard des Israéliens qui n’en peuvent plus de la colonisation permanente et croissante depuis 20 ans ; et enfin des Palestiniens à l’égard de la communauté internationale qui bien que médiatrice, via les USA et le Quartet, ne parvient pas à contenir la montée extrémiste du gouvernement de Netanyahou et de Liebermann. Malgré une apparente volonté de dialogue, ce gouvernement n’est encore prêt à aucune concession.

Cette demande a-t-elle une chance d’aboutir ? Va-t-elle servir à relancer les négociations avec Israël ?
A priori, la pression contre les USA pour qu’ils posent leur droit de veto devrait malheureusement l’emporter et réduire à néant la volonté palestinienne. Alors que l’on croyait que l’administration Obama-Clinton parviendrait à relancer les négociations, elle n’est allée que d’échec en échec, devant les refus successifs du Premier ministre de ralentir ou stopper la colonisation des Territoires. Ce qui est intéressant, c’est que de plus en plus de pays, membres de l’ONU, font le processus de reconnaissance. Peut-être qu’alors, la vraie question reviendra : celle de donner plus de poids aux puissances émergentes au sein du Conseil de sécurité, et de reconsidérer l’évolution de la géopolitique mondiale en faisant de l’ONU un instrument plus démocratique. Est-il normal que la Palestine ne voit pas le jour juste parce que les USA en ont décidé ainsi ?

Le Printemps arabe a-t-il changé la donne pour la reconnaissance d’un Etat palestinien ?
En quelque sorte oui et indirectement. Un changement peut venir de cette nouvelle dynamique qui se crée en Israël depuis quelques semaines. Les Israéliens ne supportent plus que tout soit investi pour la sécurité : un tiers vit en dessous du seuil de pauvreté et beaucoup ne peuvent plus se loger ni nourrir leur famille. Après la manifestation du 15 juillet à Jérusalem pour la reconnaissance d’un Etat palestinien, et après les manifestations nationales qui ont regroupé le week-end dernier près de 150 000 Israéliens, on pourrait assister à une renaissance de la gauche, une gauche sociale et plus soucieuse du quotidien des Israéliens.

Selon vous, ce mouvement pourrait donc bénéficier à la Palestine ?
En cela, le Printemps et l’été arabe ont eu un impact énorme en interne: les Israéliens se sont dits « Si les Arabes peuvent changer leur destin, nous aussi, et il n’y a plus de fatalité à l’impasse sécuritaire et économiquement dramatique dans laquelle nous vivons ». Si la droite coalisée à l’extrême-droite ne prend pas bien le virage, il se pourrait qu’une nouvelle force d’opposition puisse faire renaître l’espoir : un espoir interne pour l’amélioration du niveau de vie des Israéliens et un espoir externe pour la relance du processus de paix avec les Palestiniens.◆

* Sébastien Boussois est chercheur post doctorant à l’Université Libre de Bruxelles et au Centre Benveniste (EPHE Sorbonne), spécialiste de la question israélo-palestinienne et auteur de «Israël, l’enfer du décor, dix ans de radicalisation» (éditions du Cygne, Paris, 2011).

Céline Girard


http://cerclechercheursmoyenorient.files.wordpress.com/2011/05/cahiers_2011_061.pdf

PARUTION DU CAHIER N°1 DU CCMO. Le défi sécuritaire en Israël. Mythes et réalités.

Nous avons l’honneur de vous annoncer la parution du premier cahier du CCMO consacré au défi sécuritaire en Israël. Ce cahier est scindé en deux parties. L’une portant sur perception de la menace sécuritaire en Israël notamment à travers le prisme du sionisme (Sébastien Boussois). L’autre s’attarde sur la réalité géostratégique du défi sécuritaire en Israël (Jean-Baptiste Beauchard). Le prochain Cahier sera consacré aux révolutions arabes et sortira en septembre 2011 grâce au concours des chercheurs membres du CCMO.

Attention, les propos du présent Cahier n’engagent que leurs auteurs, et pas l’ensemble de l’équipe du CCMO

lundi 18 avril 2011

A PARAITRE PROCHAINEMENT LE PREMIER CAHIER DU CCMO

Cahier numéro 1 du CCMO sur le site du Cercle fin avril sur

"Le défi sécuritaire d'israël, perceptions et réalités" par J.B Beauchard et S. Boussois

www.cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com

MES TRAVAUX DE RECHERCHE EN COURS

SAUVER LA MER MORTE, UN ENJEU POUR LA PAIX AU PROCHE ORIENT ? APPROCHE POLITIQUE, GEOPOLITIQUE ET DE COOPERATION AUTOUR DU RED DEAD SEA CANAL

Par Sébastien Boussois

Colloque CCMO AVRIL 2011

L’idée de cette communication est de montrer en quoi l’idée du sauvetage de la Mer morte, a permis à Israël de mobiliser toute la communauté internationale, de la Banque mondiale aux Etats, en passant par les laboratoires d’ingénieurs mais aussi les sociétés impliquées dans le futur projet du Red Dead, alors que sa priorité semblerait avant tout de construire un canal d’eau qui lui permettrait d’augmenter en premier lieu ses capacités en eau douce, de construire les fameuses usines de désalement « avenir de la production d’eau » dans la région, de construire des usines hydro-électriques, et s’il restait de l’eau en bout de course de l’amener effectivement à la Mer morte avec toutes les incertitudes et les aléas pour l’écosystème d’un mixing eau mer morte-eau mer rouge.

Si les Israéliens sont partie prenante dans le projet Red Dead, ils doivent poursuivre une coopération qui ne peut pas être directement politique pour eux pour les raisons que nous expliquerons (idéologie sioniste, rapport à l’eau et aux sciences et technologies, occupation et détournement du Jourdain), mais scientifique, économique et écologique. En effet, la solution ultime reconnue par une partie des scientifiques spécialistes, des ONG engagées sur le sujet, semble être la réouverture du Jourdain sous contrôle depuis 1948 par Israël. Or, les Israéliens, à commencer par les Ministères concernés ne peuvent pas concevoir de « libérer » le Jourdain. On construirait donc un projet coûteux le Red Sea Dead Sea Canal, à risques environnementaux pour de mauvaises raisons et en tout cas pas en priorité au nom du sauvetage de la Mer morte.

Ce projet pose un problème majeur de coopération politique au niveau régional. En effet, il semble que les Jordaniens jouent un double jeu en préparant un projet de canal séparé, alors que pourtant déjà, ils ne semblent déjà jurer que par le désalement pour résoudre leurs problèmes d’eau. Quand aux Palestiniens, ils sont victimes de la pénurie d’eau organisée, alors qu’ils disposent des plus grandes réserves en Cisjordanie de la région. Leur rejet du RSDSC et leur proposition d’une étude et solution alternative est intéressante car elle symbolise pour eux leur refus d’entériner l’occupation du Jourdain par ce Canal, qui entraînerait déplacements de populations bédouines et palestiniennes, impossibilité du droit au retour sur cet espace, maintien de l’empowerment israélien sur l’eau.

Dans cette communication, on tentera de montrer enfin comment la question de l’eau est devenue une question politique au fil des années pour les gouvernants de la région, comment la Mer morte est en soi un concept politisé, et comment la seule solution pour son avenir serait une solution politique, une coopération active régionale, et l’inscription de ce projet dans une logique de peace-impact. Il faudrait alors que le sauvetage soit un préliminaire à toute réflexion globale sur l’eau dans la région, avant toute reprise du processus de paix, et plus qu’un simple alinéa dans le chapitre politique de la question de l’eau dans les négociations. A ce prix, la Mer morte, peut devenir un symbole mondiale de coexistence pacifique, si l’on parvenait à la classer au patrimoine mondial de l’UNESCO et y réaliser comme certains y pensent une biosphère unique au monde, voire une « Valley of peace » loin de toutes les propositions actuellement envisagées.

MOYEN-ORIENT n°10 en kiosque spécial REVOLUTIONS

En cette année 2011, le monde arabe est en train de vivre un tournant dans son histoire, comparable à la rupture de 1989 en Europe de l’Est. Inattendus, les mouvements de contestation qui ont provoqué la chute de Ben Ali en Tunisie et leur propagation à l’Égypte puis à l’ensemble du Moyen- Orient marquent avant toute chose la volonté des peuples de la région de retrouver la dignité et de mettre fin à leur exclusion des affaires politiques. À l’heure où nous bouclons ce numéro, la situation est d’ailleurs des plus évolutives en différents lieux de la région. L’Égypte a adopté massivement le 19 mars une réforme constitutionnelle qui ouvre la voie à des élections législatives et présidentielles, des frappes aériennes sous couvert de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies touchent la Libye, la répression fait rage à Bahreïn, et la Syrie connaît ses premières manifestations pour la levée de l’État d’urgence, en vigueur depuis quarante-huit ans, à Daraa dans le sud du pays.Véritable révolution, ce réveil arabe est au cœur du dossier que Moyen- Orientconsacre aux dynamiques révolutionnaires et aux transformations en cours dans la région. Particulièrement dense, à la hauteur de l’événement, il allie analyses et entretiens de spécialistes (français et étrangers) à des témoignages et des pages repères (cartographique, démographique, effet domino), l’objectif étant de fournir quelques clés de lecture des bouleversements que vit la région aujourd’hui. Les mouvements contestataires en Tunisie et en Égypte sont particulièrement approfondis, tout comme la situation en Syrie, que certains pensaient à « l’abri de troubles » (pour reprendre les termes de son président, Bachar al-Assad), anticipant les événements. Nous nous intéressons également à la perception israélienne des révoltes arabes, afin d’envisager les perspectives d’action qu’offrent ces changements à l’État hébreu, ainsi qu’aux comportements des citoyens arabes face à la démocratie et l’islam à travers l’analyse faite par l’Arab Barometer Survey. Enfin, l’on constate qu’en dépit des apparentes similarités des révoltes arabes, leurs déroulements et leurs aboutissements sont relativement hétérogènes, certaines menant à un changement de régime ou à des réformes, d’autres à la répression comme en témoigne le bain de sang en Libye.

Pour le reste de son contenu exceptionnellement plus réduit, ce numéro se propose d’analyser, en écho aux révolutions arabes, l’impact des chaînes satellitaires au Moyen-Orient en tant qu’outil d’influence et de puissance. Il présente aussi les évolutions de Tanger, ville marocaine portuaire à l’interface de l’Afrique et de l’Europe, le théâtre iranien et l’engouement qu’il suscite aujourd’hui dans le pays, avant de revenir dans la rubrique histoire sur la guerre du Liban (1975-1990) et les modes de résistance à la guerre.

Au sommaire :

REGARD de Philippe Droz-Vincent sur les sociétés civiles dans le monde arabe

DOSSIER RÉVOLUTIONS
Le « printemps arabe » entre espoirs et désillusions
par Denis Bauchard

Enjeux politiques en Tunisie : Des protestations de 2008 à la fuite de Ben Ali
par Amin Allal

Égypte : « L’histoire commence aujourd’hui »…
Entretien avec Tewfik Aclimandos

La surprise égyptienne : la révolution du 25 janvier vue du Caire
Témoignage de Constance d’Ambrières et Alexis Renault-Sablonière

Repères révolutions : Démographie
par Clémence Brutin, Marie-Hortense Varin et Maxime Leclercq

Le réveil arabe vu de Jérusalem
par Arie M. Kacowicz

Les comportements de la population arabe face à l’islam et à la politique
par Mark Tessler

Les révoltes arabes : convergences et hétérogénéités
par Narrimane Benakcha

En Syrie aussi, la peur a commencé à changer de camp
par Ignace Leverrier

GÉOPOLITIQUE
Chaînes satellitaires : outils d’influence, facteurs de puissance
par Théo Corbucci

VILLES • SOCIÉTÉ
Interface entre Afrique et Europe : Tanger, ville port(e) en devenir
par Julien Le Tellier

Le théâtre en Iran : un engouement millénaire
par Cyril Fargues

HIER
Liban : la résistance à la guerre (1975-1990)
par Emma Soubrier

lundi 21 mars 2011

Une révolte en silence en Jordanie?

Il y a des pays dont on a peu parlé dans ce printemps arabe et qui se réveillent lentement. Plus loin des médias internationaux, la Jordanie en fait partie.

Fin janvier, des milliers de Jordaniens ont défilé à Amman après l’appel de l’opposition Frères musulmans-syndicalistes-militants de gauche à protester contre la pauvreté, le chômage et la hausse des prix. En urgence, le 18 janvier, 170 milliards de dollars ont été débloqués pour enrayer la hausse des prix des produits de première nécessité. Il faut dire que le royaume hachémite ne dispose pas des mêmes ressources ( rente pétrolière) que la Libye ou l’Algérie et qu’il est un pays au lourd déficit budgétaire. De près de 10% du PIB en 2009, la dette publique a été ramenée à 5% depuis au prix d’une politique de rigueur antisociale et la Jordanie reçoit de l’aide des occidentaux pour sortir de la crise. L’Etat avait même émis l’idée de supprimer les subventions sur le pain, base de l’alimentation des Jordaniens, mais abandonna devant la contestation.

Le 7 février dernier, c’est une lettre signée par les 36 chefs bédouins, loin des mouvances religieuses, qui parvenait au roi Abdallah II en signe de ralliement aux manifestants. Piliers du régime, ils demandaient au souverain davantage de réformes pour améliorer au plus vite les conditions de vie de ses sujets. Sans demander l’abdication du Roi, ils s’en étaient même pris au train de vie de la famille royale, une première, et particulièrement à la belle reine des 1001 nuits jordaniennes, Rania d’origine palestinienne et soupçonnée depuis lors de corruption. Décidément, prises pour « abus de faiblesse » la main dans le sac, les femmes « cleptovores » de dirigeants arabes ont la vie dure dans cette Révolution.

Pour tenter de faire taire l’agitation, Abdallah II a finalement écouté la rue qui demandait la démission de Mr Rifaï et nommé le 1er février un nouveau premier ministre, Mr Bakhit, afin qu’il mène de profondes réformes « soutenant notre action en faveur de la démocratie ». Tout un programme qui ne semble rassurer ni les Jordaniens, et une évolution qui continuerait surtout à inquiéter les Israéliens, pour qui le royaume hachémite est surtout le dernier pays frontalier stable en paix avec eux.

Allié historique dans la région des Etats-Unis, le Roi se rendait fin février outre-atlantique pour chercher du soutien. Mais curieusement pas auprès du président Obama, plutôt même du côté des sénateurs républicains comme l’ex-candidat malheureux John Mc Cain. En qualité de chef des armées, Abdallah Il visitait même des bases militaires US et venait y chercher des conseils en défense dit-on. Sic.

mardi 25 janvier 2011

MOYEN-ORIENT NUMERO 9 "TURQUIE CHANGEMENT DE CAP?"

Moyen-Orient n° 9, Janvier-Mars 2011

Le 14 décembre 2010, les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne (UE) ont refusé d’ouvrir un nouveau chapitre dans le cadre des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE. Candidat reconnu depuis bientôt onze ans, le pays se voit reprocher de ne pas en faire assez ou assez vite par les 27. Pourtant, depuis l’accession au pouvoir des islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002, la Turquie connaît de profondes évolutions en matière de démocratisation et commence par conséquent à considérer l’attitude de Bruxelles à son égard trop négative et à repenser sa politique étrangère en direction du Moyen-Orient. Alors que des élections législatives seront organisées en juin 2011, le dossier du présent numéro se propose de dresser un bilan politique et économique de la Turquie afin de saisir les dynamiques en cours tant vis-à-vis de l’Europe que vis-à-vis du Moyen-Orient, espace géographique et historique auquel elle appartient. Il analyse non seulement la politique étrangère du gouvernement de l’AKP, le renouveau de ses relations avec ses voisins moyen-orientaux, où Ankara est de plus en plus proactif, mais passe également au crible son rapport à la laïcité. Il traite enfin de la société civile turque sortie de sa torpeur au profit du vent de démocratisation qui souffle dans le pays depuis une décennie. La suite >

samedi 8 janvier 2011

COLLOQUE DU CCMO AU PALAIS DU LUXEMBOURG LE 6 AVRIL 2011

Le CCMO lance un appel à communication pour son premier colloque universitaire « Du Maghreb au Golfe, nouvelles dynamiques et identités au Moyen-Orient », organisé à Paris au Palais du Luxembourg le 6 avril 2011.

Le colloque d’avril 2011 a deux objectifs :

- présenter le CCMO, ses buts et ses activités ;
- proposer un premier panorama de la jeune recherche sur le Moyen-Orient.

Proposées par des doctorants, des jeunes docteurs et des post-doctorants, les interventions seront sélectionnées selon les critères suivants :

- pertinence et originalité du sujet proposé ;
- reflet de la diversité des disciplines du CCMO.

Les thèmes retenus et volontairement large pour permettre au plus grand nombre de s’exprimer pour le colloque sont les suivants :

- TENSIONS ET CONFLITS

Le Moyen-Orient contemporain est un espace marqué par de nombreuses tensions et de nombreux conflits qui mettent en jeu des rapports de force à la fois nationaux et internationaux. Dans cette table-ronde, il s’agira de comprendre comment, d’une part, les enjeux locaux ou régionaux au Moyen-Orient s’internationalisent et comment, d’autre part, cette internationalisation conduit à leur reconfiguration. Thèmes développés: Israël, Territoires Palestiniens, situation au Liban, guerre de l’eau,etc.

- CONSTRUCTION ET RECONSTRUCTION POLITIQUE

Dotés de systèmes politiques très variés, les États du Moyen-Orient vivent, pour nombre d’entre eux, une période de transition ou d’expérimentation institutionnelle ou politique. Cette table-ronde servira à saisir la nature des bouleversements en cours et à comprendre comment fonctionne la fabrique de la légitimité politique et institutionnelle au Moyen-Orient. Thèmes développés: la Syrie, le Liban, le Golfe, la Tunisie, etc.

- SOCIÉTÉ, SOCIÉTÉ CIVILE ET DÉMOCRATIE

Mené et soutenu par les États-Unis et l’Union européenne depuis le début des années 1990, le projet de démocratisation du Moyen-Orient, s’il reste inachevé, a mis en branle une multitude d’acteurs issus de la société civile ou des mouvements d’opposition aux pouvoirs en place. Quelles sont exactement leurs revendications ? En quoi la démocratie est-elle un enjeu au Moyen-Orient ? De quoi parle-t-on vraiment quand on parle de « démocratie » ou de « démocratisation » au Moyen-Orient ? Thèmes développés: émergence d’une société civile arabe, mouvements pacifistes en Israël, les Femmes, les NGO, etc.

- RÉPERCUSSIONS INTERNATIONALES

Dans cette table-ronde, il s’agira de montrer que les crises et les problèmes du Moyen-Orient débordent en-dehors de la région, en Europe et en Amérique du Nord, nourrissant de nombreuses craintes et alimentant des jeux de miroirs qui renvoient à des problématiques internes aux sociétés occidentales. Dans quelle(s) histoire(s) ces jeux de miroirs s’inscrivent-ils ? De quelle(s) manière(s) influent-ils sur l’image que les Occidentaux se font du Moyen-Orient ? Thèmes développés: médias sur place, médias extérieurs, le conflit israélo-palestinien en France, etc.

Si vos travaux entrent dans l’une de ces catégories, merci de nous adresser un résumé de votre communication (2 500 signes maximum) AU PLUS TARD LE 28 JANVIER 2011 à l’adresse contactCCMO@gmail.com.

Remarques :

- les frais de voyage ne seront pas pris en charge par le CCMO ;
- une publication des actes est prévue en 2012.

Merci de votre participation et au plaisir de vous rencontrer dans le cadre de cet événement.

La direction du CCMO

dimanche 31 octobre 2010

Sébastien Boussois, est enseignant en relations internationales, chercheur associé à l'EPHE Sorbonne au Centre Alberto Benveniste ainsi qu'à l'IEE de l'Université Libre de Belgique, auteur, journaliste et éditeur. Il travaille actuellement dans le cadre d'un post-doctorat à l'Université Libre de Bruxelles sur le sauvetage de la Mer morte, comme enjeu politique régional.

Diplômé en Relations internationales à Paris X Nanterre, spécialiste du Moyen-Orient et notamment du conflit israélo-palestinien, titulaire d'un Doctorat sur la "nouvelle histoire" en Israël, il vit essentiellement à Bruxelles où il poursuit ses travaux de recherche. Il collabore à différentes revues dont Confluences Méditerranée, la revue de l'ENA, Carto et Moyen-Orient, mais participe également de plus en plus à de nombreux colloques universitaires. Il a donné ses premiers séminaires à l'ULB en 2010 et commencera un post-doctorat dans le même cadre en 2010.

Passionné par l'écriture, de la réalité comme de la fiction, Sébastien Boussois a publié son premier roman "La Digue" et son second roman "JT" aux Éditions du Cygne. Son dernier ouvrage est à la croisée entre le livre artistique (photographies) et la chronique littéraire sur le Proche-Orient. A cette occasion, une exposition photographique, avec une trentaine de clichés tirés du livre circule en France et en Belgique. Il prépare une seconde exposition en 2011 en poursuivant sa découverte des villes fracturées, avec cette fois ci Sarajevo.

Il vient de créer le CCMO, Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient qui regroupe pour le moment une quarantaine de chercheurs spécialistes de la région, et dont il est le président. Site: www.cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com

Publications

  • ISRAEL CONFRONTE A SON PASSE, essai sur l'influence de la nouvelle histoire, L'Harmattan, Paris, 2008
  • MAXIME RODINSON, un intellectuel du XXè siècle, Riveneuve Éditions, Paris, 2008
  • PALESTINISRAEL, voyage en pays inconnu, avec le soutien du Pôe Bernheim, Université libre de Bruxelles.

Directeur de publication

La collection "Reportages" qu'il dirige aux Éditions du Cygne est née en 2007 et compte plus d'une vingtaine de titres à ce jour avec la nouvelle collection lancée en 2009, Recto-verso.

  • Belgique, laboratoire de la désunion européenne, de Jean-Pierre Stroobants
  • Diplomatie, droits de l'homme et humanitaire, de Rony Brauman
  • Turquie, la révolution du Bosphore, de Marc Semo
  • Le Vatican et ses papes : cinquante ans de tribulations dans le sanctuaire de l'Église, de Bruno Bartoloni
  • Brésil : le réveil du géant latino-américain, d'Annie Gasnier
  • Italie, les années Cavaliere : de Berlusconi à Berlusconi, d'Eric Jozsef
  • Liban : chroniques d'un pays en sursis, de Roger Naba'a et René Naba
  • L'Algérie des années 2000, de Florence Beaugé

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