Le 14 décembre 2010, les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne (UE) ont refusé d’ouvrir un nouveau chapitre dans le cadre des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE. Candidat reconnu depuis bientôt onze ans, le pays se voit reprocher de ne pas en faire assez ou assez vite par les 27. Pourtant, depuis l’accession au pouvoir des islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002, la Turquie connaît de profondes évolutions en matière de démocratisation et commence par conséquent à considérer l’attitude de Bruxelles à son égard trop négative et à repenser sa politique étrangère en direction du Moyen-Orient. Alors que des élections législatives seront organisées en juin 2011, le dossier du présent numéro se propose de dresser un bilan politique et économique de la Turquie afin de saisir les dynamiques en cours tant vis-à-vis de l’Europe que vis-à-vis du Moyen-Orient, espace géographique et historique auquel elle appartient. Il analyse non seulement la politique étrangère du gouvernement de l’AKP, le renouveau de ses relations avec ses voisins moyen-orientaux, où Ankara est de plus en plus proactif, mais passe également au crible son rapport à la laïcité. Il traite enfin de la société civile turque sortie de sa torpeur au profit du vent de démocratisation qui souffle dans le pays depuis une décennie. La suite >
Sébastien Boussois est docteur en sciences politiques, conseiller scientifique et policy advisor chez ForMENA (Bruxelles), chercheur associé au CJB(Rabat/ Maroc) et au REPI (Université Libre de Bruxelles), enseignant en relations internationales, et consultant Moyen-Orient.Il est par ailleurs président du CCMO, le Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient, écrivain, auteur de nombreux ouvrages, et éditeur. Analyses et services Contact: boussois@yahoo.fr ou 0032 (0) 476 580 677
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