dimanche 4 avril 2010

"ETRE GAY EN ISRAEL" (1) DANS MINORITES 29

Minorités : La Revue 29 : quelques mots

La Revue 29 : quelques mots par son rédacteur en chef Didier Lestrade
Eeeeeek! Je suis en retard pour écrire le commentaire de cette Revue 29 qu'on a pourtant beaucoup aimée chez nous, avec des textes controversés et contestataires comme on en rafole. Après un billet du 10 janvier dernier que j'avais adoré, je me demandais ce que Nicolas Johan LePort Letexier allait nous proposer. "Les bâtards de la République" est une petite merveille, consise et to the point, sur les difficultés de notre joli pays avec le concept du métissage. A force d'en parler et de louer ses mérites, on oublie que ça n'existe pas en France lol.

Sébastien Boussois s'est engagé à nous rédiger un feuilleton en quatre parties sur "Etre gay en Israël". Cela nous changera de notre tendance à publier des textes à charge sur l'occupation des territoires, la politique d'apartheid et la création de nouveaux logements dans Jérusalem Est. Sébastien est un spécialiste du sujet et on vous encourage à lire son blog, ou de sauter sur un de ses livres.

VIENT DE SORTIR: CONFLUENCES MEDITERRANEE "LA PALESTINE EN DEBAT 1945-2010

http://www.confluences-mediterranee.com/spip.php?rubrique270

Maxime Rodinson (1915-2004) disparaît à la fin de la seconde Intifada et n’a donc pas connu cette période actuelle d’impasse totale des relations entre Israéliens et Palestiniens dans laquelle nous nous trouvons en 2009. En aurait-il été surpris pour autant ? Non, car la sagesse et le recul tout comme un certain pessimisme avaient gagné cet homme à la fin de ces jours. Connu comme l’un des premiers intellectuels français défenseurs de la « cause » palestinienne, il est reconnu surtout comme l’un des plus éminents spécialistes mondiaux du monde arabe et de l’islam. Intellectuel total, linguiste, anthropologue, sociologue et historien, il passe par les Langues O avant de s’échapper au Proche-Orient grâce à une allocation de recherche du futur CNRS. En 1940, il part respectivement pour Saïda, Beyrouth, Damas où il sera à la suite professeur, rédacteur puis bibliothécaire entre 1940 et 1947. Il revient en France à 32 ans d’une expérience de vie unique. Un temps au Parti communiste français dans lequel il a baigné toute son enfance et son adolescence, il s’en éloigne en 1958 tout en restant profondément attaché aux idéaux marxisants toute sa vie.

Ses premiers succès scientifiques, il les doit à la parution de son ouvrage Mahomet en 1961, rapidement considéré comme un classique même chez les intellectuels arabes. Sept ans après la fondation de l’Union Générale des Etudiants palestiniens en 1959, Maxime Rodinson se rend au premier meeting organisé sur la question palestinienne en France en 1966 mais également à plusieurs meetings de l’Union des Etudiants Juifs de France. Il y est à chaque fois chaleureusement accueilli car respecté pour ses premiers écrits sur les arabes et l’islam mais parce que de surcroît, il est juif et ce n’est pas un détail.

La révélation majeure de son art aux yeux du public sensible à la question israélo-palestinienne, il la doit à la publication de son article de plus de soixante dix pages « Israël fait colonial ? » figurant en guise d’introduction d’un numéro exceptionnel de la Revue des Temps modernes en mai 1967 intitulé « Le Conflit israélo-arabe ». Jean-Paul Sartre revenait d’Egypte où il venait de rencontrer Nasser en 1966. Naturellement, il avait de la sympathie pour Israël car c’était le pays des « rescapés ». La gauche française avait une tradition philosémite[1] et dans le même temps, Sartre défendait l’Algérie libre, critiquait les Américains au Vietnam et tous les régimes impérialistes. La revue notamment dirigée par Jean-Paul Sartre et Claude Lanzmann ambitionnait de présenter, de manière équilibrée, un certain nombre de contributions plutôt favorables à Israël et les autres favorables aux Palestiniens. L’année 1967 est une année phare pour la question et elle va marquer un bouleversement. A la parution du numéro, nous sommes à quelques jours de la Guerre éclair des Six jours menée par Israël et dans l’intelligentsia française, il faut bien dire que jusque là, le milieu est encore empreint d’Auschwitz et bon nombre d’intellectuels s’assoupissent autour des récits des rescapés plus que des Israéliens sur place qu’ils soutiennent fermement à gauche comme à droite. D’ailleurs le 25 mai 1967, une partie des intellectuels de gauche dont Sartre, Beauvoir, Vidal-Naquet, ont publié un document favorable à Israël tout en soutenant l’amitié avec les Arabes. Maxime Rodinson de son côté crée rapidement avec François Châtelet et Jacques Berque le GRAP, le Groupe de Recherche et d’Action pour la Palestine. Jusque là, le combat pro-palestinien était surtout par les cercles gauchistes, communistes et trotskystes. Il s’enracine désormais dans le milieu intellectuel.

Presque de manière symétrique, la Guerre des Six Jours déclenche en France une explosion de sympathie israélophile d’un côté et de l’autre une remise en cause violente de la politique israélienne, en raison de l’occupation de Jérusalem, de la Cisjordanie, de Gaza, du Sinaï et du Golan. Elle émane de la gauche mais aussi de certains gaullistes. A commencer par le premier d’entre eux. La conférence de De Gaulle le 27 novembre 1967 va changer la donne puisque si, côté pro-palestinien et proarabe on se souvient surtout de ses propos qualifiant les Israéliens comme « ce peuple d’élite fier de lui et dominateur », on en oublie souvent la nuance et un aspect essentiel que nous rappelle Théo Klein dans son dernier livre : « De Gaulle dit et confirme ce qu’il avait dit aux autorités israéliennes : si on vous attaque, ripostez. Mais sinon, n’attaquez pas. « SI Israël est attaqué, nous vous soutiendrons. Si Israël attaque, nous vous critiquerons ».

La politique française devient dès lors plus équilibrée et la critique israélienne donne naissance en accéléré à l’éveil d’une conscience forte de soutien à la cause palestinienne. Mais ce n’est pas un combat facile et Rodinson va régulièrement en faire les frais. Farouk Mardam Bey, ancien directeur de la Revue d’Etudes palestinienne témoigne de cette époque : « Il y a eu dans les années 1970, dans beaucoup d’ouvrages, un certain nombre de pamphlets contre des intellectuels qui défendaient les Palestiniens et qu’on qualifiait pour simplifier de « pro-arabes ». Le plus vilipendé a été Maxime Rodinson. Il a été le Juif le plus attaqué par les sionistes en France. On trouve des textes vraiment infects. » Pourtant, Rodinson avait sa judéité comme force et une place particulière au carrefour des cultures juive et musulmane. Mardam Bey poursuit : « Nous savions que l’opinion soutenait encore massivement Israël et qu’il y avait une certaine antipathie à l'égard des Arabes. A l’époque, je me souviens d’un sondage très intéressant lors des premiers jours de la guerre des Six jours : 2% des Français seulement avaient de la sympathie pour les pays arabes, 58% pour Israël. Et 40% ne savaient pas, n’aimaient pas les deux, ou les deux. Cela a complètement changé aujourd’hui ».

A la lumière de ce contexte politique de l’époque posé, que disait Rodinson de si fameux dans son article des Temps Modernes ? Rodinson pose le débat : « Dans la controverse idéologique qui, à l’accoutumée, accompagne, double, amplifie, orchestre la guerre froide, chaude ou tiède selon les époques entre les Arabes et le yishouv juif palestinien devenu l’Etat d’Israël, le thème du colonialisme judéo-israélien joue un, rôle central ». Puis l’auteur reprend un à un les arguments des uns et des autres, Nasser, Ben Barka et Aaron David Gordon notamment comme des Juifs ou des Arabes en général. Il tente alors de prendre du recul pour tenter d’éclaircir le débat avec force de ses propres arguments. « Il n y a pas de colonialisme et d’impérialisme en soi. Il y a une série de phénomènes sociaux montrant entre eux de multiples analogies ». Pour être plus précis, il dresse ensuite l’historique du mouvement sioniste, des manifestes pour l’émancipation aux textes de l’organisation socialiste et nationaliste. Il cite jusqu’aux propos chocs de certains universitaires qui penchent pour la logique expansionniste et colonialiste de fait et affichent clairement leur parti pris : « Un Etat juif peut être obtenu, si jamais il l’est, que par la guerre » affirmait en 1947 Judah L. Magnes, président de l’Université hébraïque de Jérusalem. Puis à l’égard des Arabes : « A-t-on jamais vu un peuple donnant son territoire de sa propre volonté ? »[2]. Maxime Rodinson revient sur le premier conflit israélo-arabe tentant de départager les responsabilités des Juifs et des Arabes dans l’échec de la création de l’Etat palestinien mort-né et le maintien des discriminations à l’égard des Arabes restés dans les frontières de l’Etat israélien bien-né. Rodinson conclue avec courage de la sorte : « Je crois avoir démontré dans les lignes qui précèdent que la formation de l’Etat d’Israël sur la terre palestinienne est l’aboutissement d’un processus qui s’insère parfaitement dans le grand mouvement d’expansion européano-américain des XIXè et XXè siècle pour peupler ou dominer économiquement et politiquement les autres terres. (…) Il est bien évident qu’il s’agit d’un processus colonial qui présente des caractères particuliers – comme beaucoup d’autres d’ailleurs. » Comme beaucoup d’autres aussi.

Certains l’ont accusé d’être antisémite, d’autres d’être un traître à la cause. Arguments banalisés aujourd’hui mais qui revêtent une violence inouïe encore à l’époque. Peut être aura-t-il été le juif le plus vilipendé de France. En tout cas, son fils témoigne de la violence des attaques: « Je me souviens de cet article du journal pro-israélien La Terre retrouvée qui s’intitulait « Rodinson, le plus grand antisémite de France », mais aussi de cette lettre anonyme reçue à la maison et qui portait sur l’adresse, au crayon rouge : « M. Maxime Rodinson, juif renégat ». On alla encore plus loin : « Mon père résista à toute cette pression, quoi que ces insultes aient pu coûter personnellement à quelqu’un dont les parents – nos grands-parents – étaient morts à Auschwitz. Il avait ses convictions et elles ne découlaient aucunement d’une hostilité aux Juifs ou d’un amour pour les Arabes. » Et il poursuit : « Apprécier plus ou moins tel peuple plutôt que tel autre, juger les hommes en fonction de leur appartenance nationale ou ethnique, voilà un sentiment qui était totalement étranger à un universaliste comme lui. Ses convictions découlaient de l’analyse, des faits dûment vérifiés et tout simplement de la raison, pour laquelle ses origines juives ne devaient en aucune façon influer sur son jugement, ni dans un sens ni dans l’autre. A une époque qui devait être dominée, de plus en plus, par ce qu’il a appelé dans un article « la peste communautaire », et où le bon sens commun voudrait que chacun juge, indépendamment de tout le reste, en donnant raison à la supposée « communauté » dont il est issu, cela en dérangeait plus d’un. »[3]

Mais Rodinson est entouré dans son combat pour la reconnaissance des droits des Palestiniens et notamment par nombre d’intellectuels arabes français. Parmi eux Samir Amin qui se souvient encore de cette période trouble dans le débat public : « En 1968, il y avait des comités pour la Palestine un peu partout. Ses documents étaient des outils utilisés par tous. Sans lui, nous aurions été démunis. La condamnation du sionisme chez Rodinson est totale et ne faiblira pas sa vie durant »

Bibliographie

Mahomet, Club Français du livre, Seuil («Politique»), Paris, 1961.

Islam et capitalisme, Seuil, Paris, 1966.

«Israël, fait colonial?», in Les Temps Modernes, Le Conflit israélo-arabe, n° 253 bis : 17-88, éditions de minuit, Paris, 1967.

Israël et le refus arabe, 75 ans d’histoire, « L’Histoire immédiate », Paris, Seuil, 1968.

Marxisme et monde musulman, Seuil, Paris, 1972.

Les Palestiniens et la crise israélo-arabe, avec la collaboration de Jacques Berque, Jacques Couland, Louis-Jean Duclos et Jacqueline Hadamard, Textes et documents du Groupe de recherches et d’action pour le règlement du problème palestinien (GRAPP), 1967-1973. Paris, Éditions sociales, Paris, 1974.

Les Arabes, PUF, Paris, 1979.

La Fascination de l’islam, Maspero,« Petite collection », Paris, 1980.

Peuple juif ou problème juif ? Maspero, « Petite collection », Maspero, Paris, 1981.

L’islam : politique et croyance, Fayard, Paris, 1993.

Souvenirs d’un marginal (posthume), Fayard, Paris, 2005.




[1] Attitude bienveillante à l’égard des Juifs

[2] Martin Buber, Judah-L Magnes,” the Bi-national Approach to Zionism, dans Towards Union in Palestine”, Essay on Zionism and Jewish –Arab Cooperation , Ihud Association, Jérusalem, 1947.

[3] Extrait de la préface de « Maxime Rodinson, un intellectuel du XXè siècle », par Michel Rodinson, Riveneuve éditions, Paris, 2008.

MAXIME RODINSON UN INTELLECTUEL DU XX è SIECLE, recensé dans Confluences Méditerranée

http://www.confluences-mediterranee.com/spip.php?article2839

PALESTINISRAEL, recensé sur Médiapart.fr

http://www.mediapart.fr/journal/international/271209/palestinisrael-ce-pays-inconnu

mercredi 24 mars 2010

APPEL A LA CREATION D'UN CERCLE DES JEUNES CHERCHEURS SUR LE PROCHE-ORIENT CCPO

Devant la difficulté et le parcours du combattant qui est celui des jeunes chercheurs, auteurs, spécialistes d'une question, le conflit israélo-palestinien par exemple, la création d’un Cercle des Jeunes Chercheurs sur le Proche-Orient pourrait être un outil pratique, utile, voire indispensable. La profusion d’informations sur la région et sur le conflit nécessite une spécialisation croissante au cœur même du sujet. Il existe des chercheurs spécialistes des femmes, de la mouvance pacifiste, de l’histoire, des communautarismes, de l’environnement, du sionisme, des juifs, des arabes israéliens, de l’histoire palestinienne, de l’OLP, du Hamas et encore beaucoup d’autres comme l’exportation du conflit dans nos sociétés par exemple. C’est une richesse souvent sous-exploitée.

Afin de nous faire connaître davantage, faire circuler l'information sur nos travaux et notre actualité en un seul nom, nous informer entre nous, organiser des colloques ouverts à tous, diffuser nos publications et par une interface nouvelle rendre accessibles à tous nos travaux via internet, le Cercle permettrait de regrouper un certain nombre de spécialistes enclins à s’ouvrir vers l’extérieur.

Si le regroupement initial qui est au-delà de l’instinct de survie la nécessité de s’organiser pour exister, il faudra effectuer rapidement un virage qui assoit le Cercle comme un vrai « think-tank » d’idées, de réflexions, de suggestions, et de médiation.

Quelques uns ont déjà répondu à l’appel et je les en remercie. L’idée maintenant est de réfléchir à plusieurs orientations. Pour cela, le mieux est de répondre selon votre inspiration aux différentes questions plus bas qui a priori couvrent l’ensemble des champs de réflexion qui s’offrent à nous pour mettre en place ce projet

Pour toutes informations ou si vous êtes intéressé par une telle initiative, merci de m'envoyer un mail boussois@yahoo.fr

Première réunion le 12 avril à l'Ecritoire à 15h, place de la Sorbonne.

mardi 9 mars 2010

NOUVELLE PARUTION DANS LA COLLECTION REPORTAGES "Les années noires du journalisme en Algérie" par Brahim Hadj Slimane

La société algérienne ne s’est pas remise du traumatisme de la guerre civile des années 1990. À celle-ci a d’ailleurs succédé la violence multiforme des effets du libéralisme sauvage appliqué brutalement, justement, durant cette même décennie.
Dans le bouillonnement chaotique qui caractérise le quotidien du pays, une amnésie hautement et solennellement décrétée par une loi sur « la réconciliation nationale » a été chargée de refouler au loin et à jamais les larmes et le sang des milliers de victimes, la détresse des populations déplacées.
L’auteur a spontanément refusé cet exil de l’intelligentsia algérienne et a choisi de rester dans son pays. Par son vécu, ses émotions, ses rencontres, ses observations, ses témoignages recueillis, et avec du recul, il a voulu restituer cette époque du journalisme algérien. À travers les pérégrinations de l’auteur, on voyagera dans plusieurs villes et régions d’Algérie, vivra différents événements, découvrira des lieux et personnages divers, saisis dans la tourmente de cette époques. En annexe, on pourra découvrir des témoignages de journalistes connus qui se sont confiés à l’auteur.

ISBN : 978-2-84924-177-6

14 x 21 cm

232 pages

23,00 €


dimanche 7 mars 2010

Un cercle des chercheurs et intellectuels sur le Proche-Orient?

Bonjour à tous,

Pour ceux qui seraient intéressés et tentés par l'idée de participer à la création du "Cercle des Chercheurs sur le Proche-Orient" (titre provisoire), autour d'un certain nombre de projets:

-contacts entre tous les protagonistes et spécialistes du sujet dans toutes ses dimensions
-interface et site web pour relayer publications, informations, évènements qui nous concernent et nous intéressent tous
-organisation de colloques et faciliter ainsi les rencontres entre nous tous
-brain-storming et force de propositions d'articles ou d'interventions diverses
-appels à bourses et subsides.

La date de la première réunion reste à préciser.

Pour toute information ou adhésion, merci de m'envoyer un mail sur boussois@yahoo.fr.

Attention, ce projet est un projet participatif pour lequel nous recherchons plein de bonnes volontés. Ensemble, nous serons plus efficaces et permettrons ainsi de nous enrichir mutuellement et de partager nos centres d'intérêt et passions.

mardi 23 février 2010

"Palestinisrael, voyage en pays inconnu" recensé dans la revue "Moyen-Orient" et sur l'excellent blog "Comprendre ce là bas" par Théo Corbucci

http://comprendre-ce-la-bas.blogspot.com/2010/02/palestinisrael-voyage-en-pays-inconnu.html



Palestinisraël est un carnet de route, celui d'un voyageur occidental foulant du pied la Terre sainte. En relatant sa dernière excursion, Sébastien Boussois nous livre ses impressions et nous narre de simples moments de vie, de Jérusalem à Jéricho. Il nous y exprime ses utopies d'un monde meilleur, celui d'un pays inconnu : Palestinisraël, sorte de symbiose ou de retrouvailles impossibles mais tant désirés par beaucoup.

On ne peut plus intimiste, ce témoignage veut analyser objectivement cette partie du monde. Mais en filigrane, il voudrait plutôt tout chambouler. D'où cette création de Palestinisraël. Plus encore, il veut ancrer cette lointaine région dans notre réalité quotidienne. L'écriture, claire et sans fioriture, et à coupler avec une centaine de photographies en noir et blanc, véritables humanisations d'un monde trop à la Une des médias du fait des terribles tragédies qui s'y déroulent. Un monde trop sur-exposé pour que l'on s'y attarde vraiment.

Du fait de sa simplicité et de sa volonté utopique et humaniste, Sébastien Boussois pourrait presque passer pour Candide. Mais il n'en est rien : les dérives sont dénoncées, ainsi que les escalades des deux côtés. Alors le lecteur le suit, tel un spectateur engagé, du Sultan Café de Jérusalem au cimetière de Mahmoud Darwich à Ramallah, sans oublier de passer par la libertine Tel-Aviv. Un peu plus et l'on se croirait véritablement en Palestinisraël. Sauf que l'actualité nous rattrape rapidement. Cet Orient n'est pas tel que l'auteur l'aimerait, qu'on le veuille ou non. Mais l'essai mérite que l'on s'y attarde.

" Palestinisraël : Voyage en pays inconnu " (Ed. du Cygne) de Sébastien Boussois / 170 p. / 25 €

vendredi 19 février 2010

"PALESTINISRAEL", LA PRESSE EN PARLE...

Quelques extraits de la presse qui a parlé de "Palestinisrael, voyage en pays inconnu":

L'Humanité

Des images et des mots. Sébastien Boussois est un jeune chercheur en sciences sociales qui a travaillé pour sa thèse sur les nouveaux historiens israéliens et sur l’expulsion des Palestiniens (la Nakba) en 1948. Il a notamment écrit avec Dominique Vidal Comment Israël expulsa les Palestiniens (Éditions de l’Atelier) et publié une biographie de Maxime Rodinson (Riveneuve Éditions). Des nombreux voyages qu’il a effectués en Israël et en Palestine pour ces travaux, il a rapporté des photos et des notes personnelles dont il a fait un livre album sur ce pays étrange  : Palestinisraël. Deux mondes imbriqués l’un dans l’autre par l’histoire et, depuis 1967, par l’occupation de l’un par l’autre. Deux mondes qui se chevauchent et se combattent, mais qui sont inextricablement liés. Ce livre serait-il une préfiguration de l’État binational auquel pensent certains pour l’avenir  ? «  Non, dit l’auteur. Simplement, j’ai voulu faire passer ce que je ressentais de la vie des gens, sans chercher à traiter du conflit, mais sans l’éviter car c’est impossible.  » Ce passage du politique à l’artistique donne des touches sensibles et de belles images " Françoise Germain-Robin


Radio Orient

"Un fanatique de la convivialité" Djillali Benchikh, Au fil des Pages


Confluences méditerranée

A paraître

MOYEN-ORIENT

A venir

Quelques semaines après son expulsion de Tunis par le clan Ben Ali, Florence Beaugé, la journaliste du quotidien le Monde nous revient avec un ouvrage

VIENT DE PARAITRE: "LA TUNISIE DE BEN ALI, MIRACLE OU MIRAGE" dans la collection Reportages

Le bilan des années Ben Ali en Tunisie est implacable. Certes, le pays s’est développé, le niveau de vie a augmenté, les droits des femmes ont été consolidés. Et pourtant, la population exprime mal-être et frustration. La richesse ne profite pas équitablement à tous. Le clan au pouvoir – celui des Ben Ali et celui de sa femme, Leila Trabelsi – pille le pays avec une incroyable rapacité.
Prédation et mise en coupe réglée de l’économie vont de pair avec une absence totale de démocratie. Opposition interdite. Justice instrumentalisée. Presse aux ordres. Internet censuré... Peu de pays au monde sont soumis à une telle chape de plomb, avec le soutien des pays de l’Union européenne, France en tête, au nom de la lutte contre le terrorisme.
Le scalpel de Florence Beaugé, journaliste au Monde depuis janvier 2000, explore tous ces aspects. Ses enquêtes mettent à jour les ombres et les plaies du régime, tout en donnant la parole à ceux qui représentent au quotidien la réalité et l’espoir d’une Tunisie active et créatrice. Ce travail sur le terrain s’est brusquement interrompu le 21 octobre 2009 lorsque Florence Beaugé s’est vue expulser – et bannir – de Tunisie, sur ordre du président Ben Ali. Exaspéré par sa dénonciation répétée des violations des droits de l’homme et de la rapine du clan au pouvoir, le régime a choisi d’écarter un témoin gênant, à l’heure même où le président Ben Ali briguait un cinquième mandat.

La Tunisie de Ben Ali
Miracle ou mirage ?

de Florence BEAUGE

ISBN : 978-2-84924-172-1

14 x 21 cm

116 pages

13,00 euros