Israël
entre quatre murs
La politique sécuritaire
dans l’impasse
« L’armée et
la sécurité sont la véritable religion de ce pays », s’inquiète Gideon
Levy, journaliste du Haaretz. Pour
l’État d’Israël, la question du « vivre en sécurité » tourne, en
effet, à l’obsession. Telle une « villa dans la jungle » ─ expression
d’Ehoud Barak ─, il a développé une vraie culture de la forteresse assiégée.
Pour se protéger, Israël se replie, s’enferme, mise sur sa force militaire, se
lance dans des guerres préventives au nom de la « légitime défense »,
colonise les terres « incertaines » à ses frontières... À Jérusalem-Est,
« judaïser » des quartiers devient ainsi synonyme de sécurisation. Mais
cette politique pose question puisqu’elle s’avère incompatible avec l’existence
et les droits des Palestiniens...
On ne
peut comprendre ce complexe sécuritaire sans se replonger dans l’Histoire de
cette « nation » atypique. Le syndrome d’Amalek, ─ référence à une
attaque contre le peuple juif à l’époque de Moïse ─, est souvent avancé comme
le mythe fondateur du « bellicisme » israélien. Après un détour par
l’époque biblique, l’auteur revisite surtout des pages d’Histoire récentes : la
profonde blessure laissée par la guerre du Kippour (1973), le traumatisme des premiers
attentats-suicide dans les années 1990, les échecs des interventions au Liban (2006)
et dans la bande de Gaza (comme à l’été 2014), les cyber-attaques contre l’Iran,
l’incidence des Printemps arabes... Ce tableau ne saurait toutefois être
complet sans une analyse de la situation sociale interne ─ incontestable bombe
à retardement ─ et de la radicalisation de l’opinion publique israélienne.
Autant d’éclairages essentiels qui permettent de mieux appréhender la politique
complexe de ce pays, tiraillé de toutes parts.
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