mercredi 1 juillet 2015

Dernier article paru "Guerre des crimes, le Hamas en ligne de mire", Le Courrier du Maghreb et de L'Orient

http://lecourrierdumaghrebetdelorient.info/palestinian-territories/palestine-guerre-des-crimes-le-hamas-en-ligne-de-mire/

lundi 18 mai 2015

Une année de production et d'interventions



OUVRAGES 2014 

-  Sébastien BOUSSOIS, Gaza l’impasse historique, éditions du Cygne,  Paris, 2014. 60 PAGES
- Sébastien BOUSSOIS, Israël entre quatre murs le complexe de sécurité face aux Printemps arabes, éditions du GRIP, Bruxelles, 2014. 100 PAGES
- Sébastien BOUSSOIS (sous la dir.), Bilan géopolitique institut MEDEA 2014, éditions du Cygne, Paris, 2014. 




TEXTES DE CONFERENCES, ARTICLES RECENTS 2014 ET INTERVIEWS


- Conferences et interventions

- « Intégration méditerranéenne et désintégration de la question israélo-palestinienne, vingt ans après le processus de Barcelone », Assemblée des Citoyens de la Méditerranée, Villa Méditerranée, novembre 2014.
- "Les relations euroméditerranéennes et la question israélo-palestinienne, Ligue des Etats arabes, rapport de Tunis, 2014
- "L'UPM, l'impossible union institutionnelle des peuples méditerranéens", Ligue des Etats arabes, rapport de Tunis, 2014.
-« Israël  et sa politique sécuritaire face aux bouleversements régionaux », colloque annuel OMAN, février 2015.

-« La politique sécuritaire d’Israël dans l’impasse et l’impossibilité de l’Etat palestinien », CNRS CJB Rabat, et ACM Oran, avril 2015.


- Articles

- « Netanyahou 4, l’enfer du décor », Le Courrier du Maghreb et de l’Orient, mars 2015
-« Israeli elections dominated by Defence and security,” 9 mars 2015 sur le site www.formena.org
-“ A Pharaonic project around the Suez canal for 2015, a chance for Egyptian economic crisis”, 6 février 2015 sur le site www.formena.org
- « Theocratisation du conflit israelo-palestinien, une prophétie auto-réalisée avec le sionisme religieux », Institut MEDEA, novembre 2014.
- « Le Hamas surfe sur son succès d'image de mouvement de résistance », Institut MEDEA, octobre 2014.
- « Bataille perdue de l'Orient et de l'Occident, guerre perdue pour l'homme ? », Institut MEDEA, septembre 2014.
-« Gush Etzion, symbole historique de la colonisation », Institut MEDEA, juillet 2014.
- « Ceuta et Melilla, porte d’entrée de l’Europe », Institut MEDEA, juin 2014.
- « L’intégration politique, stratégique et régionale de la mer Morte: l’enjeu du Canal mer Rouge mer Morte pour la paix au Proche-Orient », Journal européen d’hydrologie, mai 2014.
- « Israéliens et Palestiniens dans un statu quo idéal pour Israël », Institut MEDEA, mai 2014
- 09/09/2014
« Pourquoi le Hamas ne veut pas rendre les clés de Gaza à Mahmoud Abbas »
-19/11/2014
« Cinquième rencontre de l’ACM à Marseille : Pour la construction d’une communauté des peuples méditerranéens »
-27/10/2014
« Un grand colloque sur les villes arabes à la Mairie de Paris »
-11 /09/2014
« Rien, sinon une défaite, n’est aussi mélancolique qu’une victoire 1 ; leçons de 50 jours de guerre à Gaza »
-17/01/2014
« Le chant du Cygne du « Bulldozer » israélien : portée et symbole de la mort d’Ariel Sharon »


-Interviews


-Sébastien Boussois a été interviewé hier par Le Vif : « Israël ne gagne plus une guerre ». Auteur de Israël entre quatre murs, Sébastien Boussois décrypte l’opération Bordure protectrice de l’été 2014 à Gaza. Le conflit israélo-palestinien « est dans une impasse historique ».

– Sébastien Boussois a présenté son ouvrage « Israël entre quatre murs. La politique sécuritaire dans l’impasse » (ed. GRIP) lors d’un entretien avec l’Institut IRIS.

–  Concernant le conflit israélo-palestinien « il faut remettre au cœur du débat la question du droit internationale ». Sébastien Boussois est intervenu dans l’édition de 9h de mercredi 19 novembre sur Radio Arabel.

-  Après sept décennies de conflit, quelle marge de manoeuvre reste-t-il pour apporter la paix entre Israéliens et Palestiniens ? Le  14 octobre JOL Press a interviewé Sébastien Boussois sur les pourparlers entre les deux peuples et sur la conférence du Caire pour la reconstruction de Gaza.

- Le 13 octobre Sébastien Boussois a analysé la politique sécuritaire israélienne sur Affaires Stratégiques. D’après lui, au-delà des pertes considérables du côté palestinien, mais également symbolique du côté israélien, chacun a tenté un temps de s’approprier la victoire d’une guerre de 50 jours qui n’a mené à presque rien.

– Entretien avec Sébastien Boussois du 9 septembre, par JOL Press, sur les tensions politiques entre Mahmoud Abbas et le Hamas. D’après lui, « le clivage entre le Hamas et le Fatah, malgré une réconciliation de façade, est en train de se creuser ».

– Le 1er septembre Sébastien Boussois a été interviewé par RFI sur la politique de colonisation israélienne en Cisjordanie et sur ses conséquences sur les instables négociations entre israéliens et palestiniens.


– Sébastien Boussois a analysé le cessez-le- feu conclu le 26 août entre l’armée israélienne et le Hamas pour Le Point le 28 août 2014. Selon lui, le mouvement islamiste sort totalement vainqueur de ce conflit.

– Sébastien Boussois a été interviewé par l’Humanité, le 25 août 2014, sur le conflit à Gaza et sur le néologisme, « jeunocide » qu’il a inventé, signifiant que les enfants sont les principales victimes de cette guerre.

– Le 26 juillet 2014, JOL Press s’est entretenu avec Sébastien Boussois. Il a été question de la possible contagion à la Cisjordanie du conflit actuel entre Israël et Gaza.

– Sébastien Boussois a donné une interview à TSF Jazz, diffusée les 21 et 22 juillet, sur la crédibilité des médiateurs dans le conflit israélo-palestinien: partie 1 partie 2

– Sébastien Boussois a commenté les débordements lors des manifestions pour Gaza en France, sur Le Monde, le 22 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a décrypté les récentes manifestations pro-Gaza qui ont secoué la France ces derniers jours, pour FranceTvInfo, le 21 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a commenté la possible intervention terrestre de l’armée israélienne à Gaza, pour Medi1 Radio, le 13 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a donné une interview sur les frappes israéliennes sur Gaza, au journal La Libre Belgique, le 08 juillet 2014.

– Sébastien Boussois a commenté l’élection du nouveau président israélien, Réouven Rivlin, sur Europe 1, le 10 juin 2014.

– Sébastien Boussois est intervenu sur la situation des réfugiés syriens en Jordanie, dans le cadre du voyage du Pape en « Terre Sainte », sur Radio Vatican, le 21 mai 2014.

– Sébastien Boussois analyse l’enjeu du canal mer Rouge-mer Morte pour la paix au Proche-Orient. La version papier de l’article sortira en juin et sera disponible sur le site.

– Sébastien Boussois est intervenu sur « les étendues d’eau en voie de disparition : la mer Morte » dans l’émission « Culturesmonde » de France Culture, le 29 avril 2014.
-« Israel  ne gagne plus une guerre », Interview dans le Vif l’Express, 2 janvier 2015.
-Interview dans « L’acteur en direct », RTBF, 18 mars 2015 sur les élections israéliennes et le résultat du scrutin du 17 mars

-Interview Phenix TV, télévision privée chinoise, 20 mars 2015 sur les élections israéliennes

-Interview Radio Vatican, 17 mars 2015 sur les élections israéliennes


-Interview dans Métro Canada, 17 mars 2015

mercredi 1 avril 2015

PROGRAMME DE CONFERENCES MOYEN-ORIENT SUR DEMANDE

INFORMATIONS

Tarifs : sur demande selon le format (1h, 2 h)
Prise en charge des déplacements par l’organisateur
Accessible à tout public à destination des organisations privées, associations, Ecoles, clubs et cercles divers.
Contact: boussois@yahoo.fr

Moyen-Orient


Questions politiques
-La question israélo-palestinienne dans l’impasse ?
-La place des Etats-Unis dans le Moyen-Orient
-Les nouveaux pôles de leadership dans la région : grands et petits acteurs
-Israël au milieu des bouleversements géopolitiques régionaux
-Les intellectuels en France et la question israélo-palestinienne
-L’histoire en Israël et l’impact sur la société israélienne
-Rôle des groupes d’influence pro-israélien et arabe à l’Union européenne
-Le rôle et les connections locales et régionales des organisations de défense des intérêts israélien et arabe
-Le Qatar, modèle de diversification des pays à économie de rente ?
-le GCC, un acteur mondial

            Sociétés
-Les croisades vues par les historiens arabes
-La Nakba vue par les historiens palestiniens
-L'histoire et la réécriture de l'histoire en Israël et l'impact sur la société israélienne

Sociétés
-Le rôle des diasporas dans la région
-Radicalisation du politique et retour du religieux
-Un point sur l’évolution sunnisme/chiisme et des points de tension
-Les grands piliers du monde arabe dans la tourmente


Investissement et sécurité
-Stabilité ou instabilité de la Palestine pour l’investissement ?
-Leviathan au cœur des défis énergétiques libano-israélien
-Systèmes de protection anti-missiles dans la région
-Quel équilibre nucléaire régional ?
-Perspectives des sociétés d’armement françaises dans la région
-Les enjeux énergétiques dans le bassin du Levant
-Liban : risque-pays de déstabilisation pour la région
-Prospective politique en Egypte : situation pour le tourisme et l’investissement étranger
-L’investissement du Qatar dans le monde
-La véritable présence américaine à l’heure des bouleversements régionaux

Démocraties et transitions politiques
-Trois ans de révoltes arabes : succès et échecs
-Du Maroc à la Jordanie, état des lieux d’une région en effervescence
-Maroc et Jordanie, des cas socio-politiques à part
-Leaderships en perte de vitesse et en hausse dans la région

L’eau au Moyen-Orient
-L’eau au Moyen-Orient, un viatique vers la paix
-Les maîtres du Château d’eau régional
-Sauver la mer Morte un enjeu pour la paix au Proche-Orient ?



jeudi 26 mars 2015

Diffusé sur Phenix TV, télévision privée chinoise

http://v.ifeng.com/news/world/201503/019445aa-3060-4663-ba43-d56555aabc59.shtml


Paru dans le Courrier du Maghreb et de l'Orient


ISRAËL – Netanyahou IV : l’enfer du décor !

L’enfer du décor d’une victoire prévisible et cohérente de la part des Israéliens. Les élections israéliennes du 17 mars dernier ne devaient pas être des élections surprise. Sondages et spécialistes confirmaient la fin de Netanyahou depuis plusieurs jours. L’issue du scrutin devait en réalité selon les derniers sondages -et après une campagne particulièrement violente et agitée- conforter la liste de centre gauche du camp sioniste, le tandem Herzog-Livni, à la succession de l’inoxydable Benjamin Netanyahou. Intellectuels, politiques de tous bords à l’étranger, chercheurs mêmes, se prenaient à envisager un renouvellement politique à la tête de l’État hébreu. Ils croyaient à un retour de la « gauche ». En réalité, un certain nombre de spécialistes résista à l’appel d’air médiatique. Nous en étions. Et les israéliens furent près de 72% à se déplacer pour ce scrutin, un record historique. La vraie surprise.
C’était bien mal connaître l’histoire récente d’Israël, bien mal connaître l’électorat israélien, bien mal connaître le champ politique de l’État hébreu, et méconnaître encore plus Netanyahou que tout le monde pensait à terre, que de croire au retour de la gauche et du centre-gauche.
Depuis quinze ans, la droite et l’extrême droite s’enracinent, la colonisation des territoires et l’obsession sécuritaire également, dans un contexte régional incertain favorable à la droite, au nationalisme et au sionisme religieux. C’est légitime puisque la région est inquiétante. Même si Sharon avait évolué sur la fin de sa carrière politique, restant l’homme de combats et de guerre qu’il avait pourtant été depuis la guerre d’indépendance, peut-on en attendre de même de « Bibi » [ndlr : Benjamin Netanyahou] ? Est-ce seulement possible si l’on croit encore à l’adage que pour préparer la paix il faut préparer la guerre ? C’est bien évidement peu probable qu’il se mette à faire des concessions. La seule fois où il l’a fait, en 1999, il a perdu son poste.
La gauche israélienne historique est responsable de la fin programmée de l’État palestinien depuis le 29 novembre 1947 et de l’expulsion des Palestiniens entre 1947 et 1949, même si l’Irgoun et le Stern y ont largement contribué sur le terrain, nœud gordien de l’affaire ; mais également de la guerre des Six jours et de l’enracinement idéologique de la colonisation des territoires palestiniens au nom de la sécurité jusqu’à l’arrivée de la droite en 1977 et au-delà.
Faut-il rappeler que la colonisation n’a jamais cessé depuis quarante-huit ans ? Et de manière intensive y compris du temps d’Ehud Barak succédant à Netanyahou en 1999 avant de le rallier en ministre de la Défense de 2007 à 2013 et artisan des guerres à Gaza depuis 2008.
La fuite en avant de la politique israélienne jusqu’au-boutiste de Netanyahou isole un peu plus Israël du reste du monde et rend impossible toute chance de réalisation effective d’un État palestinien, probablement pourtant première source de sécurité pour l’État hébreu.

Le Likoud, symbole de l’unité du pays contre Amalek
Il y’a des degrés de radicalité dans les différents partis politiques de droite, nationaliste, sioniste religieux et messianiques en Israël. Mais celui qui, à droite aujourd’hui, -et de longue date- fédère le plus les Israéliens « de droite » et reste le plus grand parti de gouvernement, c’est bien le Likoud.
Contrairement à d’autres comme Kadima, parti de droite, qui finit par rallier la gauche en 2006, le Likoud reste le meilleur garant de l’unité de l’électorat de droite décomplexé. À part en 1999 (19) et en 2006 (12), le parti actuel de Netanyahou, depuis 1973, est rarement descendu en dessous de la vingtaine ou trentaine de sièges à la Knesset. La fourchette varie : 39 en 1973, 48 en 1981, 32 en 1996 (Netanyahou devient chef de file du parti puis premier ministre), 38 en 2003, 27 en 2009, 20 en 2013 (il reste pourtant premier ministre), et 30 en 2015. Cela signifie bien que la cohérence du Likoud dans sa politique est un repère fondamental pour les Israéliens. La ligne est la même : sécurité, sécurité et… sécurité.
Cette dernière passe par la colonisation des territoires, le refus d’un État palestinien, le déclenchement de guerres préventives dévastatrices pour l’ennemi et pour l’économie du pays, la gestion économique et sociale du pays passant au second plan. Le Likoud n’a de cesse de vouloir défendre le pays contre de nombreux ennemis qui ne changent pas, quelle que soit la conjoncture : l’Iran qui pourtant revient dans le concert des nations, le Hezbollah, le Hamas, et récemment Daesh à l’arrière-plan alors qu’il est la menace numéro un pour toute la communauté internationale. Depuis son arrivée au pouvoir, Netanyahou a très rarement changé de position sur les dossiers clés qui touchent en priorité les Israéliens : pas plus d’ailleurs dans la résolution de la crise économique et sociale, que sur les questions de défense, de lutte radicale contre les ennemis, qu’en ce qui concerne l’État palestinien.
Les actes diffèrent pourtant des mots sur ce dernier dossier : dans son discours de Bar Ilan en 2009, Netanyahou soutenait la solution à deux États. Aujourd’hui, il n’y croit plus et en a fait un argument imparable de fin de campagne législative. Au fond de lui, il n’a jamais été pour. C’est cela la cohérence d’un homme, d’un parti, qui finit toujours par rassurer les Israéliens.
« S’il est réélu, Benjamin Netanyahou poursuivra la réalisation de son grand projet. Transformer ce qui est l’essence de l’esprit d’Israël. Ce n’est pas tout. Dans ses dernières déclarations, le premier ministre sortant répète qu’il ne fera plus de concessions aux Palestiniens, et que, pour lui, la solution à deux États n’est plus possible. », expliquait Charles Enderlin sur son blog, dans « L’enjeu : l’avenir d’Israël ».

Une « opposition » incohérente, déstructurée, et jetable
La liste du camp sioniste d’Isaac Herzog, fils de l’ancien président israélien Chaïm Herzog, et de Tsipi Livni, transfuge régulier de droite à gauche, a pourtant fait un score plus qu’honorable, mais pas suffisant pour remporter la victoire. Avec 24 sièges, l’Union sioniste, parti nouvellement créé, relève de ces constructions politiques propres à Israël pour tenter de gagner un scrutin.
Yech Atid, parti de centre gauche de l’ancien journaliste et ministre de l’Économie et des Finances Yair Lapid, débarqué en 2014 comme Tsipi Livni, et responsable des élections anticipées pour reconstituer une coalition forte, avait émergé en 2013 de nulle part. Il se maintient à l’issue du scrutin de 2015 à 11 sièges mais refuse de joindre la future coalition emmenée par Netanyahou.
Au-delà de la surprise de la liste arabe unie sur laquelle nous reviendrons, l’opposition de centre gauche n’est plus crédible depuis longtemps en Israël. Elle l’est encore moins depuis que la droite israélienne l’a rendue responsable d’avoir cru en Oslo, d’avoir cru en une paix possible avec les Palestiniens à l’issue de l’échec des négociations de Camp David II. Lorsque l’on regarde l’histoire des travaillistes depuis dix ans, on voit bien que le parti est éclaté et en déshérence, que ses anciens dirigeants comme Barak se sont radicalisés vers la droite et ont fondé leur propre parti aujourd’hui disparu Hatzmaout, que l’idéologie dominante des travaillistes fondateurs de l’État n’est plus en vogue, que la gauche a disparu dans le trou noir. En 2013, le parti travailliste n’obtenait que 15 sièges, alors que Yech Atid, de centre gauche, décrochait 19 sièges et s’empressait de faire alliance avec Maison Juive avant de rejoindre le gouvernement de Netanyahou ; le parti travailliste obtenait 13 sièges en 2009 et Kadima, alors devenu de centre gauche, décrochait 29 sièges, se positionnant largement devant le Likoud ; puis les travaillistes obtinrent 19 sièges en 2006, face à leur principal adversaire… qui était devenu entre temps Kadima, qui, lui, décrochait 29 sièges, laissant le Likoud loin derrière, avec 12 sièges.
C’est à n’y rien comprendre de la « gauche ».
Quant aux Arabes d’Israël, sous la bannière de la Liste arabe unifiée, ils ont obtenu cette année un score historique, puisqu’avec 14 sièges à la Knesset, ils se hissent en haut du podium, faisant de ce parti la troisième force politique, faiseur de roi avec Kulanu, le parti du transfuge du Likoud, Moshe Kahlon. Ayman Odeh, le leader de la Liste arabe unifiée, avait promis pendant la campagne, qu’il ne ferait alliance ni avec Netanyahou ni avec Herzog, mais qu’il comptait bien se présenter plutôt comme la première puissance d’opposition. Affaire à suivre.

La seule politique cohérente et continue vient de droite
On demanderait donc à la gauche israélienne qui a perdu son identité -et qui porte un passé noir à l’égard des Palestiniens pour avoir été au pouvoir pendant toute la construction de l’État d’Israël, de 1948 à 1977, et pour avoir contribué directement ou indirectement à l’effondrement de certains beaux principes humanistes du sionisme (homme neuf, pays neuf, kibboutzim, société égalitaire, etc.)- de résoudre la crise numéro un en Israël depuis sa naissance.
La gauche porte ce péché originel comme une tache indélébile dans son histoire. C’est pour cela qu’espérant échapper aux critiques et à son impuissance du temps de sa gestion des affaires, elle a tenté cette année de se présenter comme une union « sioniste ». Or, le sionisme a évolué depuis sa création. Censé être « laïc », le sionisme est devenu, en l’espace d’un siècle, nationaliste et religieux.
On peut assister à une large « théocratisation » en Israël, que ce soit dans le champ politique, dans l’armée ou dans la population. Cette invasion du religieux joue bien sûr en faveur de la droite de Netanyahou et surtout de ses alliés « traditionnels » : Shas, Judaïsme unifié de la Torah, Israel Beitenou, Maison juive. Parce que l’émergence du Bloc de la foi, avec l’arrivée de la droite israélienne au pouvoir dès 1977, a permis progressivement d’unifier défense de la sécurité et messianisme religieux dans les territoires palestiniens. L’État palestinien à ce jour, reste encore pour de larges franges de radicaux israéliens soutenant ces partis satellites d’extrême droite, la « Judée-Samarie ».
Là où l’incohérence pêche encore plus du côté de la « gauche » israélienne, c’est dans son programme des élections de 2015 : Jérusalem capitale une et indivisible d’Israël (quid de la capitale palestinienne ?) ; soutien au démantèlement des colonies sauf les gros blocs d’implantations (tel Male Adoumim, notamment, qui compromet l’État palestinien), reconnaissance d’un État palestinien mais pas sur les frontières du 5 juin 1967 et de la Ligne verte.
Il devient alors facile de comprendre que même en Israël lorsque l’on est de gauche sur ce dossier, on peut finir par voter à droite avec cohérence. La gauche mortifère dans ses idéaux originels devient schizophrène…
Il resterait un terrain sur lequel elle pourrait récupérer une partie de son électorat : le champ économique et social en crise. En effet, les Israéliens, depuis 2011, n’ont eu de cesse de dénoncer la politique de Netanyahou en la matière. Suite aux plus grosses manifestations de l’histoire du pays, le premier ministre a nommé une commission spéciale, appelée Träjtenberg, qui n’est jamais parvenue à résoudre la situation. Parce qu’il n’y a pas assez d’argent et pour la sécurité et pour l’économique et social.
Le centre gauche a bien tenté une campagne dans ce domaine, mais en dernier ressort, les Israéliens préfèrent espérer en des candidats qui leur promettent et la sécurité et la résolution de la crise. Comme il existe des candidats, aujourd’hui faiseurs de roi, comme Moshe Kahlon, avec son parti Kunalou obtenant 10 sièges à la Knesset, et ayant promis pendant toute la campagne qu’il soutiendrait, tout en restant à droite, le candidat qui mettrait en avant l’économique et le social.
Il est encore possible pour Netanyahou de faire un petit effort un temps pour concilier défense du pays et défense du niveau de vie de ses concitoyens. On peut donc à nouveau être plutôt « à droite », tout en étant adroit et avoir des candidats qui défendront des mesures dites « de gauche ». Mais à la prochaine crise interne, crise externe ou menace extérieure sérieuse, l’union nationale fera bloc derrière lui et en oubliera tout le reste.
Pour que tout change, rien ne doit changer. Netanyahou a les mains libres pour construire une coalition solide de près de 67 sièges, renvoyant travaillistes et arabes dans l’opposition, et s’allier à nouveau avec les plus radicaux des partis de droite dans le pays : ceux qui veulent comme Lieberman déclencher de nouvelles guerres contre Gaza, contre le Hezbollah ; ceux qui veulent comme Naftali Bennett sauver Israël du péril gauchiste et qui défendent la position ferme à l’égard de tous les ennemis du pays et sans repentance aucune pour quoi que ce soit tout en poursuivant la recolonisation naturelle de la Judée et de la Samarie, ceux qui veulent comme le Judaïsme unifié de la Torah reprendre le Mont du Temple aux Musulmans et revenir sur la loi de conscription désormais obligatoire pour les ultra-orthodoxes à partir de 2017.
En attendant, Israël continuera de se « bunkériser » dans l’espoir de l’avènement du Messie, de se protéger face à l’Iran, son ennemi numéro un, de progressivement s’ingérer dans certains fronts des printemps arabes comme c’est le cas du côté syrien, risquant d’embraser la situation déjà explosive, et de soutenir le statu quo sur des dossiers bien moins brûlants et qui ne sont plus l’urgence, la question palestinienne notamment.
Ce qui est une menace pour le monde l’est avant tout pour Israël. Netanyahou le confirmait récemment en précisant qu’il n’avait pas changé sa politique, mais que c’était la réalité qui changeait. Netanyahou IV ressemblera de toute évidence aux précédents.
Pour le bien du pays et son propre bien ? Le coût international de la réélection de Netanyahou est déjà lourd : l’isolement d’Israël est historique, la communauté internationale sceptique, la Grande-Bretagne prête à reconnaître la Palestine, l’Union européenne lassée, Barack Obama au bout du rouleau.
Mais les États-Unis restent encore dans leur ensemble un puissant soutien. Le dernier ?

Jusqu'à quand ?

mercredi 18 mars 2015

Reecouter Matin Première sur la RTBF suite aux élections israéliennes avec Elie barnavi et votre serviteur

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_l-acteur-en-direct-elie-barnavi-et-sebastien-boussois?id=8934023


Sur la RTBF dans Matin Première le 18 mars 2015

Israël: "Il y aura des crises dès la constitution de la coalition"



Au lendemain des élections, la situation politique d’Israël paraît plus confuse que jamais. Les sondages ont été démentis et si le centre gauche n’a pas réellement perdu, c’est clairement le Likoud qui a remporté la victoire. Mais cette victoire ne résout rien, comme l’expliquent Elie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, et Sébastien Boussois, politologue et collaborateur scientifique à l’ULB.
Pour l’ancien ambassadeur, le scrutin ne fait que confirmer le virage à droite déjà ancien de la population israélienne: «Les électeurs continuent à voter davantage pour la sécurité que pour des questions socio-économiques. Cette double tendance a été confirmée et on peut donc s’attendre à la poursuite de la politique israélienne actuelle avec, peut-être, un accent plus droitier.» L’éventuelle entrée de l’extrême droite au gouvernement plutôt que de celle des partis du centre accentuerait obligatoirement la politique de sécurité.

"Chaque élection en Israël fait réapparaître des partis cleanex"
Le politologue Sébastien Boussois tient un langage identique: «Je n’ai pas cru un quart de seconde au retour du centre- gauche. On y avait cru en 2013, mais chaque élection en Israël fait réapparaître des’ partis cleanex ‘qui disparaissent aussitôt. »
Pour Sébastien Boussois, Benjamin Netanyahu a durablement marqué la politique israélienne de son emprise et le pays se dirige vers une radicalisation. «Ce centre gauche qui a essayé d’émerger sur des questions économico-sociales a échoué alors qu’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.»

La nouvelle liste arabe unique et les petits partis de droite
L’une des surprises du scrutin de mardi est le très bon score obtenu par la liste unique créée par les partis arabes et qui a profité d’un fort taux de participation. Mais Elie Barnavi estime qu’il est trop tôt pour déterminer si cette surprise aura un impact sur la majorité à constituer. «La nouvelle coalition sera difficile car le Likoud a cannibalisé les autres partis de droite et les partis religieux. La surprise vient de là: le centre gauche a moins perdu que le Likoud n'a gagné.» Elie Barnavi ne parie pas pour autant sur le choix d’un gouvernement d’union nationale: «Il faut s’attendre à des crises de gouvernement dès la constitution de la coalition »

Les enjeux internationaux
Ce qui se déroule en Israël a toujours un impact sur les relations internationales, mais l’interprétation des enjeux diffère fondamentalement selon que l’on soit occidental ou Israélien. Pour Sébastien Boussois, la radicalisation d’Israël est claire tant en politique intérieure qu’internationale. La coalition sera plus durable avec les partis de droite et d’extrême droite. «Le fait de promettre qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien n’est une surprise pour personne. Pas plus que l’économico-social, la question palestinienne n’était pas au centre des élections.» D’où la menace de créer un Israël ‘ entre quatre murs’, entouré d’un front d’instabilité régionale, avec une forme d’ingérence comme c’est le cas en Syrie: «En politique étrangère, on assistera à une union nationale contre l’ennemi commun, l’Iran. Pour l’occident, le danger c’est Daesh, alors que pour Israël, c’est l’Iran. On assiste à une évolution schizophrénique des enjeux internationaux."
Jean-Claude Verset

mardi 17 mars 2015

Sur radio vatican le 17 mars 2015

http://fr.radiovaticana.va/news/2015/03/16/elections_isra%C3%A9liennes__netanyahou_peut-il_perdre_pour_mieux_gagner_/1129801


Paru dans Métro Canada le 17 mars 2015


Élections en Israël: «L’impossible retour à la beauté du sionisme»



Associated Press Un panneau électoral montre Isaac Herzog (gauche), co-dirigeant de l’Union sioniste, et Benyamin Netanyahou, chef du Likoud
Le Likoud de Benyamin Netanyahou, que rien ne semblait pouvoir dévier de la victoire au jour un de la campagne électorale israélienne, est aujourd’hui au coude à coude avec l’Union sioniste de centre-gauche mené par Isaac Herzog et Tzipi Livni. Sébastien Boussois, chercheur associé à l’Université libre de Bruxelles et spécialiste du Proche-Orient, a décrypté les enjeux du scrutin avec Métro.
Quels ont été les enjeux de cette élection?
Le scrutin ne s’est pas joué sur la question palestinienne, pas plus qu’il ne s’est joué sur la détérioration économique et sociale d’Israël. Les plus grandes manifestations de l’histoire du pays ont éclaté en 2011 pour protester contre la hausse du coût de la vie – un tiers des Israéliens vit sous le seuil de pauvreté –, mais Benyamin Netanyahou n’a rien fait pour changer les choses. Même si l’économie israélienne est florissante, le niveau de vie de l’Israélien moyen se détériore. Ces enjeux n’ont pas été abordés, étant étouffés par la question sécuritaire.
Le pivot central qui rend cette élection intéressante, c’est que le vote des Arabes israéliens [NDLR : qui composent 20 % de la population israélienne] va en déterminer l’issue. Leurs représentants se sont unis sous une même bannière : ils pourraient faire basculer les choses.
Seulement sept mois après la guerre de Gaza, la question palestinienne n’a sûrement pas été escamotée au cours de la campagne?
La seule frontière relativement stable à l’heure actuelle pour Israël, c’est la frontière palestinienne. Il n’y a pas eu de négociations depuis des mois, plus rien ne bouge, et Israël n’a aucun intérêt à bouleverser ce statu quo, alors que la région est plongée dans le chaos. Je ne vois pas pourquoi Israël voudrait faire des concessions en vue de créer un État palestinien: il est en position de force dans ce dossier.

Croyez-vous que les Israéliens refuseront, aujourd’hui, un troisième mandat consécutif à Netanyahou?
J’y crois moyennement. Depuis 15 ans, Israël s’enlise dans une politique d’extrême droite, discriminant tous ceux qui ne sont pas juifs ashkénazes [NDLR : les juifs d’Europe, principaux fondateurs de l’État israélien], adoptant des lois qui feraient sauter au plafond en Europe. Un grand intellectuel israélien, Zeev Sternhell, a même dit que le gouvernement israélien actuel est pire que le Front national de Marine Le Pen en France.
C’est donc impossible de revenir à ce dont beaucoup d’Israéliens rêvent, c’est-à-dire au retour à la beauté du sionisme, à l’État-providence égalitaire qui faisait fantasmer les juifs au début du XIXe siècle. Maintenant, il n’y a que les aspects les plus négatifs du projet qui subsistent, soit l’enfermement d’Israël dans une forteresse sécuritaire.

Quelle sera l’issue du scrutin, selon vous?
Le véritable combat électoral n’est pas entre les partis majoritaires que sont, en gros, la droite et le centre-gauche, mais entre les partis minoritaires – ce que j’appelle les partis Kleenex –, c’est-à-dire des formations politiques qui émergent d’une élection à l’autre, mais qui disparaissent dès que la coalition dans laquelle ils prennent part explose, comme ç’a été le cas avec le parti Yesh Atid – qui a fait un score hallucinant, inattendu en 2013 –, mais qui, à long terme, n’avait aucune affinité avec un gouvernement de coalition composé de Benyamin Netanyahou, d’Avigdor Liberman [dirigeant du parti d’extrême-droite Israel Beytanou] et de Naftali Bennett [dirigeant du parti d’extrême-droite Maison juive].
Ce scrutin pourrait déboucher sur une nouvelle coalition de droite et d’extrême-droite, mais cette fois-ci Netanyahou ressortirait affaibli par un scrutin qui aurait failli lui échapper. Liberman répète à l’envi qu’il veut exterminer les Palestiniens [NDLR: début mars, Avidgor Liberman disait, en parlant des Arabes israéliens opposés au projet sioniste: «Il n’y a rien à faire avec eux – sinon prendre une hache et leur couper la tête»), tandis que Naftali Bennett se vante sans aucun complexe qu’il a déjà tué des Arabes…

La gauche, selon vous, n’a aucune chance de reprendre le pouvoir, après près de 20 ans d’absence?
Les personnalités politiques de gauche n’ont plus une grande cohérence en Israël, sauf celles qui sont radicales. Netanyahou, au contraire, n’a jamais dévié de sa ligne: et il passe même pour un modéré par rapport aux éléments les plus radicaux de son ancienne coalition. Liberman tient des propos scandaleux de manière récurrente; Naftali Bennett aussi: ils sont cohérents. La droite et l’extrême-droite sont contre l’État palestinien, contre le démantèlement des colonies, contre l’idée que Jérusalem puisse être la capitale des Israéliens et des Palestiniens : leur programme est clair et net.
Tandis qu’au centre du spectre politique, il y a des gens qui naviguent à vue, en fonction du vent et de la configuration régionale, comme Tzipi Livni ou Isaac Herzog de l’Union sioniste.
De plus, la gauche a toujours été schizophrène dans son idéologie et dans ses actions. Qui a été responsable de l’expulsion des 800 000 Palestiniens, sorte de péché originel qui suit Israël depuis sa création? C’est la gauche israélienne. Qui a déclenché la guerre de Six jours en 1967 et qui a enclenché la colonisation de ce que la droite appelle la Judée et la Samarie? C’est la gauche. L’électorat ne comprend plus rien à la gauche et au centre-gauche aujourd’hui. La gauche est malade de son passé.

jeudi 12 mars 2015

VIENT DE PARAITRE LE DERNIER OPUS DU CCMO "VILLES ARABES CITES REBELLES"


 Théâtres des soulèvements populaires depuis 2011, les villes du monde arabe concentrent aujourd'hui tous les regards, chacun y guettant le signe d'un prochain bouleversement. Ce livre se propose de restituer l'importance d'espaces urbains plus ou moins périphériques – Suez et Tanta en Égypte, Constantine en Algérie, Nabatiyeh au Liban, Homs et Lattaquié en Syrie, Douz en Tunisie, Kiffa en Mauritanie, etc. –, où peuvent se lire les indices du monde arabe de demain.
De même, les capitales sont saisies d'abord dans l'intimité de leurs habitants – espaces de loisirs à Ramallah à l'ombre de l'occupation, compounds politisés de la banlieue du Caire, lieux de rencontres clandestines et interdites à Rabat et à Tunis, etc. – en hommage à la manière dont la ville s'invente au quotidien, dans les milieux les plus insolites.
Plutôt qu'aux destructions des guerres, l'ouvrage s'intéresse donc aux constructions – politiques, sociales, culturelles et identitaires – qui font l'urbanité dans cette région du monde, une urbanité en mouvement, une urbanité rebelle.




http://editionsducygne.com/editions-du-cygne-villes-arabes-cit%C3%A9s-rebelles.html