lundi 26 mai 2014

Sur Radio Vatican, la situation des réfugiés syriens en Jordanie, mai 2014

Analyse sur la situation des réfugiés syriens en Jordanie, dans le cadre du voyage du Pape en "Terre Sainte" sur Radio Vatican en mai 2014:

http://fr.radiovaticana.va/news/2014/05/21/la_jordanie_et_le_défi_de_la_stabilité/fr1-800884

lundi 19 mai 2014

Parcours

Sébastien BOUSSOIS     
                                                         
Né le 28 janvier 1978 à Saint Germain en Laye (France)
Nationalité: française, résident en Belgique.

Tel: 00 32 471 381 312
36 ans.
www.sebastienboussois.blogspot.be

Autonomie, analyse, création, rigueur, esprit d’équipe, capacité d’adaptation et mobilité.


CHARGE DE RECHERCHE COMMUNICATION POLITIQUE ET CONSULTANT RELATIONS INTERNATIONALES


12 ans d’expérience dans le secteur public et privé


Domaines d’expertise: Relations internationales:compréhension des grands enjeux géopolitiques contemporains, veille pays Risque pays: analyse stratégique et politique de certains pays cibles, conseil stratégique et développement, Espaces d’analyse: Monde arabo-musulman, Israël, Maghreb, pays du Golfe, étude des grandes transformations régionales,  Coopération et développement: relations Nord-Sud, relations euro-med

Compétences: recherche, connaissance, communication, gestion et stratégie, réseaux, gestion de projets, enseignement, organisation d’évènements
Analyse et conseil politique : veille, suivi et analyses des politiques, rédaction de notes et d’argumentaires, de consultances à destination des institutionnels, universités, think tanks, ministères, politiques, organisations internationales. Encadrement et coordination : enseignement et formation ; médiation et négociation ; animation et organisation de débats.

Langues: français, anglais.

Informatique: pack office, PC/MAC, réseaux sociaux



EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

- 2011 à aujourd’hui: Conseiller scientifique de l’Institut MEDEA (Bruxelles) pour la coopération méditerranéenne et euro-arabe. Communication politique et organisations de conférences, rédaction d’analyses, mise en contact institutionnels et académiques, création de collections éditoriales, réponse aux appels d’offres.

-depuis 2010 : Consultant ponctuel pour différents organismes et institutions (Commission européenne, Université de Coventry, Ministère des Affaires étrangères français, éditions Autrement, etc.)

- depuis 2011: Président du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO). Regroupant près d’une quarantaine de jeunes chercheurs, le CCMO se veut une interface des connaissances et des spécialistes du Moyen-Orient.


-2010-2011: Postdoctorant à l’IEE/Pôle Bernheim, ULB sur le thème “Faire revivre la mer morte, un enjeu pour la paix au Proche-Orient?”. Travail de terrain de plusieurs mois: interviews, rédaction.
-2008-2010: Enseignant en géopolitique, relations internationales, sciences politiques et union européenne, Programmes Grandes Ecoles et Institut de Formation Internationale, Business School de Rouen.
-2002-2005 : Assistant de rédaction et attaché de presse à l’unité documentaires, France 2, Paris. Promotion des documentaires de la chaîne, organisations de conférences de presse et relations médias/presse.
-2000-2001 : Assistant de communication Cabinet Alliantis, Paris. Mise à jour de fichiers et démarche d’institutionnels pour la promotion de plusieurs salons sur le développement durable.




PUBLICATIONS PRINCIPALES


OUVRAGES A TITRE DE SEUL AUTEUR OU DE CO-AUTEUR:

- Sébastien BOUSSOIS (sous la dir.), Bilan géopolitique institut MEDEA 2012, éditions du Cygne, 2013.
- Sébastien BOUSSOIS, Sauver la mer Morte, un enjeu pour la Paix au Proche-Orient?, préface de Henry Laurens, professeur au Collège de France, et postface de Pierre Blanc, rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée, Armand Colin, Paris, 2012.
- Sébastien BOUSSOIS, Israël le défi sécuritaire, perceptions et réalités, éditions du Cygne, Paris, 2011.
- Sébastien BOUSSOIS, Maxime Rodinson, un intellectuel du XXè siècle, Riveneuve Editions, Paris, 2008.
- Sébastien BOUSSOIS, Israël confronté à son passé ; essai sur l’influence de la nouvelle histoire, L’Harmattan, préface de Dominique Vidal et postface de Charles Enderlin, Paris, 2007.


CONSULTANCES

- “La perception de la résistance pacifique palestinienne dans l’UE”, étude portée par l’Université de Coventry, à destination de la Commission européenne, avril-mai 2012, Bruxelles.
-“Israël dans la reconfiguration régionale: menaces extérieures et intérieures”, étude portée par le Ministère des Affaires étrangères français, bureau de la prospective, 2012, Paris.
-« L’influence des think-tanks internationaux dans la capitale de l’Union européenne », éditions Autrement, 2011, Bruxelles.


COMMUNICATIONS ET ORGANISATION DE COLLOQUES

-Organisation du Colloque “Les pays du CCG, nouvelles puissances du monde arabe” organisé par le CCMO, l’institut Medea et la revue “Moyen-Orient” à la Mairie de Paris, Paris, septembre 2013, ouvert par Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères français.
-Organisation de la conférence internationale au Parlement européen “La Tunisie face à l’expérience démocratique”
-Organisation du Colloque “Du Maghreb au Golfe, nouvelles dynamiques et identités au Proche-Orient” organisé par le Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO) au Palais du Luxembourg, Paris, le 6 avril 2011.
-Organisation de la conférence « Belgique et Union européenne face aux révoltes arabes » avec Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères belge, décembre 2013.

CONTRIBUTIONS REGULIERES AUX MEDIAS GENERALISTES OU SPECIALISES

Témoignage Chrétien, Afrique Asie, Confluences Méditerranée, L’ENA hors les murs, Moyen-Orient, Carto, La Revue Internationale et Stratégique (IRIS), Les cahiers de l’Islam, Lemonde.fr, L’Express.fr, RFI, Radio Aligre, Al-Balad, Le Mouv, La Libre Belgique, Le Soir au Maroc, Métro, Direct matin, France 24, Médiapart, Medi 1, Zayman, Lemonde.fr, Radio Vatican, France Culture,  JOL press.


DIPLOMES ET FORMATION

-2011-2012: POST-DOCTORAT EN SCIENCES POLITIQUES
“Sauver la mer Morte, un enjeu pour la paix au Proche-Orient”, Université Libre de Bruxelles (Belgique)
- 2003-2007 : DOCTORAT EN SCIENCES POLITIQUES
Soutenance de thèse : juillet 2007 à L’Université de Cergy-Pontoise.
Sujet de thèse: « Israël face à son passé, essai sur l’influence des « nouveaux historiens ».
Directeur: Jean-Paul Chagnollaud.            
- 2000-2001 : DEA en Sciences Politiques
Sociologie politique et politiques comparées, spécialité relations internationales
Mémoire (150 pages) : « La Nouvelle Histoire en Israël 1948-2001 » ; Université Paris X Nanterre.



LANGUES

Anglais courant ; allemand scolaire; notions d’arabe.


AUTRES EXPERIENCES

-2005: Formation journaliste télé au cfpj (Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes), Paris.

-1998: Projet humanitaire au Vietnam (budget: 20 000 euros) soutenu par les Guides de France.



INTERETS


Voyages des Amériques, à l’Asie, en passant par le Moyen-Orient et le Caucase
Ecriture et publication de romans
Musiques du monde, folk, et traditionnelles
Méditation tibétaine, zen, et spiritualités orientales et yoga.
Jardinage et nature.
Littérature asiatique, arabe, et classique française.


vendredi 9 mai 2014

PROGRAMME DE CONFERENCES SUR DEMANDE

INFORMATIONS

Tarifs : sur demande selon le format (1h, 2 h)
Prise en charge des déplacements par l’organisateur
Accessible à tout public à destination des organisations privées, associations, Ecoles, clubs et cercles divers.
Contact: boussois@yahoo.fr

1)      Moyen-Orient


Questions politiques
-La question israélo-palestinienne dans l’impasse ?
-La place des Etats-Unis dans le Moyen-Orient
-Les nouveaux pôles de leadership dans la région : grands et petits acteurs
-Israël au milieu des bouleversements géopolitiques régionaux
-Les intellectuels en France et la question israélo-palestinienne
-L’histoire en Israël et l’impact sur la société israélienne
-Rôle des groupes d’influence pro-israélien et arabe à l’Union européenne
-Le rôle et les connections locales et régionales des organisations de défense des intérêts israélien et arabe
-Le Qatar, modèle de diversification des pays à économie de rente ?
-le GCC, un acteur mondial

            Sociétés
-Les croisades vues par les historiens arabes
-La Nakba vue par les historiens palestiniens
-L'histoire et la réécriture de l'histoire en Israël et l'impact sur la société israélienne

Sociétés
-Le rôle des diasporas dans la région
-Radicalisation du politique et retour du religieux
-Un point sur l’évolution sunnisme/chiisme et des points de tension
-Les grands piliers du monde arabe dans la tourmente


Investissement et sécurité
-Stabilité ou instabilité de la Palestine pour l’investissement ?
-Leviathan au cœur des défis énergétiques libano-israélien
-Systèmes de protection anti-missiles dans la région
-Quel équilibre nucléaire régional ?
-Perspectives des sociétés d’armement françaises dans la région
-Les enjeux énergétiques dans le bassin du Levant
-Liban : risque-pays de déstabilisation pour la région
-Prospective politique en Egypte : situation pour le tourisme et l’investissement étranger
-L’investissement du Qatar dans le monde
-La véritable présence américaine à l’heure des bouleversements régionaux

Démocraties et transitions politiques
-Trois ans de révoltes arabes : succès et échecs
-Du Maroc à la Jordanie, état des lieux d’une région en effervescence
-Maroc et Jordanie, des cas socio-politiques à part
-Leaderships en perte de vitesse et en hausse dans la région

L’eau au Moyen-Orient
-L’eau au Moyen-Orient, un viatique vers la paix
-Les maîtres du Château d’eau régional
-Sauver la mer Morte un enjeu pour la paix au Proche-Orient ?



2)      Relations internationales

-La transformation du Monde 1914-2014
-Le nouvel ordre mondial a-t-il réellement eu lieu ? 1991-2014
-La transformation de la nature des conflits dans le monde
-Organisations internationales, interventions et non interventions dans les conflits
-Le rôle des BRICS dans le monde
-L’Europe politique dans l’impasse : du projet à la réalité




Vient de paraître sur le site de l'institut MEDEA

09/05/2014

ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS DANS UN STATU QUO IDÉAL POUR… ISRAËL

Par Sébastien Boussois, Docteur en sciences politiques, senior Advisor à l’Institut Medea, collaborateur scientifique de l’Institut d’Etudes Européennes/ REPI (Université Libre de Bruxelles) et du Centre Jacques Berque (Rabat), Président du CCMO.
Neuf mois après la « reprise » des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, c’est un nouvel enfant mort-né qui a vu le jour. L’échec prévisible de la reprise des négociations sous égide américaine, engagée en juillet 2013, conforte l’idée selon laquelle la situation politique israélo-palestinienne se plaît dans un statu quo favorable à Israël et défavorable aux Palestiniens.
Une surprise ? Certainement pas malgré l’emballement utopique des médias.  La division des Palestiniens, comme l’intransigeance du gouvernement israélien mené par Benjamin Netanyahou qui a tiré les leçons de son échec en 1996 en tentant le compromis, renvoient les deux parties face à un mur. Si toutes les solutions éternelles sont connues pour la conclusion d’un accord de paix, le manque de volonté politique du gouvernement israélien –appelons cela la stratégie légitime de blocage du processus- prêt à aucune concession (colonisation, frontières, Jérusalem), et l’impasse dans laquelle se trouve Mahmoud Abbas à faire le jeu des institutions et du droit international depuis 2011 malgré la reconnaissance à l’ONU et l’UNESCO, ont conduit à l’échec des discussions. Israël a déjà bien à faire avec la déstabilisation régionale à ses frontières, au nord-est côté syrien, au nord-ouest côté libanais, et au sud côté égyptien.
Doit-on craindre un retour de la violence ? Peu probable tant Israël ceinture la Cisjordanie ; mais surtout les Palestiniens ont tiré les leçons de la violence de la seconde Intifada en 2000 : 3000 morts inutiles. La réconciliation inter-palestinienne d’avril 2014 et le gouvernement d’union nationale tant attendu entre Hamas et Fatah pourrait radicaliser la situation politique bien malgré eux. Pourtant, à bien y réfléchir, le choix involontaire de la résistance pacifique palestinienne depuis dix ans n’a mené à rien. Israël, face à l’instabilité régionale évoquée ci-dessus, a un intérêt majeur à avoir maintenu le statu-quo avec son ennemi juré. Quel intérêt aurait-il sinon à prendre un risque et créer un nouveau front d’instabilité, qui plus est de l’intérieur ? Aucun.
© Amel Hana/AP. Azzam Al-Ahmad, représentant du Fatah, Ismaël Haniyeh, premier ministre de la bande de Gaza, et Moussa Abou Marzouk, numéro 2 du Hamas, ont annoncé à Gaza, le 23 avril 2014, leur réconciliation politique.

La classe politique dirigeante israélienne a une vision à très court terme : survie, sécurité et défense prévalent sur tout. Cette année, on s’en souvient, on assistait à la mort du vieux général Ariel Sharon. S’il était dans le coma depuis près de 7 ans et avait peu de chances d’en revenir, la disparition de cet homme, aussi critiqué ait-il été, signifiait aussi la disparition de l’un des derniers hommes politiques israéliens à avoir une vision pour son pays. La démocratie israélienne aujourd’hui, comme toutes les démocraties occidentales, souffre d’une part d’une médiocratisation de sa classe politique, mais d’autre part d’une désaffection croissante de sa population entretenue par une restriction de certaines libertés qui ne choquent personne. La disparition de Sharon pousse à l’examen de conscience de 65 ans d’histoire dense et régulièrement remise en cause par le travail des nouveaux historiens. Avec la mort de Sharon, Israël renvoie surtout l’image d’une politique israélienne menée par des dirigeants qui n’ont plus qu’une vision à court terme des affaires de leur pays, et un flottement total sur le chemin à prendre pour son avenir dans la région. Et les critiques se multiplient : John Kerry évoquait, après l’effondrement des discussions, le risque qu’Israël devienne un Etat d’apartheid. Ce que beaucoup lui reprochent depuis des années en dehors même des couloirs feutrés des chancelleries.

vendredi 28 février 2014

NOUVEAU!! CONSULTANCES, CONSEIL EDITORIAL, ENSEIGNEMENTS SUPERIEURS, VIA SKYPE ET INTERNET

Vous êtes étudiant, simple curieux, retraité, ou tout autre personne intéressée par les relations internationales, le Moyen-Orient, l'écriture.


1) Propositions de cours en relations internationales et géopolitique à distance
Enseignement des points clés du Moyen-Orient d'aujourd'hui et des grands enjeux en sciences politiques et en relations internationales


2) Conseil éditorial et aide à l'écriture et rédaction d'analyses ou articles
Vous cherchez un avis objectif, professionnel et académique et une relecture de votre mémoire avant son rendu?
Vous avez un projet d'ouvrage, d'article? Nous pouvons avancer ensemble.

3) Animation de conférences culturelles, académiques, et de vulgarisation
Vous souhaitez animer vos ateliers, conférences, des années d'expérience en la matière.

Consultations et consultances par skype, 60 euros de l'heure
Relecture, travail éditorial, corrections: tarifs sur demande

Pour tout contact: boussois@yahoo.fr
0032485003881

jeudi 23 janvier 2014

CONFERENCES MOYEN-ORIENT ET GEOPOLITIQUE SUR DEMANDE 2014

INFORMATIONS

Tarifs : sur demande selon le format (1h, 2 h)
Prise en charge des déplacements par l’organisateur
Accessible à tout public à destination des organisations privées, associations, Ecoles, clubs et cercles divers.
Contact: boussois@yahoo.fr

1)      Moyen-Orient


Questions politiques
-La question israélo-palestinienne dans l’impasse ?
-La place des Etats-Unis dans le Moyen-Orient
-Les nouveaux pôles de leadership dans la région : grands et petits acteurs
-Israël au milieu des bouleversements géopolitiques régionaux
-Les intellectuels en France et la question israélo-palestinienne
-L’histoire en Israël et l’impact sur la société israélienne
-Rôle des groupes d’influence pro-israélien et arabe à l’Union européenne
-Le rôle et les connections locales et régionales des organisations de défense des intérêts israélien et arabe
-Le Qatar, modèle de diversification des pays à économie de rente ?
-le GCC, un acteur mondial

Sociétés
-Le rôle des diasporas dans la région
-Radicalisation du politique et retour du religieux
-Un point sur l’évolution sunnisme/chiisme et des points de tension
-Les grands piliers du monde arabe dans la tourmente

             Histoire

-Les Croisades vues par les historiens arabes
-L'histoire de la Nakba vue par les historiens palestiniens
-L’histoire et la réécriture de l'histoire en Israël et l’impact sur la société israélienne

Investissement et sécurité
-Stabilité ou instabilité de la Palestine pour l’investissement ?
-Leviathan au cœur des défis énergétiques libano-israélien
-Systèmes de protection anti-missiles dans la région
-Quel équilibre nucléaire régional ?
-Perspectives des sociétés d’armement françaises dans la région
-Les enjeux énergétiques dans le bassin du Levant
-Liban : risque-pays de déstabilisation pour la région
-Prospective politique en Egypte : situation pour le tourisme et l’investissement étranger
-L’investissement du Qatar dans le monde
-La véritable présence américaine à l’heure des bouleversements régionaux

Démocraties et transitions politiques
-Trois ans de révoltes arabes : succès et échecs
-Du Maroc à la Jordanie, état des lieux d’une région en effervescence
-Maroc et Jordanie, des cas socio-politiques à part
-Leaderships en perte de vitesse et en hausse dans la région

L’eau au Moyen-Orient
-L’eau au Moyen-Orient, un viatique vers la paix
-Les maîtres du Château d’eau régional
-Sauver la mer Morte un enjeu pour la paix au Proche-Orient ?



2)      Relations internationales

-La transformation du Monde 1914-2014
-Le nouvel ordre mondial a-t-il réellement eu lieu ? 1991-2014
-La transformation de la nature des conflits dans le monde
-Organisations internationales, interventions et non interventions dans les conflits
-Le rôle des BRICS dans le monde
-L’Europe politique dans l’impasse : du projet à la réalité



Consultances diverses

Sébastien Boussois vous propose divers services éditoriaux, scientifiques, politiques et analytiques:

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-analyses en relations internationales
-enseigement en relations internationales et géopolique
-conférences spécifiques relations internationales et Moyen-Orient

mardi 14 janvier 2014

Paru sur le site du Nouvel Obs le 13 janvier 2013 "A propos de la mort d'Ariel Sharon"

LE PLUS. Après huit ans de coma, l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon est mort samedi. Ce lundi, il a été enterré. Quelles traces laissera-t-il dans l’histoire de la région ? Quels enseignements en tirer ? Réponses de Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, conseiller scientifique à l'institut MEDEA à Bruxelles et auteur de "Sauver la mer Morte, un enjeu pour la paix au Proche-Orient", (Armand Colin, 2012)

Édité et parrainé par Hélène Decommer
 
Ariel Sharon est mort le 8 janvier 2014 (ELIANA APONTE/AP/SIPA)

Certains se demandaient depuis longtemps ce que l’on pouvait bien encore espérer de la situation critique de l’ancien Premier ministre israélien plongé dans le coma depuis 2006. On se demandait même parfois pourquoi on le laissait ainsi, comme si l’on redoutait un peu avec nostalgie et incertitude son départ définitif. Comme la mémoire vivante de l’histoire de tout un pays.

Pourtant, le vieux général Ariel Sharon s’accrochait à son rêve, alors que la situation politique en Israël s’était dégradée un peu plus encore depuis toutes ces années. En tout cas, rien n’avait avancé. Il n’y avait guère plus que les écrivains pour fantasmer la résurrection du vieux général. C’était notamment le cas de la journaliste d’Alexandra Schwartzbrod qui publiait en 2012 "Le songe d’Ariel" (Gallimard) et qui se prenait à imaginer le réveil du probablement dernier grand homme d’état israélien doté d’une vision pour son pays.

La mort de ce dernier est un événement majeur dans l’histoire contemporaine d’Israël, tant attendu par ses détracteurs qui lui vouaient une haine viscérale depuis Sabra et Chatila en 1982 au Liban, que redouté par ses admirateurs qui n’avaient plus beaucoup d’espoir.

Elle pousse à l’examen de conscience de 65 ans d’histoire dense. Avec la mort de Sharon, Israël renvoie surtout l’image d’une politique israélienne menée par des dirigeants qui n’ont plus qu’une vision à court terme des affaires de leur pays, et un flottement total sur le chemin à prendre pour son avenir dans la région"En Israël, la vision politique n’est plus que de six mois" nous précisait Charles Enderlin, spécialiste de la politique israélienne et correspondant de France 2 à Jérusalem dans un entretien privé.

Les trois héritages de Sharon en Israël

Que reste-t-il aujourd’hui de l’héritage de Sharon dans l’Etat hébreu ? La droite israélienne nationaliste et extrémiste au pouvoir peut revendiquer son héritage sur au moins trois points : la colonisation permanente, le traitement des Palestiniens, et l’impasse des négociations.

Elle se démarque quelque peu quant à son rapport aux colons qu’elle soutient mordicus et dont le parti est revenu au pouvoir depuis janvier 2013.

L’ancien Premier ministre, considéré par les Palestiniens et le Hezbollah comme un criminel de guerre qui ne sera jamais jugé pour sa responsabilité indirecte dans les massacres des camps de Sabra et Chatila en 1982, lors de l’occupation israélienne du Liban, a progressivement disparu du champ mémoriel israélien face à la radicalisation de la politique israélienne depuis l’arrivée de son ennemi juré au Likoud, Benjamin Netanyahou.

Un mauvais souvenir côté arabe, mitigé côté israélien

Les réactions en Israël sur l’héritage Sharon sont finalement très mitigées et parfois même paradoxales ; la gauche israélienne aurait finalement une certaine nostalgie de l’homme d’État qui symbolisait le trait d’union entre la création de l’État et sa situation 60 ans après ; un "bulldozer" donc que Ariel Sharon qui s’en va, mais des problèmes non résolus pour autant pour l’avenir du pays comme le soulignait "Haaretz" récemment :

"Depuis le départ de Sharon, Israël manque d’un leadership politique qui reconnaisse les limites de la force, maintienne l’alliance avec les États-Unis et fasse preuve de courage dans les Territoires (palestiniens) sans se laisser impressionner par les colons."

Michel Warschawski, militant pacifiste israélien, dans une interview privée en 2011, le soutenait déjà : "Lui au moins avait une vision pour son pays et il avait fait quelques concessions sur la toute fin de sa vie." 

Pourtant, son traitement de la seconde Intifada dans les Territoires, la mort de près de 4000 Palestiniens, le "politicide" organisé du président Yasser Arafat et de l’Autorité palestinienne ouvrant la voie au Hamas, tout comme ses propos rappelant que la guerre d’indépendance n’était pas terminée, et que s’il le fallait, il finirait d’expulser l’ensemble des Palestiniens, ne laissa pas que de bons souvenirs côté arabe. C’est un euphémisme.

Il n’en laissa pas non plus que de bons chez les Israéliens traumatisés par ce qui se passa en 2005. En effet, ce que les Israéliens, comme la droite israélienne en général, ne lui ont jamais pardonné, c’est le retrait de la bande de Gaza des 8000 colons. Considéré par la gauche et beaucoup de spécialistes du conflit israélo-palestinien comme un moyen pour mieux cadenasser la Cisjordanie, il fut surtout historiquement considéré par la droite comme une marque d’affaiblissement d’Israël, fait assez rare pour être souligné.

Depuis, la droite ne cesse de fustiger l’héritage de Sharon, histoire immédiate à l’appui. La suite de l’histoire, on la connaît : l’arrivée du Hamas et la création du "Hamasthan" et l’argument imbattable pour ne plus faire aucune concession pour la sécurité et l’avenir d’Israël.  

Une disparition qui questionne la droite israélienne actuelle... 

Les Israéliens sont donc partagés, mais la chose que l’on peut retenir à coup sûr sans se tromper c’est qu’Ariel Sharon était plus que loin des préoccupations israéliennes d’aujourd’hui. Crise économique et sociale sans précédent, révoltes arabes et front d’instabilités au Nord et au Sud, l’emportent sur la mort d’un homme loin du pouvoir depuis huit ans. Huit longues années.  

Pourtant, si 20.000 personnes sont venues se recueillir sur son cercueil, si l’hommage national laissera place aujourd’hui à l’inhumation dans l’intimité dans son ranch du Neguev, on sent un certain malaise chez les Israéliens : et s’ils se rendaient compte que les dirigeants qu’ils portent au pouvoir depuis des années ne sont plus à la hauteur de leur tâche ?

Ils ont pourtant réélu triomphalement la droite israélienne, conduisant à une coalition qui n’aura jamais été autant à l’extrême de l’échiquier politique. Le gouvernement sait-il où il va ? Concernant la question palestinienne dans le contexte géopolitique régional bouleversé, il a opté pour le statu quo et le blocage de véritables négociations porteuses de solutions durables, plutôt que d’envisager une solution fiable à long terme et que le monde entier clame ; la naissance effective de l’État palestinien.

Sharon aurait-il fait mieux ? Aucune certitude, d’autant que des conseillers proches comme Dov Weisglass à l’époque expliquaient le retrait de Gaza pour faire passer le gel des négociations ; mais sur la politique interne, sa rupture avec les colons aurait peut-être conditionné différemment son rapport aux autres colonies en place et aux 500.000 colons présents en Cisjordanie à terme.

... et qui renvoie la gauche à son impuissance 

Leila Shahid, déléguée générale de Palestine auprès de l’Union européenne, tentait de contrer le sentiment mitigé dans les médias et dans la communauté internationale à l’annonce de la mort, en réaffirmant que Sharon n’avait certainement pas contribué à la paix et avait en Israël "le plus de morts civils sur la conscience".

La mort de Sharon renvoie en fait à la situation de la gauche et de la droite actuellement dans le pays, plus que de la droite et de l’extrême droite.

Ce qu’on observe en effet en Israël depuis 1977, c’est que la gauche israélienne, que l’on a tant attendue, tant soutenu depuis l’Occident, y compris au-delà des Accord d’Oslo pour la paix, n’a pas été plus efficace en la matière. Et les Israéliens ont bien compris que la gauche porterait aussi pour encore de nombreuses décennies les stigmates originels de la naissance de l’État d’Israël et de son rapport à l’expulsion historique des Palestiniens. C’est, en effet, la gauche israélienne qui fut aux affaires de 1948 à 1977.

Objectivement, et militairement, la droite a opéré deux actes froids en faveur de la paix : le retrait de Gaza, qui, quelles que soient les raisons cachées, ont vu le drame national prendre le pas dans l’opinion. On se souvient tous des images de colons, Torah à la main, s’accrochant avec les soldats de Tsahal déchirés. Second acte : la paix avec l’Égypte, premier pays arabe à la signer avec l’État d’Israël, fut l’acte historique d’un gouvernement israélien de droite mené par l’ancien Premier ministre israélien, Menahem Begin.

Où sont la gauche israélienne et les "modérés" depuis dix ans en Israël ? Nulle part. Qu’ont-ils réussi ? A peu près rien. En tout cas, dans le même état que ne l’était Sharon jusqu’à peu : moribond. Impuissant, il a eu le courage, lui, d’en finir.